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Blog de Pierre-Marie Meynadier
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Prochaine mise à jour ce vendredi | 02/07/2009 - 21:55:22 |
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Bravo au Club taurin de Rieumes ! | 01/07/2009 - 23:53:08 |
Effectuer un tour de piste dans une arène revêt toujours une certaine saveur, quelle que soit la catégorie de la plaza... Il y a trois ans de cela, notre élevage avait fourni une novillada intégrale dans le cadre de la Feria de Fenouillet. Cette année, le Club taurin de Rieumes a déplacé la date de sa feria en l'avançant au dernier week-end du mois de juin, créneau qui était celui de la défunte Feria de Fenouillet. Un rendez-vous qui s'est traduit avec le succès que l'on sait pour notre élevage... Une onzième édition considérée par les organisateurs comme l'une des « plus chaleureuses », des « plus authentiques » et des « plus réussis » depuis 1999.
Après la tenue d'une novillada triomphale des frères Jalabert, les membres du Club taurin de Rieumes ont laissé exploser leur joie par le biais d'un communiqué. C'est autour du président Yves Samin que plus de 130 bénévoles se sont cette année encore mobilisés afin de rendre possible cette feria toujours sous les feux de l'actualité. Les actes de vandalisme commis à l'issue des novilladas sur les véhicules de plusieurs aficionados montrent également la tension régnant encore en pays toulousain, alors que la justice a donné depuis longtemps raison à la légitimité de la tradition taurine. Un symbole important pour l'Observatoire national des Cultures taurines qui avait choisi Rieumes pour y organiser son assemblée générale. Un acte sur lequel j'aurai l'occasion de revenir d'ici la fin de la semaine...
« Ce succès de la Feria de Rieumes 2009 est le fruit d’une passion partagée, de l’envie de faire ensemble, de la rencontre avec le public des aficionados et d’une météo particulièrement caniculaire pour une fête qui cultive l’esprit de la feria dans ce qu’elle a de plus traditionnel et de plus convivial. » explique le communiqué qui se targue également d'un total de 6500 visiteurs, avec 3000 spectateurs dans les arènes...
« Le choix de la nouvelle date de fin juin qui s’impose déjà pour 2010 et celui de la mobilisation conjointe de la Ville de Rieumes et de son Comité des Fêtes aux côtés du club taurin sont les éléments clé de ce succès populaire. Porte-drapeau de la tauromachie en Haute-Garonne, le Club taurin de Rieumes, épaulé par Stéphane Fernandez Méca, se voit à nouveau conforté dans sa réputation de qualité et de sérieux. » explique encore le communiqué.
Des propos que je ne peux que rejoindre, avec l'espoir ferme que le même esprit de réussite soit associé à notre retour, ce samedi, dans les arènes de Castelnau-Rivière-Basse... L'objectif demeure le même depuis trois ans : gagner le concours d'élevages. C'est désormais une tradition pour notre élevage...
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De la saison de transition printemps-été | 30/06/2009 - 20:25:31 |
L’été qui s’ouvre va être capital pour la suite de la ganadería du fait des rendez-vous importants qui nous attendent. Ce samedi, nous allons lidier un eral lors du traditionnel concours d’élevages, à Castelnau-Rivière-Basse. Bien évidemment, notre élevage entend cette année encore remporter le prix du meilleur eral comme cela avait été le cas lors des précédentes éditions… Il faut dire que la matinée de Rieumes nous a emplis de moral et d’espoirs, confirmant également les choix entrepris au niveau de notre sélection.
Une semaine après le début de l’été, Bellombre vit au rythme de la temporada… Après Castelnau – où nous espérons vous voir encore plus nombreux sur les gradins –, l’élevage passera l’un de ses examens les plus importants en fournissant la novillada de la Feria de Béziers, le 16 août prochain. Dans cette optique, toute l’équipe de Bellombre s’active pour que tout soit parfait. Cédric et Guillaume sont avec les bêtes au quotidien en ces périodes de fortes chaleurs pour s’assurer que ces dernières bénéficient d’une alimentation saine et équilibrée. En termes de présentation, je pense sincèrement que notre lot est déjà prêt pour ce rendez-vous de Béziers.
Le printemps vient de se terminer, avec une saison des tentaderos particulièrement intense que nous allons ponctuer cette semaine par deux dernières vaches qui devraient, en théorie, être lidiées par un torero français. Des tentaderos ô combien passionnants au cours desquels nous avons pu mettre en pratique une nouvelle grille de sélection, encore plus exigeante et toujours plus proche des spécificités des encastes que nous élevons à Bellombre.
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Répertoire – Le terme de la semaine : la camada | 29/06/2009 - 20:51:45 |
Le terme de cabaña brava désigne généralement l’ensemble d’un troupeau de race brave. La camada est plus précise car elle possède différents types de strates, en années et en sexes. Certaines de ces strates correspondent à des lignes de sang que l’éleveur qualifiera de « strates horizontales » ou de « strates verticales » afin de mieux distinguer les différentes familles présentes dans les encastes de la ganadería, ce qui est le cas à Bellombre…
Dans notre ganadería, nous possédons un tronc commun qui représente l’ensemble de l’élevage, avec deux branches porteuses : l’une Núñez, l’autre Domecq. Les « branches horizontales » correspondent à tous les produits que nous avons sortis depuis maintenant plus de trois ans mais aussi à ceux que nous préparons en vue des prochaines temporadas. Là-dessus se greffent des « feuilles verticales » qui correspondent à des familles dont le rôle est de montrer quelles sont les lignées de sang qui sous-tendent cet ensemble.
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Quelques considérations en revenant de Rieumes | 29/06/2009 - 23:33:21 |
C’est aux alentours de 21 heures que nous avons quitté Rieumes des images de toros plein la tête et des morceaux d’afición partout dans le cœur. Aux « connards, assassins » et autres courtoisies d’un champ lexical que je qualifierai « d’hostile », nous avons répondu à la vingt(h)aine de militants anti-taurins par des sourires et des saluts amicaux. La journée que nous avions vécue avait été trop heureuse…
De bon matin, nous sommes arrivés dans ce charmant village qu’est Rieumes pour découvrir une jolie petite foire équestre, avec chevaux, mules et poneys réunis sous le regard curieux des passants d’une jolie journée d’été. Ensuite, direction l’Hôtel de Ville pour la tenue du bureau de l’Observatoire national des Cultures taurines et la mise à plat des dossiers qui concernant notre entité depuis maintenant plus d’un an. Plusieurs avancées ont été obtenues, comme l’expliquera prochainement le président Viard et sur lesquelles j’aurai l’occasion de revenir…
La novillada sans picadors, suivie par un nombreux public – pour ce genre de course – m’a enchanté au plus haut point, avec trois exemplaires de Núñez qui ont fièrement revendiqué la « musique » de leur encaste et un eral d’origine Domecq pour lequel un tour de piste posthume aurait pu être accordé, avec peut-être un peu plus de sensibilité. Outre ces considérations purement « administratives », je suis très heureux du niveau de toréabilité présenté lors de cette course avec ses quatre erales qui ont mis leurs oreilles à disposition des jeunes becerristas. Trois pavillons ont été coupés et une sortie en triomphe à la clé, c’est plutôt bien, mais on aurait pu encore aller plus loin, avec un peu plus de réussite, de lien et de personnalité. Le ganadero est toujours un éternel « insatisfait »…
C’est dans une ambiance de convivialité que nous avons partagé le repas, en début d’après-midi, avec Stéphane Fernandez Méca, Luc Jalabert, Zocato et tous les amis du Club taurin de Rieumes… Deux-cents bénévoles qui ont réussi à faire de cette feria – anciennement organisée en septembre – une réussite totale ! Que leur travail, leur patience et leur abnégation – parfois devant des tribunaux – soient aujourd’hui récompensés par cette journée triomphale connue aux arènes.
Après le salut de Cédric et la vuelta finale à laquelle j’ai eu l’honneur de participer – reconnaissance unanime du lot d’erales que nous avions fourni – nous avons assisté à une belle course fournie par les frères Jalabert, avec cinq oreilles coupées, un triomphe pour Thomas Dufau et la sortie a hombros pour le mayoral de la Chassagne. En évoquant tout cela au côté de Quinquin Yonnet, présidente des ganaderos français, cette journée de Rieumes avait vraiment une valeur de symboles… Pour Philippe, Cédric, Yves, André, Luc, Thomas, Jean-Luc et bien évidemment votre serviteur…
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Rieumes, J -1 | 27/06/2009 - 18:04:51 |
La Feria de Rieumes a débuté ce samedi avec la tenue d’une capea, préparée avec la même passion par les membres du club taurin local qui se battent depuis plus de dix ans pour que soit définitivement reconnue la tradition taurine en pays toulousain. Mon Dieu, qu’une telle afición est plaisante à voir !
Dans quelques heures, le camion de Roland Durand viendra chercher les quatre erales que nous avons réservés pour la novillada sans picadors matinale. Une course que nous souhaitons triomphale, avec la volonté que les apprentis-novilleros prennent du plaisir devant notre bétail. Cette course sera une occasion supplémentaire pour gérer le crédit croissant dont nous jouissons dans les arènes du sud-ouest. Un crédit que nous nous devons de conserver et de faire encore grandir…
La course que j’ai réservée sera plus Núñez que Domecq, avec trois exemplaires sur quatre, dont le physique fera honneur à quelques lignées importantes de ce grand élevage qu’est Manolo González… J’espère sincèrement que les spectateurs prendront autant de plaisir sur les gradins que ce que nous avons ressenti au moment de préparer ce lot.
En ce qui me concerne, je suis persuadé à 100% qu’au moins deux erales mettront bien la tête…
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Du rapport de Jean avec le toro espagnol | 26/06/2009 - 20:54:55 |
Jean Matthieu-Gibelin fait partie des « institutions » de Bellombre, l’un de ces « amateurs » dont la présence est indispensable dès lors qu’un herradero a lieu ou qu’une opération importante va conditionner la vie de la ganadería. Issu du milieu camarguais et président de l’association des gardians professionnels, Jean a toujours noué un rapport privilégié avec le taureau, quel que soit le sang qui coule dans ses veines…
Je peux même affirmer dans ces colonnes nourrit une relation instinctive avec le taureau. Il est certain que Jean ne ressent pas le toro espagnol au même titre que celles et ceux qui vivent au quotidien à Bellombre, mais son histoire personnelle en fait un « homme de taureaux ». Quel que soit le contexte, Jean trouvera toujours des solutions rapides, quel que soit le contexte. C’est un fait.
Jean n’est pas uniquement celui qui pratique l’escoussurage avec fermeté, c’est aussi un grand spécialiste du manejo rapproché, notamment en matière de clôtures et de gestion des portes. C’est véritablement quelqu’un qui « assure » !
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Amis aficionados de Saint-Perdon, nous sommes avec vous ! | 25/06/2009 - 21:49:47 |
L’actualité récente me fait détourner, l’espace d’une journée, des activités inhérentes à la ganadería pour réagir vivement à ce qui s’est passé hier dans la belle commune landaise de Saint-Perdon… Depuis plus de cinquante ans, les arènes André-Ducourneau étaient le symbole de l’âme de cette petite commune qui héberge quelques 1300 habitants. Je souhaitais, au travers de ces quelques lignes, leur témoigner ma solidarité ainsi que mon soutien indéfectible en ces moments difficiles où un village a perdu l’une de ses identités.
Je rejoins pleinement ce qu’André Viard suggère dans son éditorial de Terres Taurines, avec cet élan de solidarité et de fraternité qui doit réunir tout le peuple du taureau en vue de la reconstruction de ces arènes. Oui, notre culture est plus forte que « la malveillance » à l’heure où des soupçons s’élèvent quant à la nature de cet incendie, curieusement survenu à la suite d’attentats perpétrés par des sectes animalières, un peu partout sur la planète, depuis le début du mois de juin, quasiment quotidiennement…
Qu’ils soient aficionados ou pas, je sais que les habitants de Saint-Perdon ont été profondément choqués par ce nouveau drame au cœur de leur village, seulement quelques mois après le passage dévastateur de la tempête Klaus en janvier dernier… Chacun d’entre eux aimaient voir leurs arènes accueillir plus de 2000 spectateurs, chaque année, à l’occasion de la traditionnelle novillada du mois d’août… 2000 personnes dans les arènes… c’est plus que le nombre d’âmes vivant à Saint-Perdon ! Une commune célèbre pour sa novillada et où nous souhaitons vivement, un jour, mener quelques-uns de nos exemplaires !
Notons que les arènes André-Ducourneau, ravagées par les flammes, ont également vu leur entourage « souffrir » : pelouses et fossés aux alentours totalement brûlés, haies grillées, le quotidien Sud-Ouest – à qui nous devons cette photo par ailleurs – racontant même qu’un habitant proche des arènes avait dû arroser le toit de sa maison afin que celle-ci ne prenne pas feu ! Ailleurs, les lampadaires ont fondu sous le coup de la chaleur et du matériel public a été nettement dégradé.
A la lecture de ce triste bilan, j’ai l’audace de me poser une question : comment réagiront les grands médias si on apprend que cet acte s’avère être « malveillant ». Car, actuellement, chacun avance avec une grande prudence sur ce dossier et se garde bien d’évoquer un adjectif apparemment « interdit ». Un acte « anti-taurin » ? Bien sûr que non ! Comment évoquer cela, cinq après la fameuse affaire des lettres piégées et son curieux étouffement.
Un appel à témoins a, en tous cas, été lancé pour faire progresser l’enquête initiée par les gendarmes locaux. L’hypothèse d’un court-circuit électrique a rapidement été écartée par la cellule d’investigation criminelle. Des prélèvements ont par ailleurs été effectués afin de découvrir d’éventuelles traces d’hydrocarbures… Incendie accidentel ou volontaire, la réponse à cette question interviendra certainement dans les prochains jours. Nous aurons l’occasion d’y revenir, peut-être à travers la voix de l’Observatoire national des Cultures taurines.
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De la nécessité de ne pas confondre un manque de race avéré avec un supposé excès de manejo | 24/06/2009 - 23:26:30 |
Plusieurs éditorialistes ont longuement glosé sur le fracaso de la corrida de La Campana qui s’est produit ce mercredi à Alicante, lors de la corrida d’adieux de Luis Francisco Esplá devant son public. Un échec retentissant qui n’est pas le premier de la temporada pour cet élevage et qui suit d’autres revers, diversement commentés depuis l’encerrona ratée de Morante de la Puebla, l’an passé, sur le sable de la Misericordia.
Dans son édition en ligne de Terres Taurines à paraître ce jeudi, André Viard n’y va pas par quatre chemins… Tirant à boulets rouges contre Ricardo Gallardo, l’ancien torero reconverti dans la chronique taurine pointe du doigt les systèmes d’élevages qui tendent à sortir du modèle jusqu’alors adopté par la majorité des ganaderías, écorchant au passage les fundas mais aussi ce qu’il présente comme les excès potentiels du manejo… C’est sur ce point qu’il est nécessaire d’apporter quelques précisions afin que le lecteur lambda ne fasse pas fausse route.
Si la corrida de La Campana a fracassé, ce n’est pas par excès de manejo, mais, comme dans de nombreux élevages, à cause d’un flagrant manque de race. Je suis entièrement d’accord pour ouvrir le débat sur les failles d’une « tauromachie trop collaboratrice » et des répercussions que cela peut avoir dans le comportement de certains toros, mais il ne faut pas tout confondre. Dans 20% des cas, le choix d’une « tauromachie collaboratrice » se traduit par un grand niveau de toréabilité, ce qui permet d’assister à des moments remarquables de toreo. Est-ce le bon chemin ? Il ne m’appartient pas de le commenter, Juan Pedro Domecq apporte plusieurs éléments de réponse sur le sujet dans son dernier ouvrage…
Tout doit reposer sur la question de la race, car si on ôte de l’agressivité au niveau de la sélection de la race brave, on peut se retrouver, comme ce fut le cas à Alicante, face à des bêtes qui « abandonnent » le combat après avoir contracté un stress. Dans toutes les ganaderías, le premier grand stress demeure celui du marquage : il dure trois minutes, mais après cela, tout doit être accompli, au sein de l’élevage, par le manejo, pour la mémoire de l’animal ne soit pas altérée… Un veau oubliera un marquage et surpassera cette épreuve s’il est doté de race. En revanche, un animal dénué de caste aura plus de mal à dépasser cet exercice…
Je pense que l’élevage de La Campana n’est peut-être pas un modèle en termes de sélection de race brave, et, en ce sens, il est peut-être inopportun de tirer des conclusions hâtives sur le type de manejo qui y est pratiqué. Car n’oublions jamais qu’un bon manejo participe au bien-être général de l’animal de race brave. Mais si ce dernier n’a pas de race, les meilleurs manejos du monde n’auront aucun effet sur lui.
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De l’évolution comportementale des cabestros dans le manejo du bétail brave | 23/06/2009 - 23:09:57 |
Nous parlons énormément du bétail de race brave sur ce site, mais n’oublions pas le rôle éminemment important des cabestros au sein de cet élevage. Des animaux parfois étonnants et qui vont même, jusqu’à garder jalousement certaines des mangeoires de Bellombre, empêchant certaines vaches braves d’y accéder ! Un petit problème que nous avons rapidement résolu la semaine dernière en repensant la disposition de la nourriture mise à disposition des bêtes.
Des cabestros qui étonnent souvent nos invités lors des tentaderos. Comme vous le savez certainement, les cabestros interviennent à chaque fin de lidia dans notre placita de tienta pour raccompagner aux corrales la vache qui vient d’être testée en piste. Cela favorise une diminution du stress et permet également à la vache de rester sur un rythme purement campero, sans que l’homme n’ait directement à intervenir ou à se montrer. Dans cet apprentissage, nous mêlons au troupeau des bœufs de jeunes cabestros qui prennent naturellement leur place, en tête ou en queue de peloton. Lors du dernier tentadero, l’un de ces jeunes cabestros a chaque fois « entrepris » les vaches qui venaient d’être tientées. Un petit frontal contre frontal assez rude, avec quelques coups de corne ici et là, histoire de dire « mademoiselle la vache, vous êtes brave, mais le patron pour rentrer à la maison, c’est bien moi ! ». Étonnant de voir la « caste » d’un cabestro ainsi s’exprimer, surtout à un si jeune âge…
Je trouve cela excellent et significatif d’un bon niveau de manejo, que nous nous devons bien sûr d’améliorer encore… Par exemple, l’un de nos plus beaux cabestros, Rocíero, s’avère être bien meilleur dans le manejo campero que dans le manejo de plaza, où, en piste, il n’en fait bien souvent qu’à sa « jolie » tête !
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De la notion du romantisme en tauromachie | 22/06/2009 - 23:22:54 |
En 2007, celui que l’afición du Pays d’Arles surnomme « l’évêque du Paty » présentait sa dernière corrida sur le sable des arènes de Vergèze. En sa qualité de ganadero, par sa relation à la tauromachie et sa conception du toro brave, Gilbert Mroz pourrait être considéré comme l’un des derniers « romantiques » au cœur d’un monde où l’on ne se fait plus de cadeaux. Mais il n’y a pas que quelques éleveurs à défendre ce « bout de terre », certains toreros revendiquent encore cette part de romantisme qui a, jusqu’alors, donné une véritable âme à la tauromachie.
Je considère que ce romantisme est nécessaire en tant que lien entre le torero et l’éleveur. Me concernant, mon « romantisme » a su évoluer avec le temps… Je pense qu’il est plus humain, plus ouvert et moins personnel qu’au début de mon aventure ganadera.
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Du silence de l’État sur certains manques propres à la pratique de l’élevage brave | 21/06/2009 - 23:57:36 |
Il y a quelques mois de cela, j’évoquais dans ces colonnes ma volonté d’interroger par courrier le préfet de région quant aux réponses officielles données par l’État sur les questions de neutralisation d’un animal dangereux. A ce jour, dispose-t-on officiellement en France d’un produit capable d’endormir ou de neutraliser un toro brave, par exemple ? D'une manière rapide, efficace, comme l'est "l'immobilon". J’attends toujours que les autorités me donnent une réponse officielle et je pense encore attendre longtemps… Personne ne répondra à cette missive.
Aujourd’hui, on est obligés de composer en se servant de notre propre matériel, avec fusil et fléchettes hypodermiques. Et surtout un anestésique trés lent, le "rompoun", dont les effets peuvent annulés par le stress. Un toro peut toujours sauter une clôture et fort heureusement nous disposons de moyens efficaces pour parer toute éventualité. Une carabine de chasse est même prête si les choses venaient à mal tourner en cas d’inefficacité des fléchettes hypodermiques ou d’un stress éventuel généré par ces dernières.
Je suis donc obligé d’engager ma propre responsabilité à titre préventif, mais que les gens soient avertis : il n’existe en France aucun produit connu ou préconisé pour endormir un animal sauvage. Par négligence ? Par désintérêt ? Je préfère laisser les lecteurs de ce Blog seuls juges…
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Rieumes, J - 8 | 20/06/2009 - 23:57:47 |
On ressent toujours une ambiance particulière avant la tenue d’une course, quelle que soit son importance... Nous avons souvent eu l’occasion de l’évoquer, dans ces colonnes, notamment lors de la période qui a précédé notre présentation dans les arènes de Bayonne, en août 2008… Dans un peu plus d’une semaine, nos erales fouleront la piste de Rieumes, une arène qui me tient particulièrement à cœur car elle symbolise magnifiquement la passion des aficionados du pays toulousain.
En changeant la date de sa feria, le Club taurin de Rieumes assume une vraie prise de risque sur un cycle qui fera cette année encore la part belle à la novillada. Une becerrada le samedi, des novillos de Jalabert le dimanche après-midi et, entre les deux, une novillada sans picadors dont nous attendons énormément. Dimanche 28 juin, à l’aube, quatre erales marqués de notre fer quitteront Bellombre pour rallier les arènes de Rieumes. Ils y seront toréés par José Miguel Valiente, de l’école tauromachie d’Albacete, et par le protégé du banderillero El San Gilen, Dorian Dejean, qui a fait ses classes à l’école taurine de Béziers.
Que feront ces deux apprentis-novilleros face à notre bétail ? Cela, je l’ignore encore… Pour le reste, je sais parfaitement ce que j’envoie à Rieumes eu égard aux familles dont sont issus ces quatre erales. Une matinée que nous espérons lumineuse, avec l’espoir que se coupent de nombreuses oreilles et de voir autant de monde que lors du festival taurin d’Arzacq-Arraziguet.
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De la spécificité de l’ arrancada d’une vache Núñez | 19/06/2009 - 22:23:01 |
Lors des tentaderos que nous effectuons à Bellombre, nous remarquons que, d’une manière générale, les vaches Núñez ont plutôt tendance à s’avérer moins tardas que leurs cousines d’origine Domecq, notamment lorsqu’elles se retrouvent en face à face avec le groupe équestre. Ces vaches vont aller au cheval beaucoup plus rapidement parce qu’elles sont plus stressées, même si elles doivent manifester de la bravoure sous le fer.
Les vaches d’origine Núñez réagissent énormément sur la spontanéité. Toutefois, lorsqu’on est éleveur, il faut demeurer très attentif aux questions liées à la fixité et à la « fierté » de l’animal appartenant à cet encaste.
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De la gestion de l’étonnement des spectateurs des tentaderos | 18/06/2009 - 00:19:39 |
Il est parfois bon de rappeler que les tentaderos sont des exercices de sélection qui appartiennent au domaine privé de l’élevage. Le ganadero peut être amené à y inviter des spectateurs qui devront toutefois respecter quelques règles essentielles de comportement afin de ne pas altérer son déroulement. En ce sens, ces spectateurs doivent comprendre un enseignement majeur : le tentadero n’est pas régi par une logique de « spectacle », à la différence de certaines courses… Mais ce terme de « spectacle » ne me plaît pas, car je le considère comme totalement désadapté au rituel tauromachique.
La semaine dernière – j’y reviens encore une fois car les commentaires ne cessent de fuser… –, la première vache du tentadero a fait sensation auprès de nos invités et plusieurs d’entre eux n’ont pas totalement compris pourquoi cette vache allait être mise « à l’épreuve », a cuidar… La sélection d’une vache ne doit pas être intégrée à un débat de spectateurs. Je souhaite rester sur un débat d’éleveur avec des choix qui se fondent sur des notions rigoureuses : le type d’un animal, son comportement, la génétique qui le caractérise et la complémentarité avec « l’appareil reproducteur » dont nous disposons.
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Du profil de l’alimentation du troupeau à l’approche de l’été | 17/06/2009 - 23:40:43 |
Depuis plusieurs semaines, les températures dépassent allègrement les 30° sur Bellombre et le pays d’Arles. Une réalité climatique dont nous devons tenir compte afin de faciliter la digestion des aliments par les bêtes… En amont, il a fallu gérer pendant 3-4 jours le stress alimentaire généré par le passage du foin d’hiver à la « première coupe », à savoir du foin de Crau. Dans un second temps, il faut développer les prophylaxies, et notamment gérer les vaccins sur le phénotype 8 de la « langue bleue » qui a eu des conséquences catastrophiques cet hiver, avec la perte sèche d’une trentaine de naissances…
Outre l’aspect alimentaire, nous traitons actuellement au Butox les vaches et les mâles afin que ceux-ci ne soient pas attaqués par les mouches au niveau des yeux en ces périodes de forte chaleur. Ce sont des choses simples mais essentielles afin de mener au mieux les tâches quotidiennes au sein d’un élevage.
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De la gestion des végétaux du Domaine des Âneliers | 16/06/2009 - 23:48:01 |
Depuis que nous avons rebaptisé le Mas de Bunny en Domaine des Âneliers, Cédric et Guillaume ont entamé un vaste travail d’entretien des enclos, notamment pour éradiquer le chardon qui a tendance à proliférer et à gêner les bêtes qui paissent… Le but, à moyen terme, est de créer sur ces terres un fond de pâture. Cela touche au domaine des installations et nous nous employons à nettoyer la terre au maximum de toutes les plantes qui n’apportent rien du tout à l’élevage. C’est le cas des chardons, n’en déplaise à nos amis écossais…
Il faut donc s’attaquer aux chardons avant que les graines n’agissent… Car arracher des chardons après la pollinisation ne sert strictement à rien : même arrachée, la plante reviendra tout naturellement l’année suivante et il faudra recommencer cette tâche.
Je m’emploie à le rappeler fréquemment afin que le profil des prés du Domaine des Âneliers puisse évoluer dans le bon sens, si tant est que l’on applique la bonne méthode !
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De la connaissance matricielle des vaches | 15/06/2009 - 23:12:17 |
Les fidèles lecteurs de ce Blog auront certainement noté, depuis quelques années maintenant, l’importance que revêt la question de la génétique au sein de cette ganadería.
J’ai eu l’occasion d’assister à une conférence importante à Jerez de la Frontera, aux côtés d’éleveurs de renom, et qui était donnée par un professeur de faculté, spécialisé dans la génétique et expert en matière de « transmission ». Le conférencier s’est exprimé en sa qualité de généticien bovin, en restant sur un domaine des plus théoriques. Dans ce domaine, point de place aux mélanges, mais bien à des lignes de sang distinctes. Selon lui, le comportement n’est pas un phénomène explicatif dans le choix de la gestion de la sélection…
Ici, à Bellombre, nous portons trois regards particulièrement importants sur le type, le comportement et la « matrice », à savoir l’ascendance génétique de la vache. Cette dernière ne devient « matricielle » que le jour où elle passe du statut de « vache » à celui de « mère ». Ce passage signifie que la vache est à la fois approuvée en tant que vache dans le type et dans le comportement, mais aussi en qualité de mère… Et c’est en ce sens qu’elle devient une matrice.
Les produits que cette vache va fournir apportent ce que nous cherchons par rapport à elle-même, mais aussi par rapport à l’étalon qui l’aura couverte précédemment. En ce sens, la vache-mère se doit de faire le « lien ». Elle est détentrice d’une valeur génétique dans un type et dans des comportements qu’elle transmettra dans un second temps à ses futurs produits, à l’unisson de la valeur génétique du père.
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Retours sur le dernier tentadero | 14/06/2009 - 23:47:44 |
Plusieurs personnes présentes lors du dernier tentadero de jeudi à Bellombre ne cessent de me parler de la qualité de la première vache, qui, il est vrai, est restée plus de trois-quarts d’heure en piste à charger inlassablement dans la muleta de Stéphane Fernandez Méca.
En tant que ganadero, il est nécessaire de prendre du recul afin de mieux juger les vaches qui sont tientées… Je n’apprendrai rien aux lecteurs fidèles de ce Blog en affirmant que notre niveau de sélection a été revu à la hausse au cours de ces dernières années et que notre exigence actuelle n’a plus rien à voir avec celle de nos débuts.
Je vais vous révéler un petit secret de ganadero en vous affirmant que cette première vache, exceptionnelle à la muleta, n’a pas été approuvée. Toutefois, nous allons la conserver pendant un temps limité sur l’appellation « a cuidar », c’est-à-dire se poser cette question : que peut-on faire de cette vache par rapport à la valeur génétique dont nous disposons au sein de l’élevage ? Cette vache va donc être couverte par l’un des étalons que je considérerai être comme le plus adapté. Par la suite, elle mettra bas un ou deux produits, et ce n’est qu’ensuite que je déciderai de son destin au sein de la ganadería… Cette vache est donc en suspens…
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Mon hommage à Hubert Yonnet | 13/06/2009 - 23:56:51 |
Ce samedi, tout le peuple du Toro s’était réuni autour des arènes de Salin-de-Giraud pour fêter les 150 ans de la Ganadería Yonnet… Tout au long du week-end, les marques d’affection et de sympathie n’ont pas manqué autour de Françoise et d’Hubert Yonnet, qui ont reçu avec la manière plusieurs centaines d’aficionados au cœur du légendaire mas de la Bélugue…
C’est aux côtés d’autres ganaderos, confrères et amis éleveurs que j’ai assisté, en fin d’après-midi, au festival taurin qui était donné aux arènes de Salin-de-Giraud. Une ambiance unique sous un soleil de plomb, avec la présence si camarguaise des « arabis » autour de la plaza. Il fallait se méfier des piqûres…
En piste, le public qui remplissait les arènes à moitié eut le plaisir de revoir Tomás Campuzano et Victor Mendes, mais également Stéphane Fernandez Méca et Mehdi Savalli. Même si le coup de poignet de Tomás Campuzano réserve encore quelques arômes et la vista de Victor Mendes demeure savoureuse, je dois avouer mon admiration face à la démonstration de Stéphane Fernandez Méca. Certes, les choses ont été très compliquées pour Stéphane au moment de l’estocade, mais, auparavant, celui-ci s’était montré en torero pour lidier un Yonnet de grand respect… N’oublions pas que Stéphane s’est retiré du toreo depuis près de quatre ans et qu’il n’a quasiment plus toréé depuis cette date…
Revenir dans le cadre d’un festival taurin face à une ganadería exigeant bon nombre de responsabilités faisait partie des challenges que Stéphane n’était pas obligé de relever. Il l’a fait, avec mérite et panache, histoire de fêter dignement ses vingt ans d’alternative tout en rendant hommage à l’organisateur qui lui fit confiance dès les premières heures de sa carrière…
Une reconnaissance et des remerciements qui se sont traduits par un brindis des plus vibrants. Un toro offert pour le cœur à un ganadero particulièrement sensible à l’histoire des toreros français. Enhorabuena Stéphane et encore bravo monsieur Yonnet, notamment pour la qualité de toréabilité de cette troisième vache qui m’a enchanté !
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Des tentaderos aux accents estivaux | 12/06/2009 - 23:42:52 |
J’adore Bellombre, lorsque, le mois de juin venu, le soleil décline entre les feuillages des arbres qui bordent la placita de tienta, les oiseaux tournoient entre le branches des platanes centenaires, le jour touche à sa fin tout en s’étirant afin de nous offrir les meilleurs instants de la journée.
En piste, chacun s’affaire : Jacques Monnier chauffe son cheval, les toreros préparent leurs trastos, les amis s’installent tout autour de l’arène et les curieux viennent prendre place au-dessus du toril, tout en respectant les consignes du ganadero. Ne pas être vu de la vache, ne pas laisser dépasser une main inutilement, ne pas altérer d’une quelconque façon le déroulement du tentadero…
Puis, dès que Cédric ouvre la porte du toril, c’est une autre histoire qui débute… Enfermé dans mon rincón, j’aguante le soleil qui décline face à moi… la chaleur est parfois plus supportable en trouvant un coin de fraîcheur contre le mur, côté droit… On peut s’y appuyer, prendre ses notes aisément et attendre le temps qui passe avec plus de confort…
En piste, les toreros se livrent… Jeudi soir, Stéphane Fernandez Méca nous a encore offert une démonstration de bravoure face à une vache présentant un niveau exceptionnel de toréabilité à la muleta. La faena aurait dépassé les trois-quarts d’heure aux dires de certains. Peu importe, le soleil était encore face à moi, je n’ai pas vu le temps passer. Marc Serrano n’a pas eu de chance avec sa première vache, inadaptée à la lidia, la suivante s’est avérée plus propice et lui a permis de passer un meilleur moment en vue de la corrida de ce dimanche à Mauguio… Il reviendra à Bellombre, c’est certain.
J’aime ces tentaderos où nous prenons le temps de faire les choses, avec soin et patience. La tienta de quatre vaches a presque duré trois heures… Les toreros ont offert des séries de muletazos jusqu’au bout du crépuscule, les cabestros ont affirmé leur tempérament en piste et les plus jeunes d’entre eux ont même joué de leurs cornes pour faire comprendre aux vaches braves qu’ils essayaient de jouer aux patrons ! Chacun a été sa place, y compris certains de nos amis visiteurs qui ont même pris la garrocha pour accélérer la rentrée difficile de la dernière vache…
Le soleil avait définitivement disparu sur Bellombre. Le temps nous semblait compté… Le temps de se retourner, tout avait disparu : plus de cheval en piste, capes et muletas volatilisées, toreros partis se doucher, spectateurs « évaporés »… Le tentadero était bel et bien terminé… Vingt minutes plus tard, j’étais plus rassuré en retrouvant tout ce beau monde devant la cheminée de la salle de banquet, affairé à trouver la bouteille de bière la plus fraîche qui soit.
On a refait le tentadero jusqu’à une heure avancée de la soirée, l’instant était des plus agréables, propice à la discussion. J’aime vraiment les tentaderos qui annoncent l’été. Jusqu’au 21 juin, date du solstice, à Bellombre, on ne se lasse pas de profiter du « jour le plus long ». Même sans Henry Fonda…
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De la dignité du torero dans l’épreuve… | 11/06/2009 - 23:54:57 |
Il y a tout juste une semaine, Gilbert Coppens, grande figure de l’afición nîmoise et beau-père de Stéphane Fernandez Méca, s’est éteint après s’être battu jusqu’au bout de la maladie. Il était âgé de 72 ans. Que son âme repose aujourd’hui en paix auprès de Dieu.
Chacun, ici, connaît la grande amitié qui me lie à Stéphane Fernandez Méca, qui assistait, lundi dernier, aux obsèques de son beau-père dans une cathédrale de Nîmes curieusement trop exiguë pour contenir toutes celles et ceux qui étaient venus rendre un dernier hommage à Gilbert Coppens, président-fondateur de la peña nîmoise Antonio Ordóñez et associé pendant de nombreuses années à la gestion de l’amphithéâtre romain.
Hasard du calendrier, quelques jours après cette épreuve, Stéphane Fernandez Méca a dû reprendre le chemin de l’entraînement afin de se préparer au rendez-vous qui l’attend ce week-end. Samedi, dans les arènes de Salin-de-Giraud, Stéphane devra étaler technique et savoir aux côtés de maestros confirmés comme Tomás Campuzano ou Victor Mendes, pour dompter la caste des toros d’Hubert Yonnet dont on célébrera le 150e anniversaire de la fondation de l’élevage…
Avec sensibilité et discrétion, Stéphane s’est remis au travail tout en masquant sa peine. Même en portant le deuil, son beau-père – qui l’a si souvent accompagné pendant ses temporadas – n’aurait pas souhaité que son gendre se détournât des toros… Même retiré depuis maintenant quatre saisons, Stéphane Fernandez Méca officie en piste avec la même conscience professionnelle. Les spectateurs du tentadero de cette fin d’après-midi, à Bellombre, ont pu s’en rendre compte. Pendant près de trois-quarts d’heure, Stéphane a dirigé la lidia de la première vache du tentadero, qui a affiché un haut niveau de toréabilité. Une vache supérieure à la muleta que Stéphane a embarqué avec bonheur dans une faena qui aurait pu durer toute la nuit… Une vache que Clément, le fils de Stéphane, a également conduit avec malice, se faisant parfois avertir par la race de l’animal…
Un bonheur en piste vécu par tous les acteurs et un temps qui avait, l’espace de quelques muletazos infinis, suspendu son vol. De là-haut, Gilbert a certainement apprécié…
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Des solutions apportées pour diminuer le risque de décès chez les veaux nouveaux nés | 10/06/2009 - 23:38:09 |
Plusieurs d’entre vous ont été certainement atterrés par la nouvelle que je vous révélais avant-hier dans ces colonnes, avec la perte d’une trentaine de veaux, à la naissance, depuis le début de l’année. Après enquête, nous avons constaté que ces morts étaient le fruit d’entérotoxémies générées par l’ingestion d’un lait porté par une vache qui a développé du stress après l’injection du vaccin destiné à combattre le virus 1.8 de la « langue bleue »…
Il a fallu réagir, et vite, en trouvant le traitement adéquat. Je parlais l’autre jour de l’usage de la pénicilline, mais nous avons dû également procéder à une réhydratation totale des veaux, notamment avec un antistress et un antichoc.
Face à cette réalité du malheur de la perte de trente veaux, les autorités sanitaires et les vétérinaires n’apportent pas de réponses… Imaginez, ils devraient admettre dès lors la corrélation entre le vaccin injecté et le décès survenu… Imaginez la panique que cela occasionnerait… De plus, ce cas de mortalité n’existe que chez le bovin de race brave du fait de sa réception unique du phénomène du stress et de la combativité qu’il conserve dans ses gènes.
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Le futur site en préparation | 09/06/2009 - 23:42:06 |
Depuis bientôt plus de deux ans, le site de la Ganadería Meynadier vous donne rendez-vous pour partager la vie de l’élevage et vous faire découvrir un autre aspect du Toro Brave. Une aventure exceptionnelle que nous poursuivons maintenant depuis plus d’un an et demi avec les liens qui se tissent à travers ce Blog sur des sujets que nous souhaitons les plus variés…
Dans quelques semaines, le profil du site va évoluer afin de mieux répondre à vos attentes. Vous pourrez continuer à découvrir les informations liées à la vie de la ganadería, découvrir les photos de Bellombre et bien évidemment laisser vos contributions sur ce Blog. Mais vous pourrez, aussi et surtout, découvrir un nouveau développement vidéo qui vous permettra d’assister à tous les tentaderos de Bellombre depuis votre écran d’ordinateur ! Une performance que nous devons à la technologie de l’entreprise arlésienne Web TV Tools et qui vous réserve encore une grande surprise pour le mois de septembre, avec une première dans le monde de la tauromachie… Et c’est à Bellombre que cela se passera !
A l’orée des grands rendez-vous de Rieumes, Castelnau-Rivière-Basse et Béziers, le site s’enrichit donc de nouvelles rubriques, avec une place plus importante accordée à la vidéo. A travers votre écran d’ordinateur, vous serez un peu chez vous à Bellombre… N’hésitez donc pas à pousser les portes du mas, via votre navigateur, nous avons encore de belles et grandes choses à vous montrer.
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Du travail effectué sur la période des naissances | 08/06/2009 - 23:47:29 |
Au cours des premiers mois du printemps, toute l’équipe de la ganadería, notamment regroupée autour de Cédric et Guillaume, s’est pleinement impliquée pour gérer au mieux la période des naissances…
D’un point de vue plus général, je considère que nous avons rencontré un immense problème en France avec la vaccination qui a été procédée sur les bovins et qui devait protéger ces derniers du virus 1.8 de la « langue bleue ». Un traitement qui a eu des conséquences dramatiques puisque nous avons constaté un grand nombre d’avortements au niveau des mères… Des conséquences également dramatiques pour les veaux qui ont ingéré du stress par le lait, provoquant par la suite des entérotoxémies qui se sont avérées mortelles.
En termes de pertes sèches, nous avons comptabilisé pas moins 30 veaux qui sont morts depuis le début de l’année. C’est un chiffre énorme qui signifie la perte pure et simple d’une période de naissances…
Il a donc fallu trouver des solutions mais également procéder à un grand nombre d’analyses, avec un travail soutenu sur la recherche. Si nous nous en sortons aujourd’hui, nous devons notre salut à l’emploi d’un médicament humain sur les bêtes, à savoir la pénicilline.
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Retour sur le pèlerinage d’El Rocío | 07/06/2009 - 22:58:35 |
Un peu plus d’une semaine après le pèlerinage d’El Rocío, on revient sur terre, dans une logique plus urbaine et mû par des rythmes bien différents. Ceux de la vie quotidienne…
Comme chaque année, je me suis préparé au Rocío le plus naturellement du monde. Sur place, j’y ai retrouvé ma réunion, ce qui représente toujours une aventure particulière. Plus les années passent, plus j’y vais détendue, avec de moins en moins de malles et de valises, mais avec toujours la même foi…
Auparavant, je me rendais au Rocío dans un effort de transposition afin d’être à la hauteur de ma « place d’étranger » dans la confrérie… Aujourd’hui, je suis de plus en plus moi-même car la confrérie ne me considère plus comme un étranger.
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Des problématiques résolues depuis la création de l’élevage | 06/06/2009 - 13:48:30 |
Depuis 2000 et la fondation de mon nouveau fer, je pense sérieusement avoir résolu les problématiques liées à la question du genio chez nos produits. Il faut avoir une certaine distance sur ce sujet afin de mieux le maîtriser : savoir établir la frontière entre la race, positive, et le genio, forcément négatif. Je parviens à distinguer nettement les deux, y compris lorsque les gens me disent qu’il n’y a pas de genio et que j’exagère… Je sais toujours où je vais.
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Le torero de la semaine : El Juli | 05/06/2009 - 18:11:31 |
L’an passé, j’avais quelque peu secoué les opinions des internautes en évoquant « la prévisibilité » du toreo d’El Juli. Une constatation qui ne devait, en aucune manière, porter ombrage à la qualité du dit-torero et à son immense connaissance technique.
Je suis aujourd’hui très heureux de constater que Julián López « El Juli » est en train d’évoluer et de tendre vers un « toreo de race ». De plus, avant d’être torero, c’est un immense aficionado a los toros, capable de se passionner pour la lidia de n’importe quel animal… C’est justement grâce à la lidia et à la passion qu’il nourrit pour le toro qu’El Juli sera capable, à un moment donné, de tendre vers une véritable relation au temple. Tout cela grâce à deux atouts majeurs qui structurent son toreo, à savoir sa maîtrise et sa distance par rapport au combat lui-même.
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Toutes les vérités sont bonnes à dire | 04/06/2009 - 20:50:53 |
Je ne suis pas homme à me plaindre..
Mais bon sang pourqoi le virtuel doit-il toujours prendre le pas sur la réalité et la picaresque sur l' éthique ?
Ces imbéciles de Simon Casas et Christophe Lambert annoncent à grand renfort de pub ( il parait que le second est spécialiste...) la création de l' élevage "los Galos"... Javier Vazquez en ayant marre de leur servir de prête-nom...
Sauf qu' ils le font avec un fer qui ne leur appartient pas en totalité et qui se justifie par les dernières vaches d' Occitania dans le livre généalogique de l' UCTL...
Pire, leur ego et l' incompétence de Maria-Sara, leur font marquer leurs produits avec le "U" de la Union de Criadores de Lidia sans affiliation et sans autorisation préalable... Bloquant ainsi leur élevage, dont les produits ne peuvent plus être considérés comme animaux de combat...Plus que l'abattoir comme destination...Comme la dernière fois avec la " tuberculose "...
Aux dernières nouvelles ils tenteraient d' obtenir un fer français pour détourner la loi espagnole....
A force de faire prendre " leurs vessies pour des lanternes " ou " des moulins pour de grands guerriers " en se sentant intouchables compte tenu de leur positions ils se sont pris les pieds dans le tapis...
Sauf que là il ne s' agit plus de faire croire que Nîmes c' est Madrid alors qu' elle n' est plus que Malaga, même si dans ce cas Simon remplit les arènes et raconte bien l' histoire...
Mais qui osera dire tout haut que le roi est nu alors qu' il n' arrête pas de parler de ses atours ? ...
Bossuet , peut-être ?
" Selon que vous serez puissant ou misérable..."
Mais comment dit-on " Bossuet " dans le Mundillo ????
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1999 – 2009 : de l’évolution de la grille d’analyse du ganadero | 03/06/2009 - 23:35:30 |
Cela va bientôt faire dix ans que l’ancien élevage d’Occitania a fait sa présentation dans les arènes de la Monumental de Las Ventas… Une époque aujourd’hui bien lointaine où j’étais alors associé avec Simon Casas, peu de temps avant de fonder mon propre élevage. Je me souviens encore de cette course, comme si c’était hier : une ambiance lourde, le tendido 7 attentif à tout, le poids de la responsabilité d’une véritable arène de première catégorie et une prestation remarquable de l’un des toreros de la « maison », Stéphane Fernandez Méca, à l’occasion de sa confirmation d’alternative…
Pensez un élevage français et un torero français !!! ...
Depuis cette date du dimanche 11 juillet 1999, ma grille d’analyse personnelle, en qualité d’éleveur, a considérablement évolué. Il me faudra certainement dix années supplémentaires pour que j’y retourne un jour…
Aujourd’hui, je possède une bien meilleure vision de la race de mes produits. Je comprends celle-ci beaucoup mieux, y compris par rapport à l’animal qui entre en piste, et y compris au niveau de sa place dans l’élevage…
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De la détermination d’une bonne couleur au sein d’un élevage | 02/06/2009 - 23:58:26 |
Les élevages puisent leurs sources dans des encastes bien définis et dont les repères morphologiques demeurent immuables. Les couleurs de robes participent également aux critères de reconnaissance de certaines grandes familles auxquels les ganaderos accordent une grande importance.
Personnellement, je qualifie la couleur comme un lien, un trait d’union avec les ancêtres de l’élevage : le grand-père ou la grand-mère d’un toro, et, en ce sens, ce « clin d’œil » m’intéresse. Finalement, je n’accorderai que peu d’importance à la transmission du père ou de la mère pour mieux m’intéresser aux gènes du grand-père et de l’arrière grand-mère que l’on retrouvera chez le père et la mère du toro. Il est donc nécessaire d’avoir une bonne maîtrise des différentes générations de sa ganadería.
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De la réception du monde taurin à la table du roi d’Espagne | 01/06/2009 - 23:53:41 |
Il y a un peu plus d’un mois, la presse nationale mais également les magazines people se sont fait l’écho de la réception donnée par sa majesté Juan Carlos de Borbón à laquelle plusieurs personnalités du mundillo ont été conviées, au coté du président Sarkozy et de son épouse, et en présence de nombreux artistes ou sportifs français et espagnols…
En regardant les photos de cette réception, je me dis que le roi d’Espagne demeure avant tout le roi de l’Hispanité et qu’il ne cesse de le montrer à la face du monde… C’est un roi qui marque le sud, chose que nous sommes capables de comprendre en France d’autant plus qu’il est Bourbon. Lorsqu’il invite des représentants français du monde tauromachique, Juan Carlos Ier marque bien le sud par rapport au nord en montrant l’existence et la légitimité de la corrida dans cette région méridionale…
Concernant la soirée même, je ne vous apprendrai rien de plus en vous disant que je crois sincèrement que madame Sarkozy a particulièrement apprécié la poignée de mains de Sébastien Castella ! Plus sérieusement, il est également important de noter les déclarations du président de la République française concernant sa « fascination » pour la corrida dans l’un des plus grands quotidiens espagnols. Il faut bien se rendre compte que ce genre d’invitations sont très pesées par les cabinets respectifs de la Couronne espagnole et de la Présidence de la République : en réalité, Nicolas Sarkozy a rappelé, dans cette démarche de la Méditerranée, pour laquelle il est très impliqué, que la place de la corrida est un vecteur différentiel très important concernant l’affirmation du sud par rapport au nord. Point sur lequel il rejoint parfaitement la position du roi d’Espagne.
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Le torero de la semaine : Julio Aparicio | 01/06/2009 - 23:53:51 |
Sur les chemins d’El Rocío, où je suis arrivé ce dimanche, au final du grand pèlerinage, je ne peux m’empêcher de penser, en ce jour de Pentecôte, à ce phénix qui est né à nouveau de ses cendres et que nos amis nîmois ont revu l’autre jour sur le sable de l’amphithéâtre romain.
Julio Aparicio, c’est Antoñete, c’est Curro Romero… Il fait partie de ces toreros qui ont des choses à dire. S’il touche un toro de Núñez « avec de la musique », tout le monde pleure !
J’étais persuadé de son retour au premier plan car c’est un vrai torero. Aparicio est dans son monde et se situe en dehors du temps… Dès lors qu’on se trouve dans une telle sphère, quelle valeur peut revêtir une période de bache ? De plus, c’est un torero dont l’histoire se construit autour d’une dynastie des plus importantes, avec une mère gitane et un père qui a été un grand torero dans les années 50.
Au campo toute la journée, Julio Aparicio a le côté fantasque de la liberté du torero, capable de tout… Beaucoup d’art et bien plus courageux que certains le croient !
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Derniers regards sur les bons moments vécus à Séville | 30/05/2009 - 23:23:54 |
Après avoir évoqué les points négatifs qui ont contrarié la dernière Feria d’avril, je ne peux m’empêcher de repenser aux bons moments que j’ai vécus sur les gradins de la Maestranza ou devant mon écran… Des souvenirs et des gestes de toreros, forcément, nous sommes à Séville… Des toreros, qui, par leurs étincelles, ont été capables de révéler la bravoure enfouie au fin fond de quelques trop rares toros qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec l’ensemble du lot présenté…
Dans cet esprit, Morante de la Puebla a une fois encore raconté quelques belles histoires tout en restant sur son cursus personnel et en se grandissant encore plus vis-à-vis du public de la Maestranza… Il faut bien comprendre que Morante n’est encore pas Morante… Il n’y est pas encore parvenu… Dans un autre registre, José María Manzanares fils m’a enchanté, de même qu’El Juli, sans oublier deux ou trois choses de Ponce, une série à la cape de Jean-Baptiste et surtout le public de Séville et son rythme.
Je crois sincèrement que la Maestranza surpassera cette crise actuelle des vétérinaires et des fonctionnaires de police qui montent au palco grâce au « rythme » unique de son public. Toutefois, il ne faut pas que cela dure trop longtemps, car ce rythme doit désormais inclure de nouveaux spectateurs, plus jeunes, et tout mettre en œuvre pour supprimer ce contrepoids ridicule des présidents et des vétérinaires incompétents…
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Du mécontentement des abonnés des arènes de Madrid et Séville | 29/05/2009 - 23:37:50 |
Il y a quelques semaines de cela, plusieurs abonnés aux arènes de Las Ventas, à Madrid, ont fait part de leur déception à la suite de la publication des cartels de la Feria de San Isidro… Peu de temps après, c’est l’Union des abonnés de la Real Maestranza, à Séville, qui faisait part de son ras-le-bol à la suite du fiasco vécu lors de plusieurs corridas au cours de la dernière Feria d’avril… Un point commun entre deux villes de toros face auquel je ne puis rester insensible.
Je suis peut-être trop romantique car je trouve toujours du « bon » dans quelque chose qui est mauvais… Je crois sincèrement qu’il est temps pour l’empresa Pages de se remettre en question, non pas par rapport à son droit à l’erreur mais plutôt sur sa capacité à dire véritablement les choses… Ce que je regrette le plus, à Séville, c’est la démission du doyen des présidents de courses par rapport à l’environnement politique de la capitale andalouse… Il y a aussi la question du reconocimiento et le poids des vétérinaires sur ce point de passage obligé… Ce sont des choses que peu de gens peuvent comprendre…
Je pose d’ailleurs ici une question : qui a connu un reconocimiento à Séville ? On ne sait même pas ce que cela veut dire en France alors qu’à Séville, c’est une épreuve terrible pour tout ganadero qui a lidié dans ces arènes… Et il en est de même à Madrid ainsi que dans toutes les véritables arènes espagnoles de 1e catégorie. On y découvre le poids du politique en tauromachie, la prépondérance des exigences des vétérinaires… Ces reconocimientos sont parfois le théâtre de règlements de compte entre des vétérinaires d’état et des éleveurs pour une question, par exemple, de certificat mal rempli ou de vétérinaire « mal accueilli » à la finca !
Finalement, le problème de cette Feria de Séville, ça n’est pas tellement la question des toros qui sont sortis, mais plutôt le regret de n’avoir pas vu ceux qui n’ont pas foulé le sable de la Maestranza. Par la faute de Pages ou des vétérinaires ?.. Derrière cette question se dissimule certainement la réponse du pourquoi de l’échec de Victorino Martín à Séville.
Disons les choses telles que je les pense: je considère que les vétérinaires, qui ont pris le pouvoir en tauromachie, sont des irresponsables d’un point de vue juridique. Un jugement qui peut parfois également concerner certains fonctionnaires qui sont les présidents de course. Et leur rôle dépasse le simple cadre de la Fiesta Brava…
Le rapport très sévillan qui existait auparavant entre l’organisateur, l’éleveur et le torero est en train d’être mis à mal par ces gens qui sont clairement irresponsables par rapport à ce système.
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Du duel de la temporada entre José Tomás et Miguel Ángel Perera | 28/05/2009 - 22:58:59 |
Il y a un peu plus d’un mois, lors de la corrida du Dimanche de Résurrection, les arènes de Málaga ont été le théâtre d’un mano a mano passionnant qui a ravi les nombreux spectateurs qui avaient pris place sur les gradins de la Malagueta. A 24 heures du retour à Nîmes de José Tomás, je ne peux m’empêcher de repenser à ce mano a mano qui l’a opposé à Miguel Ángel Perera…
Toutefois, je considère que Miguel Ángel Perera est encore trop « jeune » : vouloir entrer dans la problématique de José Tomás et s’approprier sa tauromachie n’est ni plus ni moins qu’un problème de jeunesse… Un « défaut » diraient les plus anciens… On peut perdre un combat un jour et en gagner un autre le lendemain…
La clef du toreo de José Tomás se trouve ailleurs et les réponses auxquelles aspire Miguel Ángel Perera se dissimuleront peut-être au travers de ses échanges avec son apoderado, Fernando Cepeda, qui pourra notamment lui expliquer que la bataille engagée face à José Tomás ne se gagnera pas sur une « simple » surenchère de blessures occultées…
Fernando Cepeda peut apporter la distance nécessaire à Miguel Ángel Perera en cette temporada de « confirmation »…
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De la gestion des étalons par rapport aux vaches qu’ils sont amenés à couvrir et aux objectifs de la ganadería | 27/05/2009 - 23:56:59 |
Dans ma conception ganadera, la notion de toréabilité n’est rien sans la race… Aujourd’hui, nous connaissons parfaitement le niveau de la matrice, matérialisée par les vaches, ce qui nous permet de mieux apprécier la qualité de l’apport de l’étalon. On observe plus facilement ce que le semental apporte et ce qu’il n’apporte pas car ce sont des comportements complémentaires.
Dans tous les cas, il faut s’assurer de conserver le « bon » d’un étalon si l’éleveur est sûr de faire fructifier cette capacité dans un domaine génétique. Ainsi, le ganadero doit être attentif aux « accidents » qui surviennent parfois lors des tentaderos… Ce fut le cas il y a quelques jours de cela avec la deuxième vache qu’a touchée Jean-Baptiste. Dans pareil cas, c’est clair, il ne faut pas garder l’étalon.
Un semental peut certes donner un type parfait, mais si ses comportements ne sont pas à la hauteur de son type, cela pose de gros problèmes. On se retrouve dès lors dans le cas d’élevages qui sortent de très beaux toros mais dont on s’aperçoit qu’ils ne sont vraiment pas bons…
Au sein de l’élevage, le type doit donc toujours être associé aux bons comportements.
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Des déclinaisons bellombresques de l’encaste Domecq | 26/05/2009 - 21:17:16 |
Comme je vous l’avais expliqué il y a quelques semaines de cela, j’ai emprunté à mon ami Gonzalo Domecq deux sementales à titre expérimental. Au bout de cette démarche qui va durer trois mois, j’espère retrouver l’une des grandes lignées que je possédais lors de ma première aventure ganadera, initiée il y a plus d’une quinzaine d’années…
Ce retour auprès de la « maison-mère », Martelilla, signifie-t-il pour autant que nous allons tourner le dos aux lignées de Domecq dans lesquelles nous avons puisé quelques références au cœur de la camada d’un autre ami, José Ángel Santafé Martón ?..
Une constatation s’impose aujourd’hui : si les vaches que nous possédons de Santafé Martón continuent à mal « se lier » avec l’encaste Domecq vers lequel nous n’avons jamais cessé d’aspirer, il est clair que leur avenir sera compté au sein de la ganadería… Cela voudra dire que le travail de sélection sur les vaches ne favorise pas la projection dans le futur. Si cela se confirme, il faudra en effet mettre un terme au chapitre bellombresque de Santafé Martón.
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De la place de la femme du ganadero au sein de l’élevage | 25/05/2009 - 23:35:23 |
Quelques jours avant d’initier le pèlerinage d’El Rocío, l’occasion va m’être donnée de rendre hommage à mon épouse, Sophie, dont la place au sein de la ganadería ne cesse de prendre de l’importance. Experte en matière de chevaux, Sophie connaît de mieux en mieux en l’élevage et prend à présent un certain plaisir du fait des nombreuses connaissances qu’elle a acquises au sein de Bellombre.
Par exemple, elle prend sur son temps pour vivre tous les tentaderos que nous organisons, ce qui n’était toujours pas le cas auparavant. Ainsi, Sophie se donne les moyens de mieux vivre les temps forts qui rythment la vie de la ganadería et c’est très bien ainsi.
Les relations avec nos invités n’en sont que plus privilégiées et l’idée que nous nous faisons à Bellombre de la convivialité s’en trouve également renforcée.
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Le torero de la semaine : Antonio Ferrera | 24/05/2009 - 00:12:27 |
Si je vous dis qu’Antonio Ferrera est aujourd’hui un « jeune vétéran », vous rendez-vous compte que le torero extremeño qui a triomphé des Victorino Martín, en mars dernier, à Castellón de la Plana, totalise désormais 12 ans d’alternative ? Que le temps passe vite…
Antonio Ferrera un torero banderillero, extrêmement physique, qui est capable du plus grand toreo mais aussi d’un toreo bien souvent des plus superficiels. Une spécificité qui caractérise bien souvent les toreros posant eux-même les banderilles…
Le tiers de banderilles demande énormément au torero en termes de dépense physique. C’est pour cette raison qu’Antonio Ferrera peut parfois paraître en manque d’assise sur les premières séries de muletazos… En revanche, c’est un torero capable de toucher le public sur quelques gestes particulièrement inspirés, mais perdus au sein d’une inconstance d’interprétation qu’il sera aujourd’hui bien difficile d’inverser.
Je crois que la résolution du problème, le concernant, devrait passer par un arrêt de la pose des banderilles. Mais en est-il capable compte tenu de sa renommée et des attentes du grand public ?
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De la restructuration du travail de l’équipe depuis le départ de notre mayoral | 24/05/2009 - 00:13:08 |
L’année 2009 est marquée par des caps importants dans la vie de l’élevage et des évolutions inéluctables, indices parfois trop matériels du temps qui passe. Après quatre années de bons et loyaux services au cœur de Bellombre, Sébastien Granier, notre mayoral a décidé de tourner la page et de mettre un terme à son aventure personnelle au sein de la ganadería.
Les gens vont et viennent au sein de l’élevage, ils trouvent leur place, effectuent un bout de parcours à nos côtés puis s’en vont lorsque les aléas de la vie nous placent face à d’autres obligations…
Quoi qu’il en soit, l’équipe de la ganadería est restée soudée depuis ce départ en continuant de respecter les six points qui font l’unité du mode de fonctionnement au sein de l’élevage… Ainsi, il a fallu trouver un remplaçant à Sébastien, uniquement sur la partie consacrée au manejo… Pour toute le reste, la ganadería a su s’auto-paramétrer sur des points désormais bien inscrits dans les us et coutumes de toutes celles et ceux qui « mettent la main à la pâte » : nourrir les bêtes, s’occuper des terres, maintenir un bon niveau sanitaire, préparer l’alimentation en amont…
Actuellement, nous sommes dans ce que je nommerai une « période d’essai » avec quelques personnes. Toutefois, les gens qui viennent ici, à Bellombre, comprennent beaucoup mieux ce que l’on doit faire et avec un niveau d’exigence qu’ils intègrent beaucoup mieux parce que nous n’avons pas à le leur présenter… Les choses sont beaucoup moins complexes car bien mieux intégrées…
A ce jour, nous n’avons pas de mayoral officiel, même s’il y a actuellement quelqu’un capable de prendre en main l’élevage s’il parvient à sortir de son « apprentissage camarguais » et à évoluer vers ses nouvelles responsabilités. Le principal intéressé le sait lui-même, il lui reste encore pas mal de travail à accomplir et de progrès à effectuer, notamment à cheval… C’est là que réside la grande différence entre la Camargue et l’Espagne : à cheval, en Camargue, on pousse le troupeau, alors qu’en Espagne on le conduit. Le taureau Camargue va en effet être poussé grâce au jeu des simbeù, sur une relation de « stress dynamique », alors que le toro brave va calquer son rythme sur celui que donnera le cabestro… Le mayoral indique une direction.
Toutes ces données ne s’apprennent pas en un seul jour… C’est pour cette raison que je prendrai une décision définitive sur ce sujet dans quelques mois…
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Répertoire – Le terme de la semaine : le toque | 23/05/2009 - 05:49:17 |
Contrairement à une idée qui peut se répandre dans l’esprit de quelques aficionados, il ne faut jamais « agresser » le toro. Un mauvais toque correspond à une sollicitation trop violente de la part du torero, qui va surprendre exagérément le toro. S’ils s’estiment trop « agressés », certains toros peuvent même quitter le terrain de l’homme…
Ainsi, il est nécessaire d’établir une distinction entre les toros dont il faut « aspirer » la charge et ceux dont l’embestida doit être véritablement toquée, avec un mouvement de cape ou de muleta bien distinct.
Le toque correspond donc à une demande de la part du torero, en direction de l’animal, d’initier une passe ou une série de passes, mais sous la forme d’une invitation. Toutefois, le toque tout seul ne veut rien dire, car pour avoir du sens, celui-ci doit être sonore mais aussi être en lien avec une situation du corps. Le toque fait partie de l’une des déclarations du torero où l’on retrouve son corps, sa voix et sa main, face au toro.
Toutefois, il est tout à fait normal « d’agresser » par le toque certains toros qui le nécessitent, en fonction de leur degré de bravoure ou de race, notamment dans le cas de la lidia des mansos. Le torero va « obliger » un toro brave et ne pas « l’obliger » s’il a affaire à un manso. Mais s’il peut faire l’une de ces deux actions, c’est parce que le corps et la voix auront été là…
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De la réaction par rapport à la grave blessure subie par Alberto Aguilar | 21/05/2009 - 23:13:44 |
Vous le savez certainement, une grande amitié s’est tissée depuis quelques mois maintenant entre notre élevage et Alberto Aguilar, dont la carrière est gérée par Stéphane Fernandez Méca. Malheureusement, en effectuant un saut malheureux au-dessus d’une barrière chez un ganadero français, Alberto a subi une rupture des ligaments croisés du genou droit. Une blessure qui ne pardonne pas chez les sportifs de haut niveau.
Après plusieurs hésitations, la décision, difficile à prendre, a été officialisée : Alberto Aguilar passera sur le billard pour une opération des plus délicates, synonyme de fin de saison avant que celle-ci n’ait commencé. Cruelle désillusion pour ce jeune torero qui avait tant semé en 2008 pour récolter cette année les fruits de ses efforts… Je le revois encore, il y a un mois et demi, officier lors de l’un de nos tous premiers tentaderos de l’année à Bellombre…
C’est dans cette triste histoire que réside également tout le romantisme du toreo… Même dans un tentadero, Alberto va s’impliquer avec sa passion habituelle, en s’impliquant à 100%. La prise de risques occasionne bien souvent des pépins qui peuvent se traduire en piste de différentes manières. Sur ce coup, Alberto a touché le très mauvais numéro. Aujourd’hui, au plus haut niveau, on observe à l’instar que les plus grandes équipes de football et de rugby totalisent beaucoup plus de joueurs blessés à l’entraînement qu’il y a trente ou quarante ans en arrière… La notion de plaisir et de travail est de plus en plus comprise dans les entraînements, dont les phases sont censées être répétées lors des rencontres.
En ce sens, je considère qu’Alberto Aguilar est un torero du futur car il répète beaucoup plus ses « gammes » à l’entraînement que n’importe quel autre de ses confrères, il y a vingt ou trente ans de cela.
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De ce qui est attendu d’un « second » lors d’un tentadero | 20/05/2009 - 20:36:47 |
Le rôle du « second » ne doit pas être pris à la légère lorsqu’un ganadero organise un tentadero. Récemment, à Bellombre, ce poste a été occupé par un becerrista, Morenito d’Istres, mais également par le plus practico des hommes d’église, j’ai nommé le père Jacques Teissier. Même si le torero officiant a révélé les qualités d’une vache, le « second » ne doit jamais céder à une quelconque facilité et se dire que « péguer » des passes à une bonne vache est une chose innée…
Certaines vaches ont su remettre à leur place quelques « seconds » qui arrivaient en piste en terrain « conquis », sûrs de pouvoir briller. La bravoure et la noblesse d’une vache remettent bien des choses à leur place dès lors que la personne qui tient la muleta laisse s’exprimer une once de doute.
Derrière le profil du « second » demeure la poésie du maletilla… A mes yeux, le « second » ne doit pas être automatiquement un élève d’école taurine même si j’invite fréquemment les jeunes issus de ces dernières. A vrai dire, je considère que le rôle du « second » doit s’inscrire dans une forme de quête et de travail personnel vers l’exercice-même du tentadero…
Hier, Juan Leal, aujourd’hui Jacques Teissier, demain Morenito d’Istres… Ils sont nombreux et il y en aura d’autres ! Je fais en sorte qu’ils accomplissent leur chemin personnel pour s’approcher de l’élevage. A un moment donné, l’initiative doit également venir du « second »… Ce dernier ne doit pas forcément attendre que le ganadero lui lance une invitation, lui aussi doit se positionner et se tenir informé des possibilités qui pourraient s’offrir à lui. Selon moi, la place du « second » puise son sens dans la tension du maletilla.
Être « second », ce n’est pas un dû. C’est une volonté.
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De la nouvelle appellation du Mas de Bunny : le Domaine des Âneliers | 19/05/2009 - 21:32:12 |
Ca y’est ! la fumée blanche vient de s’élever au-dessus de Bellombre : le mas de Bunny n’est plus, vive le Domaine des Âneliers ! Les terres sur lesquelles paissent nos vaches de ventre ainsi que les principaux étalons de la ganadería portent désormais cette nouvelle appellation. Un nom plus traditionnel et qui sied un peu plus aux belles étendues qui s’étirent dans le décor unique des Alpilles naissantes…
Au XIXe siècle, il faut savoir que la garrigue était cultivée et que le bois qui y était ramassé servait à l’alimentation des cheminées des boulangeries et des restaurants. Tout ce bois était, à l’époque, acheminé à dos d’âne. De la même manière que les drailles étaient des chemins de passage royaux, libres, et situés dans la plaine, les chemins des ânes étaient, pour leur part, plus situés dans la montagne…
Les ânes étaient donc parqués près des lieux où l’acheminement du bois était devenu une activité première. Ce qui était le cas au travers de la montagne des Alpilles, où certaines de nos bêtes vivent actuellement. D’où cette « nouvelle » appellation – en lien direct avec l’Histoire – du Domaine des Âneliers…
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Du ressenti profond de la saison des premiers tentaderos | 18/05/2009 - 23:02:50 |
Le printemps serait-il la saison idéale pour les tentaderos ? Je le crois très sincèrement à l’heure où j’écris ces lignes, en cette chaude fin d’après-midi, où le ruedo de l’arène de tienta de Bellombre a encore une fois fourmillé de mille détails…
Cela fait désormais plusieurs années que nous travaillons sur les six éléments qui constituent l’élevage… Depuis le début de l’année, nous avons beaucoup évolué sur la gestion des terres, notamment concernant le domaine des Aneliers, du côté de Mouriès, mais aussi la propriété de Jonquières-Saint-Vincent – où nous avons nos tête de bétail de race Aubrac –, le travail sur les parcelles d’herbe, les installations, sans oublier le manejo.
Nous avons également accompli un travail majeur sur « les hommes de l’élevage »… Beaucoup de ganaderías seraient mortes, dans les mêmes conditions, alors qu’en réalité notre élevage va encore grandir. On gravit des escaliers, et, arrivé au pallier supérieur, soit on redescend, soit on trouve la force nécessaire pour continuer la marche en avant.
Aujourd’hui, nous sommes tellement décomplexés par rapport à la gestion des six éléments auxquels je faisais référence précédemment que nous avons pu passer certaines tempêtes au cours de l’hiver…
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Le torero de la semaine : Sánchez Vara | 17/05/2009 - 23:49:04 |
Une semaine après avoir évoqué les frères Rivera Ordóñez dans ces mêmes colonnes, voilà un torero à la trajectoire bien différente de celles de Francisco et de Cayetano. A tous points de vue…
Aguerri dans les arènes les plus poussiéreuses et face aux toros les plus rugueux, Francisco Javier Sánchez Vara est parvenu à s’imposer l’an passé dans la plupart des arènes espagnoles de 1e catégorie, lui qui jouit d’un cartel déjà appréciable dans notre pays.
Sánchez Vara fait partie des toreros qui savent exactement où est leur place, ils ont faim et il faut qu’ils existent. Pour ce faire, ils prennent les segments tauromachiques qu’on leur réserve… Dans ce créneau des courses dites « dures », Sánchez Vara s’est taillé une part importante. Encore faudra-t-il, s' il veut rester au niveau où il s' est hissé être capable de ne pas simplement toréer droit et savoir aussi aussi lier dans l' arc du cercle un toro noble qui mérite qu'on lui coupe l'oreille, comme hier à Madrid A l’instar, beaucoup de toreros français sont actuellement dans la même configuration de Sánchez Vara, même s’ils toréent beaucoup moins. Suerte à eux pour 2009...
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Des enseignements des deux derniers tentaderos avec Francisco Marco et Juan Bautista | 16/05/2009 - 21:08:57 |
Il est particulièrement agréable de tienter à Bellombre dès lors que le printemps a intronisé son sacre… Les derniers tentaderos que nous avons organisés, en pleine semaine, nous ont également permis d’apprécier l’évolution de la qualité de sélection vers laquelle notre élevage tend. Aujourd’hui, il nous est désormais possible de juger clairement l’apport de chacun de nos reproducteurs, à la base…
C’est un niveau de convergence que les grandes ganaderías espagnoles possèdent, mais sur des camadas beaucoup plus grandes que la nôtre, avec pas moins de 700 vaches, sur lesquelles on peut voir exactement ce que le mâle va apporter.
Notre réussite réside dans le fait d’avoir atteint ce degré de lisibilité avec seulement 80 vaches, ce qui est très bien mais aussi et surtout très encourageant eu égard au chemin qu’il nous reste à accomplir.
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Répertoire – Le terme de la semaine : natura blanca | 15/05/2009 - 14:07:59 |
Lors du dernier herradero, les personnes qui ont découvert la cérémonie du marquage des bêtes à Bellombre, ont sans doute entendu Beatriz, l’une des vétérinaires de la Unión de Criadores de Toros de Lidia, employer l’appellation de « natura blanca » pour désigner la couleur du sexe de certaines vaches…
Ce terme, ô combien poétique, est intimement lié à une des caractéristiques physiques de l’encaste Núñez. On trouve en effet dans cette rame une large palette de couleurs.
Parfois considérée comme un « accident » – car relativement rare –, la natura blanca désigne donc le sexe d’une vache qui présente une majorité de poils blancs. Notre élevage fait donc partie des rares où l’on regarde avec attention le sexe des vaches. A Bellombre, la description des robes ne s’arrête pas à la seule couleur des poils sur les flancs, le poitrail ou la tête… On s’intéresse aussi à la rareté des « natures blanches ».
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De l’arrivée de deux nouveaux mâles de Gonzalo Domecq au sein de l’élevage | 14/05/2009 - 21:20:24 |
Quelques semaines après l’arrivée à Bellombre de deux jeunes mâles issus de l’élevage de Manolo González, j’ai entrepris à nouveau un travail spécifique sur l’encaste Domecq qui est le nôtre, en lien direct avec la ganadería de Martelilla. Comme nous ne sommes plus bloqués par les contraintes sanitaires liées à l’épizootie de fièvre catarrhale, j’ai pu faire l’acquisition de deux erales de Gonzalo Domecq, qui paissent aujourd’hui sur nos terres.
Cette venue s’explique par le travail que nous menons de pair avec Gonzalo Domecq : ces deux erales s’appellent Umaredo et Narigudo.
Au côté d’Ignacio González, j’avais travaillé sur deux lignes de sang spécifiques de notre encaste Núñez : une plus dans le type du Núñez-Rincón, et l’autre plus en lien avec celle du toro n°23 et du fameux Arrumbadero, l’un des grands mâles de l’élevage d’Occitania qui est resté la propriété de Simon Casas au moment de notre séparation ganadera. Un toro que je regrette d’autant plus que Simon ne l’a pas gardé…
Avec Gonzalo, j’ai travaillé sur la lignée du reproducteur n°20, mais aussi sur celle, beaucoup plus contemporaine, des toros de Martelilla qui ont été graciés au cours des dernières années. En fait, je travaille sur différents aspects ; bien évidemment, le type mais aussi le contenu des futurs animaux. C’est grâce à certaines lignées prestigieuses de Gonzalo Domecq que j’ai pu avoir des vaches aussi supérieures que celles croisées récemment, en tentadero, par Juan Bautista et Francisco Marco. Le père de ces vaches a en effet conféré jusqu’à présent à ses produits un grand niveau de bravoure et de toréabilité, mais aussi et surtout de la classe.
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De la triste fin d’un toro de Miura, abattu par la Guardia Civil | 13/05/2009 - 23:42:07 |
Nous avons appris, la semaine dernière, ce triste accident qui s’est produit sur la commune de Lora del Río… Un toro de Miura, qui avait sauté plusieurs fois la barrière de son enclos, s’est retrouvé sur la route, face à une voiture de la Guardia Civil. Se sentant en danger, les représentants des forces de l’ordre, plutôt que d’appeler le ganadero ont choisi la voie de la facilité en ouvrant le feu sur l’animal, et en l’abattant, sans autre forme de procès.
A l’annonce de cette nouvelle, Antonio Miura a dû véritablement ressentir la désespérance de ceux qui savent ce qu’est la culture du taureau de combat.
Que la Guardia Civil – qui, soit dit en passant, assiste à tous les herraderos qu’organise Eduardo Miura – ouvre ainsi le feu sans passer un coup de fil à l’éleveur me laisse sans voix. Ces personnes connaissent parfaitement cette partie de la commune de Lora del Río et l’élevage du toro qui y est pratiqué depuis plus de 150 ans. On me rétorquera l’état de légitime défense dans le cas où le toro charge… Je peux l’entendre…
Toutefois, en tant qu’éleveur, je ne peux qu’éprouver de la tristesse pour un toro qui est mort pour rien et qui n’a plus sa place hors la finca.
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L’arène de la semaine : Rieumes | 12/05/2009 - 20:29:25 |
Dans un mois et demi, nos erales vont fouler le sable des arènes de Rieumes, dans le cadre d’une novillada sans picadors que je souhaite des plus entretenues… Rieumes, cité de Haute-Garonne qui se bat depuis plus de dix ans contre vents et marées afin de faire valoir la légitimité de son identité taurine… Une feria qui évolue et qui change de date : oubliée la traditionnelle « novillada de rentrée », place désormais à un véritable cycle installé en tout début d’été !
Ces arènes symbolisent parfaitement l’identité de la passion : grâce à leur action, des centaines de bénévoles ont permis à la feria de devenir réalité. Je suis très heureux d’y participer… Notre élevage est présent dans toutes sortes d’événements, que ce soit dans des grandes arènes ou dans des plazas de taille plus modeste, comme lors du festival d’Arzacq-Arraziguet, en début d’année…
Notre ganadería se retrouve dans ces valeurs car elle est repartie de zéro il y a tout juste neuf ans… Avoir créé Arzacq hier était une grande idée, et être présent demain à Rieumes est une belle chose. Deux exemples qui illustrent la passion de l’afición, quels que soient les acteurs…
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Des nouvelles clôtures installées sur certaines parcelles de l’élevage | 11/05/2009 - 22:28:07 |
C’est avec quelques encablures de Raphèle-les-Arles que se trouvent les parcelles de terre de l’ancien mas de Bunny que nous avons récemment débaptisé pour une appellation aux accents plus romantiques… J’aurai l’occasion d’y revenir prochainement.
C’est sur ces terres, en contrebas des Alpilles que nous avons installé la plupart de nos vaches destinées à la reproduction ainsi que quelques-uns de nos étalons. Afin de rehausser le niveau de manejo mais également renforcer la sécurité du site, nous avons procédé à la mise en place d’un nouveau système de clôtures qui répond aux exigences que notre élevage s’est fixé.
A l’origine, nous étions partis sur un système de clôtures classiques, composées de piquets, de barbelé et de traverses, pour en arriver aujourd’hui à un grillage rectangulaire beaucoup plus résistant. J’y ai ajouté un travail spécifique sur l’électricité en m’inspirant d’une méthode appliquée chez Gonzalo Domecq. Un système que j’ai mis en place en haut et à l’intérieur des terres.
Ainsi, le simple grillage permet d’être dissuasif avec les veaux alors que l’électricité aura tendance à repousser les bêtes plus âgées qui auraient tendance à trop s’approcher de la clôture.
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Le torero de la semaine : Cayetano | 10/05/2009 - 23:09:38 |
Il y a quasiment un an, Cayetano Rivera Ordóñez se révélait aux yeux de l’afición madrilène en obtenant un succès estimable lors de sa confirmation d’alternative sur le sable de la Monumental de Las Ventas.
Cayetano est l’archétype du torero « très espagnol », qui s’appuie sur un créneau « people » bien référencé aux yeux de l’opinion publique. Ce torero véhicule pleinement les symboles liés à la feria en tant que rassemblement populaire par excellence.
Triomphateur à Olivenza en début de saison, Cayetano s’est justifié par la suite en coupant une oreille face à des publics réputés plus exigeants à Valencia, Castellón de la Plana et Saragosse.
A travers ses gènes, c’est une véritable dynastie torera que représente Cayetano. C’est un torero très courageux mais dont la technique repose sur le tremendisme de celui qui sait peu et sur le succès de l’homme public, mannequin d’Armani, qui fait parler de lui en dehors de l’arène…
Sa tauromachie n’est pas celle dans laquelle je me retrouve, ce qui n’enlève en rien ses qualités propres, car c’est un torero qui se donne à fond et qui a déjà pris des coups de corne… Tout comme son frère aîné Francisco, la légitimité en piste de Cayetano ne porte plus sur le toreo. Ce ne sont pas les deux frères toreros que l’on va voir mais les deux « belles gueules » et en savoir un peu plus sur tout ce qui a pu se dire sur eux, avant la course, dans les colonnes des magazines glamour dont regorge la presse espagnole…
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Mieux comprendre la notion ganadera du rafraîchissement du sang au sein d’un élevage | 09/05/2009 - 19:29:20 |
Le terme même de « rafraîchissement » renvoie à une action spécifique, à mes yeux indispensable au sein d’une ganadería… Par cela, je veux dire qu’il est important, à un moment, de ne pas aller au-delà d’un certain niveau de consanguinité.
On n’est pas là pour figer des élevages, mais bien pour les faire évoluer…
Le travail opéré sur des lignes de sang issues d’autres élevages permet de mieux appréhender le toro et ainsi d’ouvrir des perspectives sur une tauromachie différente. Le rafraîchissement permet ainsi de découvrir le travail de sélection qui a été opéré par d’autres ganaderos sur un modèle quasi-identique. C’est une forme d’enrichissement, à tous les sens du terme…
Ce choix participe à l’évolution du toro… Si le toro brave évolue, ce n’est pas uniquement parce que l’éleveur aura conservé ses meilleures vaches, c’est aussi parce que celui-ci aura apporté, à un moment donné, les reproducteurs « étrangers », nécessaires pour faire avancer la ganadería beaucoup plus vite. Cet apport extérieur peut parfois s’avérer capital dans la projection de la vie de l’élevage, si tant est que le choix du ganadero ait été judicieux.
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Répertoire – Le terme de la semaine : el trato | 08/05/2009 - 23:09:05 |
Je reviens sur les appellations ganaderas que j’avais quelque peu mises de côté au cours des dernières semaines…
En tauromachie, le trato doit être considéré comme une forme d’accord entre l’homme et l’animal… Il correspond à un objectif à terme entre deux personnes, mais aussi entre une arène et un élevage, ou encore entre un torero et une ganadería.
Le trato confère un formalisme… Ce n’est pas par hasard que l’on rencontre la tauromachie. Cela s’établit toujours sur une base contractuelle : une poignée de mains, un accord écrit ou verbal, une date, une heure, un rythme. Même s’il relève du formalisme ou d’une formalité, le trato peut également se baser sur une forme de « picaresque »…
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Des notions ganaderas du són et de la música | 07/05/2009 - 23:57:26 |
En évoquant la différence qu’il existait entre les encastes Domecq et Núñez, j’ai souvent employé les termes de són et de música pour qualifier le rythme de charge propre au Núñez. La relation chorégraphique entre le Domecq et le Núñez n’est pas à mes yeux basée sur un rythme « collaborateur » : le Domecq sera sur le tranco, à savoir une structure rythmée, très cadencée, sur laquelle le torero pourra très facilement se resituer par rapport au toro qui va lui apporter cette collaboration. Dans cette configuration, le rythme est régulier.
A l’opposé, le Núñez va développer le rythme que le torero exprimera. En un mot, si le torero n’est pas toro au fond de lui-même, il va se faire manger par son adversaire… On dit alors que le Núñez se trouve sur du són, à savoir sa propre musique : ce toro a atteint un tel niveau d’obéissance qu’il va aller là où le torero a décidé qu’il ira… Mais si le torero ignore les moyens nécessaires pour le faire aller à l’endroit où il doit aller, les gens vont rapidement se rendre compte que le dit-torero est plutôt fait pour la « maçonnerie » que pour la torería…
La música, c’est cela : si le torero se lâche réellement face au toro de Núñez, il va se grandir face à ce dernier… Les grands toros de Núñez ont fait les grands toreros : « Guitarra », qui a révélé Espartaco, à Séville… Ce toro a été un collaborateur musical et chorégraphique car Espartaco, qui n’était rien jusqu’alors, avait également des choses à dire face à lui…
Maintenant, si le torero préfère des faenas au tracé régulier basées sur le modèle « quatre séries, le pecho, je m’en vais, je me replace, quatre séries, le pecho je m’en vais, je me replace, etc. », mieux vaut en effet un toro de Domecq…
C’est pour cette raison que dans ce type de tauromachie on voit énormément de types de toreo évoluer sur la « race » plutôt que sur la música : c’est le chemin qu’a emprunté El Juli, et qui est bien différent de celui d’Enrique Ponce ou de Juan Bautista, qui tendent plus vers la « musique », cette tauromachie de temple…
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Des explications sur la présence de notre élevage à la prochaine Feria de Béziers | 06/05/2009 - 23:42:46 |
Dans un peu plus d’une semaine, Robert Margé va annoncer les cartels de l’édition 2009 de la Feria de Béziers en sa qualité de directeur des arènes de la cité chère à Paul Riquet. Un poste qu’il occupe depuis maintenant vingt ans…
Certains d’entre vous s’interrogeront peut-être sur la présence de notre ganadería dans les combinaisons de cette feria. En effet, comme cela avait déjà été le cas par le passé – mais sous une autre appellation – nos novillos fouleront à nouveau le sable des arènes du Plateau de Valras, le 16 août 2009, en matinée… Aux yeux de quelques aficionados, cette présence s’expliquera par le jeu donné par certains de nos erales lors de la novillada sans picadors de Bayonne qui avait été lidiée lors de la dernière Feria de l’Atlantique… Pourtant, l’origine de cette programmation puise ses racines de manière plus profonde, avec l’évocation d’une autre feria organisée par Robert Margé.
C’est en juillet 2006, sur les bords de la Garonne, que nos novillos ont, semble-t-il, marqué les esprits, lors de la Feria de Fenouillet. Nous avons, ce matin-là, présenté ce que les professionnels taurins appellent une « grande novillada » et je crois que Robert Margé nous estime prêts pour revenir dans une arène française d’importance. Il a vu le lot pendant l’hiver et m’a ainsi donné son feu vert, permettant ainsi à la ganadería de franchir un pallier supplémentaire.
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Du souvenir des grands novillos qui ont déjà marqué la vie de notre élevage | 05/05/2009 - 23:32:32 |
La Ganadería Meynadier est encore jeune, puisqu’elle n’a pas encore fêté son dixième anniversaire ! Inscrite en qualité d’aspirante à la Unión de Criadores de Toros de Lidia, notre ganadería a pourtant d’ores et déjà connu quelques moments de grande importance. Parmi ces derniers, je ne suis pas près d’oublier celui de Fourques et de ce festival taurin, organisé autour de Stéphane Fernandez Méca, qui avait mis un terme à la temporada 2005…
Un grand novillo, certes, mais un novillo qui avait rencontré ce jour-là des gens qui n’étaient pas en mesure de le toréer comme il se doit. C’est malheureusement le cas de ces novillos dont on passe souvent à côté car la toréabilité de l’animal n’est pas révélée au grand public, par manque de capacité. Ce sont les genres de toros que seuls les grands toreros sont en mesure de révéler.
On peut également avoir de grands moments d’émotion avec un toro qui répète de façon continue… Celui-ci est tellement collaborateur qu’il peut pardonner le manque de recours technique de l’homme. Mais cela pose une question : vient-on aux arènes pour voir un toro supérieur au torero ? Il ne faut toutefois pas oublier la recherche essentielle en la matière : un accouplement au même niveau entre l’homme et l’animal. D’où la nécessité d’avoir de bons toreros, que ce soit dans une course ou lors d’un tentadero…
Un sentiment que j’ai ressenti à nouveau, un peu plus d’un an et demi après le festival taurin de Fourques lors de la novillada sans picadors de Mont-de-Marsan. Le meilleur eral de la matinée a été toréé d’une certaine manière et la majorité du public n’a peut-être pas vu les qualités réelles de cet animal… Heureusement, Paco Ojeda est venu me réconforter à l’arrastre pour me donner sa vision des choses. J’ai eu la faiblesse de lui faire confiance et de donner du crédit à ses paroles.
Un fait qui s’est répété un peu plus d’un an plus tard, à Bayonne, avec un très bon novillo, qui répétait et qui mettait la tête en bas, mais qu’on n’a pas pu voir. Ce matin-là, quatre grands éleveurs présents dans le callejón ont applaudi à tout rompre, mais ils étaient les seuls… Car ce sont les seuls à avoir vu plus que ce que le public a vu. Les spectateurs ont vu quelque chose qui étaient bien mais ce n’était pas ça qu’il fallait voir. Cet eral aurait pu devenir un grand toro…
Même en novillada sans picadors, on se projette toujours sur la corrida de toros, qui demeure l’objectif essentiel pour un ganadero.
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De la capacité de l’éleveur à produire des étalons issus de sa ganadería | 04/05/2009 - 23:22:12 |
On sait que les éleveurs sont jugés sur la longue durée sur leur capacité à produire des sementales porteurs de leur propre fer… Un objectif atteint depuis de nombreuses décennies par les ganaderías pleinement implantées et dont le niveau de sélection a permis de sélectionner un encaste à part entière.
Concernant mes propres objectifs, je compte bien cette année garder un mâle d’origine Núñez afin d’en faire un reproducteur. Pour 2010, la camada devrait atteindre une trentaine de bêtes, ce qui me permettra, en théorie, de garder deux nouveaux toros d’origine Domecq en tant qu’étalons.
Cette quête des sementales est très importante afin de fixer l’élevage. Même si j’ai fait l’acquisition de deux jeunes machos porteurs du fer de Manolo González, je demeure très attaché à la production d’étalons « maison ». Leur sélection revêt donc un aspect capital… J’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet dans les prochains mois…
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De la gestion des vaches qui n’ont pas été prises par l’étalon | 03/05/2009 - 22:06:33 |
Grâce au travail du docteur Alain Nivot, nous pouvons contrôler l' état de gestation des mères et, ainsi vérifier la fertilité de nos étalons tout en nous assurant du bon mode de fonctionnement du cycle ovarien de nos vaches. Toutefois, il arrive que certaines de nos reproductrices ne puissent être prises par le semental au cours des deux mois de cubrición… Généralement, les raisons de cet échec s’expliquent par l’âge ou le manque d’adéquation des vaches avec un mâle en particulier. Certains de nos étalons, parce que trop âgés, ne sont plus en état physique de monter les vaches… Il faut donc les remplacer.
Dans ce cas précis, nous remettons les vaches qui n’ont pas été prises avec l’étalon deux mois après la période de cubrición précédente. Cela nous laisse le temps de traiter les vaches en les stimulant d’un point de vue hormonal et alimentaire afin de favoriser l’accouplement.
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De la venue à Bellombre de nos amis internautes | 02/05/2009 - 01:51:49 |
Je vais profiter de ce 1er-Mai pour envoyer non pas quelques cloches de muguet, mais bien quelques bouquets de fleurs en direction des amis aficionados qui ont osé pousser les portes de Bellombre. Je sais que certains ganaderos cultivent une certaine réticence à l’idée de montrer « leur » élevage, mais je considère qu’il est primordial de révéler au grand jour la réalité de notre activité. Notre métier est formidable, pourquoi ne pas en faire profiter d’autres personnes qui en ignorent les aspects ?
Lors du dernière marquage, ce sont deux de nos fidèles amis blogueurs, Régine et Bruno, qui ont découvert la réalité de l’herradero, au grand air, et sous le soleil de Bellombre ! Bruno a aligné des centaines de kilomètres pour rallier Raphèle-les-Arles, bien distante de ses Landes chéries, en récupérant au passage Régine, aficionada de Midi-Pyrénées ! Voilà une belle histoire d’afición comme je les aime…
Cela prouve que la curiosité et la sympathie débouchent sur de véritables rencontres. C’est bien qu’Internet nous permette de tendre la main à des personnes qui n’oseraient peut-être pas franchir le pas et ainsi venir nous voir, ici, au milieu des toros et des chevaux, sous les platanes de Bellombre.
Je le rappelle encore une fois dans ces colonnes, mais tous les gens qui viennent au nom de notre site seront reçus ici au mas, avec beaucoup de simplicité, mais avec la joie que notre présence sur cette « toile virtuelle » permette la mise en œuvre d’une relation physique entre des personnes… Hier, ces dernières n’étaient que des signatures de contributions, aujourd’hui, ce sont des personnes que nous sommes heureux de recevoir à Bellombre !
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Sur les chemins du Rocío… | 02/05/2009 - 02:12:53 |
Le décompte a débuté avant de prendre la direction d’El Rocío, avec nos attelages, pour ce pèlerinage de Pentecôte qui demeure pour nous un des temps forts de l’année… Aller au Rocío, lorsqu’on part de Huelva, c’est simple, à condition de bien connaître la route, il faut toujours aller tout droit… Cela me rappelle une anecdote…
Des pèlerins de Huelva, des onubenses conduisaient un attelage important, formé avec dix mules placées l’une devant l’autre. Ni une de plus, ni une de moins… Dix mules particulièrement puissantes dont on ignore parfois la réalité de la force… Imaginez les neuf premières qui prennent une même direction alors que la dixième refuse de tourner sur une voiture qui ne possède que deux roues. Cela peut occasionner quelques dégâts…
A la différence, les frères de la hermandad de Sanlúcar de Barrameda conduisent des attelages composés de cinq mules, disposées sur le modèle « 3 + 2 », ce qui assure une meilleure maîtrise d’une voiture hippomobile composée de quatre roues.
Avant d’arriver au Rocío, les pèlerins entament la dernière portion difficile avec une section de marais particulièrement impressionnante… Afin d’en sortir, il y a une piste surélevée d’1 mètres afin de faciliter les démarches des attelages et ainsi d’éviter quelques drames…
Une année, à cet endroit précis, un tracteur s’arrête là, car la nuit est déjà tombée et les pèlerins n’ont pas envie d’avancer plus du fait de leur état de fatigue. Car ne l’oublions pas, ce pèlerinage est une véritable épreuve physique, particulièrement difficile à vivre…
Au clair de lune, les gens se mettent à chanter et à boire, mais un autre pèlerin originaire de Huelva arrive à cet endroit et décide de passer ! Il engage ses mules et, d’un coup, la voiture chavire et tombe dans l’eau de la marisma ! « Adieu veau, vache, cochon, couvée » aurait écrit La Fontaine… Dans ce cas précis, c’était plutôt la voiture et son riche contenu…
On s’est battus pendant près de trois-quarts d’heure pour prêter main forte à l’infortuné pèlerin et surtout maintenir la tête de la mule hors de l’eau… Pour la sauver, on a coupé le harnais de sécurité… contre le gré de son propriétaire, originaire de Huelva… Vous comprenez, il l’avait acheté pour 200 euros !
On peut parler de mentalité et de culture en fonction de l’appartenance de la hermandad… Huelva fait partie de ces singularités du pèlerinage d’El Rocío…
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De l’explication personnelle des fuites des bêtes après le marquage | 01/05/2009 - 23:03:11 |
Le dernier herradero qui s’est déroulé à Bellombre il y a tout juste deux mois a été marqué par quelques événements surprenants. Alors que la mi-journée était largement avancée et que notre rythme de marquage s’était nettement accentué, certains jeunes mâles ont sauté quelques clôtures, au bout du couloir de marquage, quelques minutes après avoir été libérés…
On peut évoquer l’usure des clôtures, et c’est une réalité… Mais la raison majeure de ces fuites demeure à mes yeux le manque de manejo en amont. Nous avons certainement manqué d’anticipation dans la manière de conduire le troupeau depuis le début de l’année… Cela s’est traduit lors de l’herradero par ces fuites qu’il a bien fallu résoudre par la suite. Nous avons bataillé pour récupérer les fugitifs, avec tout le matériel nécessaire – notamment des seringues hypodermiques – pour endormir les animaux et les ramener dans leurs prés.
La clôture n’était plus un frein pour certains de ces animaux, ce qui explique l’aisance avec laquelle quelques-uns d’entre eux ont sauté la barrière du couloir de marquage… C’est un fait très grave car il s’est inscrit dans leur mémoire : si ces animaux l’ont fait une fois, ils seront capables de le refaire une seconde fois…
Je souhaite vraiment que nous ne rencontrions plus de tels problèmes, et cela passe par une seule chose : rehausser comme il se doit le niveau de manejo. Une action que j’ai rappelée à Cédric, Caroline ainsi qu’à toutes les personnes qui oeuvrent au sein de la ganadería et qui sont quotidiennement au contact des bêtes…
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Du rythme adopté lors du dernier herradero | 29/04/2009 - 23:42:11 |
Je n’ai que peu l’occasion de revenir sur le marquage de nos bêtes qui s’est déroulé le 28 février dernier car l’actualité n’a assurément pas manqué depuis cette date… Une semaine après cet herradero, toutes nos pensées étaient tournées vers le festival taurin d’Arzacq-Arraziguet et il m’était, dès lors, difficile de revenir en priorité sur un des temps forts de la vie de la ganadería, désormais pleinement inscrit dans les habitudes des professionnels et des amateurs qui oeuvrent au sein de notre élevage.
Si je dois évoquer à nouveau cet herradero, je ne peux m’empêcher de penser aux évolutions que notre élevage a connues depuis ces quatre dernières années… De nouvelles personnes y ont participé et je trouve cela très bien… De plus, nous disposons d’installations telles que les personnes qui y participent peuvent rapidement trouver leur sitio et entrer dans un « bon rythme ». Quelque chose de primordial à mes yeux…
Chacun fonctionne avec sérieux, animé d’un ressenti que certains découvrent parfois face à la réalité de l’herradero… Aujourd’hui, lorsque nous marquons une bête, nous parvenons à faire dix actions différentes sur la vache ou l’añojo, là où d’autres n’en font que quatre ou cinq… Cela passe par le marquage, les vaccinations, l’escoussure, le « plombage intestinal », le manejo inhérent à toutes ces opérations…
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Du ressenti du Coto de Doñana pendant le pèlerinage d’El Rocío | 28/04/2009 - 22:58:30 |
Avant de revenir à des considérations purement taurines, je vous propose d’évoquer à nouveau le pèlerinage d’El Rocío qui me concerne au premier chef puisque je m’y trouverai dans tout juste un mois…
Les chemins du Rocío permettent aux pèlerins de traverser l’une des plus belles réserves naturelles d’Europe, se trouvant sur la province de Huelva et débordant quelque peu sur le territoire voisin de Séville. Chaque pèlerin a un rapport personnel avec le coto : physiquement parlant, on le ressent chaque année, avec l’âge qui s’accentue… Je le connais depuis près de trente ans…
Ce coto se vit sur les fatigues, sur les regards, sur les images, sur les jeunes qui arrivent et qui propose un mélange de temps véritablement exceptionnel…
La première fois, le pèlerin va être submergé par la beauté de ce lieu magique : on y trouve une variété de territoires exceptionnelle… Cet espace me rappelle d’ailleurs l’Afrique : « la première, à gauche, après l’Espagne ! ». C’est de là que tous les bateaux sont partis…
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Mon hommage al maestro Chano Lobato | 27/04/2009 - 23:24:50 |
J’ai souvent eu l’occasion d’évoquer dans ses colonnes le triptyque régissant la société espagnole de l’ancien temps, avec la présence de trois personnages fondateurs et essentiels : le musicien, le prêtre et le torero…
Parmi les grands musiciens, j’ai admiré pendant de longues décennies le cante de Chano Lobato, l’un des plus grands artistes qu’ait connu la planète du flamenco. C’est avec tristesse que j’ai appris sa disparition, en début de mois. Nous savions que le Chano était malade depuis quelques temps déjà, mais nous nous refusions chacun à penser l’espace d’un instant à ce qu’il puisse un jour quitter cette terre qu’il a tant aimée.
Juan Miguel Ramíriez Sarabia « Chano Lobato » était un amoureux de la vie. Il a rendu son dernier souffle le 5 avril dernier, Dimanche des Rameaux, au début de la Semaine sainte qui commençait à être célébrée à Séville. Lui, le « gaditano » de Cadix s’est éteint sur les bords du Guadalquivir, à Séville, l’une des capitales andalouses qui l’a le plus admiré.
Encore âgé de 80 ans, Chano Lobato avait ému le public du Théâtre de Nîmes lors de sa dernière venue en France. C’était en janvier 2008 et je vous invite vivement à découvrir cet instant rare dans les archives de Télé Miroir.
Il fut également le chanteur populaire des cafés du Barrio de Santa María, notamment à « La Venta La Palma » où il partagea la scène avec d’autres artistes comme Aurelio Sellés, Servando Roa ou encore Antonio « El Herrero ». C’est sous l’impulsion de Pepe Blanco que « Chano » put débuter sa carrière professionnelle à Madrid en intégrant le ballet d’Alejandro Vega. Pendant plus de vingt ans, « Chano » fut un chanteur « de l’ombre », celui que l’on ne voyait quasiment jamais mais que l’on écoutait de façon quasi-religieuse. Ce furent les années partagées au côté d’Antonio « El Bailarín », l’époque où « Chano » écuma les scènes mondiales les plus prestigieuses avec Manuel Morao ou encore « El Serna ».
Chano Lobato chanta pour les plus grands artistes du baile : Matilde Coral, Carmen Amaya, Manuela Vargas, mais également sa propre femme, Rosario « La Chana », obtenant au passage en 1974 le prix Enrique « El Mellizo » du Concours national de Cordoue.
Ses palos de prédilection furent la soleá et les bulerías, mais aussi les tanguillos et la siguiriya, sans oublier la malagueña et les cantiñas… Je serai bien incomplet si je n’évoquais pas également ses martinetes, ses farrucas ou encore son fameux garrotín,. Et que dire de ses alegrías qui n’ont jamais aussi bien porté leur nom que lorsqu’elles étaient chantées par Chano ?
Chano Lobato, un artiste majeur dont la voix n’est pas près de s’éteindre. Elle résonnera pour l’éternité dans nos oreilles, notamment grâce à internet et aux nombreuses traces des grands moments de scène enregistrés par la télévision espagnole que je vous invite à découvrir.
Descanze en paz, maestro !
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Du rituel du dernier mâle à marquer lors de l’herradero | 26/04/2009 - 15:47:58 |
Il y a deux mois, lors du dernier marquage qui s’est déroulé à Bellombre, quelques-uns de nos invités ont assisté à un rituel qui est aujourd’hui inscrit dans les us et coutumes de notre élevage. Lorsqu’arrive le dernier mâle de l’herradero dans la caisse de marquage, tous les professionnels et les amateurs de la ganadería me poussent – parfois de force ! – vers la sortie… Je n’interviens pas au marquage du dernier añojo pour la bonne et simple raison que je n’y assiste pas !
Cette tradition est désormais inscrite dans le mode de fonctionnement du marquage des bêtes à Bellombre. C’est le symbole de la continuité de l’élevage…
Cela n’est pas innocent. Ce n’est pas un acte que l’on improvise. C’est quelque chose que l’on réfléchit, dont on parle et qu’on verbalise. La ganadería appartient également à ceux qui y travaillent, pas uniquement à l’éleveur. C’est très important qu’il y ait une continuité, au-delà de la personne du ganadero.
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De la préparation des rendez-vous estivaux | 25/04/2009 - 21:16:58 |
En pleine saison des tentaderos, il est parfois difficile de se rendre compte de l’avancée de la temporada ! Dans un mois, nous serons sur les chemins d’El Rocío, puis nous prendrons la direction de Rieumes, fin juin, avant de nous retrouver pour le traditionnel concours d’élevages qui est organisé lors de la novillada sans picadors annuelle de Castelnau-Rivière-Basse.
C’est une date qui nous tient particulièrement à cœur car elle nous a jusqu’alors bien réussi. Nous allons essayer, cette année encore, d’y faire bonne figure… La première année, en 2006, nous y avions présentét un exemplaire de notre rame Núñez, puis en 2007 et 2008 des erales issus de notre souche Domecq. Nous allons essayer de faire la passe de trois en matière de Domecq en représentant cette année un produit de cet encaste. A Bellombre, certains rêvent déjà d' un troisième titre consécutif !
Petite confidence, cet eral sera particulièrement intéressant à suivre car c’est le premier produit issu d’un nouveau semental, avec une structure de sélection identique : la toréabilité induite par la bravoure, et la bravoure induite par la race. Je souhaite ardemment sortir mes toros dans de grandes arènes et je sais pertinemment que j’y parviendrai si je respecte ces fondements ganaderos.
Certes je ne suis pas dans les mêmes problématiques de certains éleveurs espagnols qui ont 25 corridas à vendre sur une saison et disposent de plus de 700 vaches de ventre… Mais sans la race, on ne peut pas décemment aller dans les grandes arènes.
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L’avant-Rocío | 24/04/2009 - 23:05:17 |
Je me permets une petite pause dans nos évocations tauromachiques quotidiennes pour revenir sur la préparation du futur pèlerinage du Rocío, qui intéresse au premier chef la confrérie dont je fais partie à Sanlúcar de Barrameda. Pâques ayant été célébrée le 12 avril dernier, nous allons nous projeter 50 jours plus tard pour la fête de Pentecôte, le dimanche 31 mai, avec l’arrivée au Rocío de tous les pèlerins qui auront marché pendant des jours à travers le Coto de Doñana.
Il y a un peu plus d’un mois, j’ai eu l’occasion de retrouver à Sanlúcar mes amis de la hermandad à l’occasion de la fête de la San José, traditionnellement célébrée chaque 19 mars, et qui se traduit, d’un point de vue tauromachique, comme le día grande des Fallas de Valencia. En Andalousie, ce pèlerinage, typiquement sanluqueño, n’est pas dédié à la Vierge – contrairement à celui du Rocío –, mais bien à Saint Joseph.
Cette année, on a pu y recenser plus de 5.000 chevaux, une centaine de « tracteurs » ainsi qu’une centaine de véhicules hippomobiles. De ce fait, nous sommes dans un véritable rythme des animaux qui conduisent… C’est un moment unique, avec un passage entre Sanlúcar et le Rocío véritablement magnifique. Il y avait 6.000 personnes à cheval, sans 4x4, ni véhicules « barbares »… Seuls étaient présents les tracteurs qui suivaient les animaux.
J’aime ce pèlerinage qui réunit la confrérie sanluqueña et qui rend hommage au mari de la Vierge.
(photo Isabelle Dupin).
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Des choix opérés sur l’encaste Domecq | 23/04/2009 - 22:10:42 |
Je me trouve actuellement à Séville où l’afición andalouse n’a pu masquer sa déception à l’issue d’une corrida pourtant très attendue depuis de longues semaines. Sur le sable ocré de la Maestranza, cher à bien des ganaderos, les toros de Victorino Martín n’ont pas permis à Morante de la Puebla et au Cid de donner l’après-midi que chacun d’entre nous espérait…
Les Domecq feront-ils mieux au cours des prochains farolillos ? La question est posée… Ce sujet me permet d’ailleurs d’évoquer certains des choix qui ont été opérés au sein de l’élevage. Depuis que j’ai fondé ce fer, à mon nom, j’ai pris le pari de maintenir trois rames de sang différentes : le Núñez « historique », le Domecq par Martelilla et la lignée Marquesa, qui brasse les deux premières souches citées.
Il y a quelques années en arrière, j’ai fait l’acquisition de têtes de bétail porteuses du fer de José Ángel Santafé Martón. Certains professionnels se sont alors questionnés sur les raisons d’un tel achat. Tout simplement parce que José Ángel dirige un élevage dont l’origine est du pur Martelilla. A l’époque de l’épizootie de fièvre catarrhale, qui a bloqué l’Andalousie ganadera pendant plus de trois ans, cet élevage, situé en Navarre, nous a permis de poursuivre le travail spécifique que nous effectuons sur notre encaste Martelilla. Cet achat nous a permis de maintenir un certain niveau au sein de la camada et de ne pas être en manque quant au nombre de vaches qui paissent à Bellombre.
Une opération d’achat que je peux désormais effectuer directement chez Gonzalo Domecq puisque les frontières de l’Andalousie ganadera ont été rouvertes.
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Du ressenti de l’éleveur sur les vaches qui n’ont pu être prises par le semental | 22/04/2009 - 23:44:39 |
Comme il l’avait fait en janvier dernier, notre ami vétérinaire Alain Nivot sera prochainement de retour à Bellombre afin de procéder à la fouille des vaches qui auront été couvertes par nos étalons au cours des deux premiers mois de l’année. Son analyse nous permettra de déterminer quelles vaches ont été prises, le fonctionnement du système ovarien de celles-ci et de déterminer la présence ou pas d’un embryon.
Plusieurs enseignements doivent être tirés dans le cas où une vache n’a pas été prise : cela permet, dans un premier temps, de vérifier la fertilité du reproducteur sur les vaches jeunes. Concernant les vaches plus anciennes, cet « accident » campero permet de déterminer si celles-ci se trouvent en fin de cycle ou pas. Je considère qu’il est primordial de connaître une vache, y compris à l’intérieur d’elle-même, d’où l’importance du rôle du docteur Alain Nivot au sein de la ganadería. Je peux ainsi me targuer d’avoir une véritable connaissance individuelle de mes animaux, contrairement à beaucoup de mes confrères français et espagnols qui ignorent ce qui se passe à l’intérieur de leurs reproductrices.
Je dirai même que c’est une connaissance matricielle de mes vaches.
Lorsqu’Alain Nivot m’informe que les ovaires d’une vache ne fonctionnent pas, on procède dès lors à une stimulation au niveau hormonal. Il faut savoir à ce sujet que les vaches sont extrêmement sensibles à toute forme de stress et peuvent donc « se bloquer » au niveau hormonal. Afin de contrer ce phénomène, nous disposons de plusieurs traitements spécifiques et adaptés afin de relancer la stimulation hormonale de nos vaches. Nous accompagnons véritablement la vache afin que celle-ci recouvre un cycle de chaleurs classique.
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Quelques considérations sur la gestion des produits des vaches « historiques » d’un élevage | 21/04/2009 - 22:32:42 |
J’évoquais hier la question de la durée des vaches et du pourcentage de vaches approuvées que nous observons chaque année au sein de l’élevage… J’avoue ne pas faire de sentiment avec les bêtes, notamment lorsque je me sépare de mes meilleures vaches. Certaines d’entre elles peuvent aller jusqu’à l’âge de 25 ans mais cela ne signifie pas forcément que toutes ces reproductrices ont donné tout le temps de bons produits. De très grandes vaches vont parfois donner qu’un seul bon produit sur deux.
Les vaches évoluent et si on les qualifie de « grandes », c’est qu’elles ont donné naissance à des produits exceptionnels, qu’ils soient toros ou sementales. On peut également avoir affaire à des bonnes vaches, qui sont la base de l’élevage, et qui donnent naissance à des produits moyens. Actuellement, les vaches que j’élimine ont plutôt tendance à être de « bonnes » vaches que de « grandes » vaches.
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De l’estimation du nombre de vaches qui vont être approuvées en 2009 | 20/04/2009 - 21:50:51 |
Ce mardi 21 avril, il y aura tentadero à Bellombre, en présence d’un habitué de la maison, Alberto Aguilar, et du torero navarrais Francisco Marco, qui avait été associé à un épisode malheureux de la ganadería, en mars dernier, aux arènes d’Arzacq-Arraziguet… Cette nouvelle tienta de printemps va nous permettre d’en savoir plus sur le profil de nos vaches, qui seront peut-être amenées à officier en qualité de reproductrices.
Même si l’arithmétique n’est pas la science prioritairement employée en termes de sélection ganadera, on peut considérer que nous approuvons 30 à 40% des vaches que nous testons en tienta. Je me souviens d’une année exceptionnelle où nous avions dépassé ce pourcentage. Toutefois, le plus important est de pouvoir maintenir ce pourcentage.
Autre enseignement de ces tentaderos : un travail de qualité effectué sur de jeunes vaches permet de plus facilement éliminer les vieilles reproductrices deux ans plus tard… Ce laps de temps de deux ans me permet en effet de voir si les jeunes reproductrices ont fait un ou deux produits. Il permet également de déterminer si ces nouvelles vaches seront de bonnes mères en fonction des mâles avec lesquels elles auront été associées. A ce titre, je pense que je vais tuer une dizaine de vaches braves qui ont fait leur temps. Car depuis deux ans, une dizaine de nouvelles et jeunes vaches approuvées sont aujourd’hui en mesure de prendre leur place.
(sur la photo de Pierre Charrain, un bon moment muletero de Thomas Dufau lors du dernier tentadero à Bellombre, le 10 avril dernier).
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De la connaissance des enclos par les bêtes | 19/04/2009 - 20:43:54 |
Les vaches et les étalons sont amenés à être déplacés en fonction des périodes de l’année ganadera. Plusieurs enclos sont à leur disposition, avec des coins spécifiques et adaptés, notamment lors des mois de cubrición ou encore lorsque les vaches mettent bas.
Après quelques années, les bêtes prennent l’habitude de ces déplacements. La mémoire est très importante : les bêtes savent parfaitement quand on les embarque, quand on les débarque, quand on leur apporte à manger… Lorsqu’ils se trouvent dans la manche d’embarquement, les sementales sont particulièrement souples à déplacer du fait de l’habitude acquise et c’est un réel plaisir pour nous que d’assurer le manejo adapté.
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De la gestion des étalons après la période de cubrición | 18/04/2009 - 08:24:57 |
Durant les deux premiers mois de l’année, nos sementales ont officié au sein des lots de vaches qui leur avaient été préparés. Cette période est particulièrement exigeante d’un point de vue physique car nos étalons sont amenés à couvrir quotidiennement chacune des vaches qui leur ont été réservées. Même si cela peut prêter à « sourire », le semental doit se refaire une santé après ces deux mois d’intense activité.
Le mayoral doit donc mettre à disposition de ces mâles tous les éléments nécessaires pour qu’ils puissent se refaire une « santé » après le marathon des mois de cubrición : manger et se reposer. Les sementales restent entre eux et demeurent tout de même sur une logique de combat ; c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai perdu l’un de mes meilleurs étalons cet hiver…
Les sementales doivent être surveillés d’une manière spécifique, avec un manejo adapté, notamment pour les alimenter. Chez Manolo González, par exemple, où j’étais il y a encore quelques semaines, tous les étalons sont regroupés sur un enclos vaste de cinq hectares.
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Du caractère primordial ou secondaire de l’élément physique | 17/04/2009 - 10:52:39 |
Un vrai ganadero ne peut pas limiter sa sélection à l’unique critère physique, guidé par une recherche spécifiques de morphologies ou de robes…
Le travail du ganadero repose sur du complexe : à la limite, on pourrait se demander pourquoi le grand-père maternel d’un toro est moins bon que le grand-père paternel même si, personnellement, je cherche à obtenir à nouveau le grand-père maternel…
Ce qui est primordial, c’est la connaissance de la ganadería par l’éleveur, et notamment la partie de l’élevage qui a été faite par d’autres… Certains ganaderos n’étaient pas là 25 ans en arrière lorsque leurs prédécesseurs ont intégré de nouvelles vaches dans leur cheptel pour des raisons bien précises.
Chaque ganadero a sa propre vision de l’élevage et la croisée des données s’avère souvent être riche en enseignements. Pour faire véritablement le tour sur la question de l’élevage et en avoir une connaissance profonde véritable, 40 ans sont nécessaires. Nous ne sommes donc qu’au début du chemin et d’une formidable aventure au sein de laquelle les internautes que vous êtes seront les témoins privilégiés.
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De l’alchimie de la sélection propre à l’encaste Núñez | 16/04/2009 - 23:44:25 |
Certains lecteurs de ce Blog me font remarquer à juste titre que je m’exprime avec une passion affirmée dès lors que j’évoque la gestion du sang Núñez ou encore notre rame spécifique de Marquesa… J’aime également le Domecq mais il est vrai que le Núñez doit être pensé différemment au sein d’un élevage car il apport quelque chose d’autre à la ganadería.
Avec Núñez, le mystère est plus grand – au même titre que le risque – mais le ganadero se situe sur un élevage pur, avec un vrai type et de grandes variétés de couleurs dans les robes que l’on recherche. Sélectionner du Núñez permet à l’éleveur d’avoir une vraie reconnaissance et surtout de disposer d’une vraie « musique » dans les arrancadas de ses animaux…
Sur certaines de mes lignées de Núñez, je vais être très attentif aux produits qui vont présenter des robes de couleur colorado bragado, car je suis toujours à la recherche de l’arrière grand-père de l’étalon qui officie dans ce créneau. Il est donc primordial que le type soit sous-tendu par deux ou trois éléments physiques qui permettent de dire comme s’est opérée la liaison entre générations.
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De l’évolution des sementales d’une année sur l’autre | 15/04/2009 - 23:57:09 |
L’acquisition récente par notre élevage de deux nouveaux étalons de Manolo González nous a permis de nous recentrer sur la question de la sélection. Former des lots de vaches ne se fait pas au hasard et ce genre de période peut favoriser les réflexions ayant trait à l’évolution des reproducteurs.
On ne peut affirmer qu’un semental baisse d’une année sur l’autre en fonction des vaches qu’il est amené à couvrir. Les produits obtenus varient en fonction du sexe et des combinaisons… Une même vache et un même père peuvent donner des produits parfois étonnants : un toro pourra ainsi avoir plus de caractéristiques de son grand-père paternel que de son grand-père maternel. De la même manière, une vache issue de la même union n’aura de toutes manières pas le même comportement qu’un mâle…
Tout ce système repose tout de même sur une certaine globalité : certains mâles vont conférer plus de bravoure et d’entrega à leurs produits alors que d’autres apporteront plus de toréabilité. En conclusion, tout ne se fait pas uniquement sur le mariage entre une vache et un reproducteur. Cela se ressent particulièrement au sein de l’encaste Núñez, du f ait de la multiplicité des mélanges opérés jusqu’alors qui augmentent les risques de « se tromper » pour le ganadero.
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Savoir ouvrir le débat sur de vrais problèmes… | 14/04/2009 - 21:50:55 |
Les ganaderos français sont, dans une large majorité, plutôt réfractaires à l’apposition des fundas sur les cornes de leurs toros. Une position des plus sages que je rejoins après avoir longuement pesé le pour et le contre sur cette question très « à la mode »…
Apposer les « fundas », c’est bien, cela fait presque « tendance » puisque la quasi-totalité des éleveurs espagnols ont choisi cette solution. Avec quelques exceptions notables… comme Victorino Martín.
Je me pose toutefois une question simple : n’y a-t-il pas derrière la question de l’apposition des fundas un problème bien plus profond qu’il n’y paraît au sein de la France ganadera ?
D’un point de vue strictement technique et personnel, je considère qu’en dépit de la volonté sincère de vouloir protéger les cornes de l’animal l’apposition des fundas accroît grandement le risque d’abîmer les toros…
Le vrai problème est ailleurs… A-t-on en France un vrai produit pour endormir les toros dès lors que cela s’avère nécessaire ? Sur cette question précise, il y a une grande faillite du côté de l’Association des éleveurs de toros français mais aussi du côté des vétérinaires taurins.
Il n’existe pas en France de produit capable d’endormir rapidement un animal dangereux. C’est pour cette raison que j’ai pris les devants en m’équipant personnellement de produis spécifiques, en plus des seringues hypodermiques et des sarbacanes que nous avons toujours sous la main en cas d’accident… Cela s’est récemment produit, lors du dernier herradero lorsque quelques añojos ont décidé de sauter la barrière du couloir de marquage. Heureusement, je dispose d’un produit spécialement adapté dont on se sert en Afrique afin d’endormir les animaux dangereux…
Regardons ce constat : si un toro s’échappe, personne n’a en France les moyens de l’endormir rapidement. Une opération d’autant plus difficile lorsque l’animal s’est trouvé dans une situation de stress.
Je pose donc la question aux pouvoirs publics : « messieurs, que se passe-t-il si un jour un accident survient ? ». Mon interrogation va se traduire par un courrier que je compte adresser au préfet de région afin de lui demander la conduite à tenir. Tout n’est pas qu’une question de clôtures ou de barrages, car si ces derniers cèdent pour une raison ou un pour une autre, il faudra bien trouver une solution… Car le meilleur barrage au monde est incapable de résister aux forces conjuguées de deux toros qui combattent l’un contre l’autre.
En France, ni les pompiers, ni la gendarmerie nationale ne disposent de ces produits… Il y a un vrai manque en la matière et si je pose le problème en ces termes c’est parce que des choses graves – et non naturelles – peuvent survenir.
Qu’adviendrait-il si un jour un chasseur cassait un barrage pour pratiquer son activité ? Et si un anti-taurin faisait de même afin de provoquer sciemment un accident ? Quelle serait la réponse des pouvoirs publics censés assurer la sécurité des personnes ? A qui profitera le fait qu’un toro provoque un accident ?
N’oublions jamais qu’il y a eu des « accidents » dirigés contre des personnes… Ces mêmes « accidents » peuvent un jour se reproduire afin de faire s’échapper des bêtes…
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Du lien développé avec Ignacio González | 13/04/2009 - 21:25:03 |
Avant de vous révéler les deux nouveaux pensionnaires de Bellombre, je souhaiterais évoquer le lien privilégié qui unit notre ganadería à celle de Manolo González, fer ô combien important dans l’histoire de l’encaste Núñez. Au même titre que Gonzalo Domecq – pour Martelilla –, j’ai la chance d’être sur la même longueur d’ondes avec Ignacio González…
Nous avons ouvert ensemble les livres des lignées historiques de sa ganadería afin de coller au mieux aux besoins de notre élevage. Cette étude et ces échanges nous ont notamment permis de nous rendre compte de notre vision commune sur la gestion du Núñez, telle qu’elle est actuellement pensée au sein du fer de « Toros de Jarrama » sur une base de bétail de Guadalest. Autre encaste, mais méthode commune…
J’ai véritablement beaucoup appris de ce déplacement à Aracena, chez Manolo González…
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De l’organisation du temps ganadero | 12/04/2009 - 23:26:40 |
Contrairement à ce que certains pourraient penser, l’élevage n’est pas régi par des phénomènes de « mode » ou des époques particulières où notre attention se porte plus sur un encaste plutôt qu’un autre…
Le temps ganadero s’organise autour de l’évolution des camadas en fonction des reproducteurs qui se fondent avec elles. Sur ce point précis, nous avons connu une petite révolution au cours de l’hiver dernier avec la mort accidentelle de l’un de nos étalons, lors d’un combat entre toros, en décembre. C’est un grand malheur mais ainsi va la vie ganadera… On n’y peut rien.
Heureusement, cet étalon aujourd’hui disparu a donné un produit de grande qualité, un autre semental capable de conférer cette bravoure…
Une alternative s’est donc posée à moi : soit je repartais sur la création d’un autre mâle, via le mode de l’insémination artificielle, soit je reprenais d’anciennes lignes de sang issues de sementales particulièrement importants. Dans le premier cas, on choisit de rester sur de la consanguinité, dans le second cas, on profite de la situation actuelle afin de « rafraîchir » le sang…
C’est la seconde solution que j’ai choisie… Il y a quelques semaines de cela, je me suis rendu chez mon ami Ignacio González, du côté d’Aracena, où paissent les toros de Manolo González… J’y ai choisi deux reproducteurs, erales, âgés de deux ans, qui vont permettre de rafraîchir le sang, tout en restant sur le même encaste de notre branche de Núñez…
Deux nouveaux pensionnaires de Bellombre que nous serons bientôt amenés à tienter…
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Des questions autour de la rentabilité d’une ganadería | 11/04/2009 - 23:00:45 |
Même si certains internautes pousseront peut-être quelques cris d’orfraie à la lecture de ces lignes, je persiste et je signe en affirmant que l’activité ganadera est TOUT… sauf une entreprise « rentable ».
Le métier de ganadero est peut-être l’une de ces dernières passions romantiques que l’on trouve de par ce monde un peu « marchand »… L’élevage du toro brave demande en effet un maximum d’investissement, avec un retour qui n’est « qu’affectif » et qui porte bien souvent sur la reconnaissance.
Le taureau de combat, ça ne peut pas gagner d’argent, cela n’est pas possible…
Nous rappellerons ici que pour être dans une véritable relation extensive, il nous faudrait, en termes de terres, à peu près un hectare par animal… Aujourd’hui, on chiffre ce même hectare entre 6.000 et 15.000 euros. Avec une moyenne de 8.000 euros l’hectare pour un toro, le lecteur lambda se rendra aisément compte de la non-rentabilité d’une ganadería digne de ce nom, compte tenu de la grille de tarification actuellement en vigueur…
Certes, il existe de grands élevages, de la même manière qu’il y a des figuras et des toreros qui crèvent de faim. C’est ainsi. On a à peu près vingt-cinq élevages qui vivent normalement, et tout le reste, ça n’est pas possible…
La problématique se porte sur la question de la propriété des terres et de l’impossibilité d’acquérir des hectares supplémentaires dans ce beau pays qui est le nôtre. Au-dessus de 200 hectares, on vous fait comprendre qu’il est nécessaire de diviser le lopin en quatre ou cinq parts…
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De la spécificité andalouse de la Semaine sainte | 10/04/2009 - 23:03:32 |
L’an passé, pendant la période qui précède la Pentecôte, j’évoquais dans ces colonnes l’importance que revêt pour notre élevage le pèlerinage d’El Rocío. La Semaine sainte, qui s’étale dans le calendrier liturgique catholique du Dimanche des Rameaux jusqu’au Samedi Saint et à la veillée pascale, est un autre temps fort du temps spirituel en Andalousie… Une semaine ô combien importante qui s’achève par la fête de Pâques, le Dimanche de Résurrection, synonyme de la célébration des premières corridas de l’année dans les principales capitales de l’Andalousie…
Par rapport au pèlerinage d’El Rocío, qui s’effectue cinquante jours après Pâques, la Semaine sainte relève plus d’une tradition que je qualifierai de beaucoup plus « urbaine ». Les Espagnols ont un rapport très particulier avec la Passion. La plupart d’entre eux sont animés par un véritable esprit de paroisse et sont habités par une force intérieure dès lors qu’ils se retrouvent « porteurs »… Tout cela se fait avec discrétion et sans ostentation, avec la quête d’un véritable besoin d’éternité, tout en allant toujours de l’avant…
Lors des processions de la Semaine sainte, la musique qui est jouée dans les rues est militaire et les chants sont individuels. Ce sont des moments extrêmement beaux mais qui revêtent également un caractère théâtral affirmé : c’est un décor en marche.
A l’inverse, le pèlerinage d’El Rocío est peut-être plus « protestant » dans l’esprit, si tant est qu’on puisse employer cette expression dans ce cas précis car chaque pèlerin a la Vierge au fond de lui-même.
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Du rythme imposé aux autres bovins de la ganadería | 09/04/2009 - 23:27:12 |
Les braves ne sont pas les seuls bovins à paître sur les terres de Bellombre… Outre les veaux et les vaches de race Aubrac, nous disposons également d’un troupeau de cabestros particulièrement efficaces, qui font l’objet d’une formation rigoureuse. Ces bœufs doivent en effet se mettre au « rythme de l’élevage »… Et cela ne s’apprend pas en une heure…
Afin de ne pas provoquer de stress, on doit traiter le toro brave comme n’importe quel bovin pacifique, tout en le respectant en tant quel tel, à savoir un bovin qui peut également exprimer de l’agressivité à l’égard d’autres animaux… Afin de déplacer le toro, l’éleveur se sert de l’un de ses compagnons, le cabestro, qui est utilisé depuis de nombreux siècles par les Espagnols…
Le cabestro est théoriquement plus grand que le toro, afin que ce dernier le respecte et puisse s’intégrer dans une relation commune qui est régie par le galop du premier animal cité… Le toro associe rapidement le cabestro dans sa mémoire et son environnement, ce qui facilite automatiquement les opérations de déplacement voulues par l’homme.
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Des impératifs de numérotation lors du marquage des bêtes | 08/04/2009 - 21:35:10 |
Les aficionados se demandent parfois pourquoi et comment sont attribués les numéros qui sont marqués au fer rouge sur le poitrail des vaches et des toros… Est-ce le simple fait du hasard, une fantaisie de la part du ganadero ou le strict respect d’une règle établie avec le groupement professionnel auquel l’élevage est lié ?
Je lève le voile sur ces interrogations en affirmant dans ces colonnes que l’on ne met pas n’importe quel numéro : d’une part, parce que les animaux ont un ordre continu dans l’élevage, notamment en ce qui concerne les vaches. D’autre part, les toros ont un ordre spécifique par rapport à leur naissance…
Même si chaque éleveur est libre de faire ce qu’il désire, la numérotation renvoie à l’ordonnancement de l’élevage. Ce dernier s’appuie sur l’appartenance à un livre généalogique spécifique, sur une tradition droite-gauche – en ce qui concerne le côté du marquage, bien évidemment –, sans oublier les points essentiels en termes de respect et d’éthique ganadera : marquer l’année de naissance à feu afin d’être certain qu’il n’y ait pas manipulation et triche sur l’âge réel de l’animal.
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De la désignation de la période idéale pour les naissances | 07/04/2009 - 00:22:11 |
Nous voilà entrés dans le mois d’avril et cette période printanière si agréable pour le commun des mortels… Une saison synonyme à Bellombre d’une période essentielle au niveau de la vie de l’élevage. Les périodes de naissance sont aussi importantes que la rencontre entre une vache et un étalon : le ganadero se doit en effet de sortir des produits tout en respectant le rythme des temporadas… Les naissances doivent donc coller à la saison taurine.
Il n’y a qu’un seul sorcier sur la planète ganadera, Victorino Martín, capable de sortir en pleine temporada des toros âgés de cinq ans, souvent de qualité, et nés en toute fin d’année… Traditionnellement, ce modèle n’est pas à suivre, même s’il est tentant de prendre exemple sur cette exception ô combien célèbre…
Plus on s’approche des limites des canons de l’âge, plus on prend des risques par rapport à la mémoire de l’animal.
A Bellombre, nous faisons couvrir nos vaches reproductrices de telle manière que celles-ci mettent bas sur deux périodes bien définies : à savoir, octobre-novembre et mars-avril.
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De la nécessité de la pratique de l’escoussure | 07/04/2009 - 23:48:50 |
Certains éleveurs français redoutent que les normes européennes en matière de « bien-être animal » remettent en question la pratique de l’escoussure. Une telle décision relèverait une fois de plus de la méconnaissance de celles et ceux qui se disent « amis des animaux »…
Il faut en effet savoir que si l’escoussure n’a aujourd’hui plus la même utilité – de reconnaissance au sein de plusieurs troupeaux mélangés – qu’il y a un siècle, elle n’en demeure pas moins un signe distinctif et symbolique indispensable. D’autre part, la pratique de l’escoussure, lors du marquage, diminue considérablement les risques de « coups de sang » de l’animal. La saignée est une saine nécessité pour l’animal de la même manière qu’elle l’était pour l’homme, il y a quelques siècles en arrière, afin que celui-ci contrôle ses « humeurs ».
L’escoussure comporte également en elle une dimension romantique qu’on ne retrouve nulle part ailleurs : c’est en ce sens que le toro renvoie à la notion de tournoi. L’escoussure est à mes yeux une manière de revendiquer un ordre semblable à la chevalerie car elle est un signe distinctif indispensable, au même titre que le chevalier qui possédait une armure et des blasons spécifiques.
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Des nécessités de la reproduction assistée | 05/04/2009 - 21:17:15 |
Les techniques ganaderas actuelles permettent à l’éleveur, s’il le souhaite, de se servir de la semence d’un animal qui est mort depuis dix ans et de couvrir éventuellement son arrière-petite-fille... Je reconnais qu’une telle action puisse être considérée comme une transgression, mais nous sommes dans le cas d’une « transgression génétique » : l’éleveur rafraîchit la mémoire d’une lignée par de la mémoire…
Ce travail de rafraichissement n’est pas celui d’un éleveur qui repart de zéro. On n’est pas sur une logique de pile ou face, mais bien sur une problématique intéressante avec une lignée de sang connue.
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Quelques rappels essentiels concernant notre vocabulaire de « cuisine ganadera » | 04/04/2009 - 20:27:54 |
Dans quelques semaines, ce Blog va remettre au goût du jour les éléments de définition qui permettent à un public non-averti de mieux appréhender le rapport à l’élevage. Depuis maintenant bientôt deux ans, nous évoquons les notions de bravoure, de race, mais aussi de fijeza, entre autres…
Rappelons que la bravoure et la race sont des attitudes alors que la fijeza correspond à un comportement. Deux catégories qui ne peuvent être rapprochées bien qu’il soit possible de comprendre certaines attitudes à travers des comportements qui les sous-tendent.
Ainsi, l’éleveur ne cherche pas la bravoure en tant que telle, mais bel et bien les comportements de la bravoure qui lui plaît. On peut en effet parler de bravoure pendant des heures, mais cela demeure un terme générique, qui n’est pas explicatif… Ce qui est explicatif, ce sont les comportements qui vont avec la bravoure, dans leurs contradictions…
En piste, les comportements de la bravoure se traduisent par l’entrega, fijeza et fiereza, galope et transmisión… Ces derniers peuvent également révéler quelques défauts comme faltita humillar, algo desuelto al final de pase ou encore algo de engaño car le toro brave n’est pas tonto, loin s’en faut… Il faut parfois « tricher » face à lui, avec un poil du pico de la muleta… Sinon, il est impossible de conduire le toro jusqu’au bout de la passe.
Ces arguments tendent certes vers du contradictoire mais permettent toutefois d’expliquer les comportements que le ganadero étudie et recherche. Chaque éleveur possède sa propre grille d’analyse et de souhaits, développant ainsi des critères de sélection qui lui sont propres…
L’éleveur peut également se retrouver dans la capacité ou dans l’incapacité de dépasser certaines problématiques qui se présentent à lui par rapport à l’appareil génétique qu’il possède : sans le reproducteur adéquat pour dépasser une situation, le ganadero se retrouve dans une impasse… Celui-ci peut également passer à côté d’une vraie rencontre s’il ne dispose pas des vaches sélectionnées dans le bon type qui pourraient pourtant parfaitement aller avec un reproducteur. C’est quelque part l’implacabilité de la vie ganadera…
En ce sens, le toro est un animal qui renvoie à la quête, à l’expression de la vie et à cette recherche de l’élévation.
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De la question essentielle du choix et de la gestion des géniteurs au sein de l’élevage | 03/04/2009 - 23:55:31 |
L’arrivée récente de deux jeunes machos en provenance de la prestigieuse ganadería de Manolo González me permet d’évoquer un point essentiel dans le domaine de la sélection ; la question des géniteurs.
Dans un premier temps, le ganadero doit nécessairement « objectiver » en travaillant à partir d’étalons issus d’autres élevages, avant d’en produire lui-même… Ce n’est qu’une fois cette étape passée que l’éleveur pourra commencer à « rafraîchir » son sang avec des étalons extérieurs. Mais pour cela, il faut une base spécifique à l’élevage et donc resserrer un peu les boulons sinon l’éleveur ne sait jamais où il en est réellement : si la petite-fille n’a plus rien à voir avec la grand-mère, le ganadero se trouve dans une situation que l’on pourra qualifier de « très compliquée ».
Le lien génétique doit être permanent afin de gérer l’évolution de la bravoure. Chaque génération se doit donc de renvoyer au travail qui a été précédemment accompli afin de mieux éclairer les tâches futures…
En ce sens, la notion de cohérence est donc primordiale en matière de sélection.
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Des dangers de friandise inhérents à l’apparition de la nouvelle herbe | 02/04/2009 - 23:28:19 |
Dès lors que les beaux jours reviennent, les toros sont naturellement attirés par la nouvelle herbe, mus par une friandise qui revient, elle aussi, de manière cyclique… Il faut savoir qu’une surconsommation de cette herbe peut occasionner des diarrhées chez les bovins.
Rappelons que l’appareil digestif d’un bovin n’est pas celui d’un homme ou d’un cheval : il ne digère pas ! Bénéficiant d’un système digestif comprenant cinq estomacs, le toro rumine. Sa « digestion » correspond en fait à un travail de provocation d’une assimilation par fermentation.
Pour parer les problèmes de surconsommation, il est nécessaire de bien connaître les questions liées à l’alimentation des toros…
Si les toros sont friands de cette herbe nouvelle, c’est parce qu’elle est riche en vitamines… Cette consommation repose donc sur une part d’inné que recèle le toro, un peu comme le fait le loup qui, avant d’hiberner, consomme beaucoup de miel…
Cette période printanière marque également un changement dans le physique de l’animal, assorti d’une grosse dépense d’énergie : le toro élimine son poil d’hiver, ses cornes grandissent et sa croissance générale suit son cours naturel…
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De la finition d’un lot de toros | 01/04/2009 - 23:55:09 |
J’ai eu souvent l’occasion d’écrire dans ces colonnes que la notion de trapío, en tant que morphologie au service de l’agressivité, était primordiale et devait surtout être en relation avec la catégorie de l’arène dans laquelle l’animal est présenté : Madrid n’a pas le même trapío que Séville, qui n’a pas le même trapío que Nîmes, qui n’a pas le même trapío que Vic, et ainsi de suite… L’éleveur doit donc veiller à ce paramètre très important, qui va conditionner la programmation à venir.
Dans le cadre de la finition d’un lot de toros, le ganadero doit également savoir gérer l’énergie que va dépenser l’animal dans le cadre du travail spécifique sur la course, comme nous le faisons à Bellombre, notamment avec le taurodrome. L’éleveur doit dès lors tenir compte que l’animal va perdre entre 30 et 40 kilos sur le travail « mécanique » qui va lui être demandé. Ce déficit devra être compensé par une gestion marginale de l’augmentation de l’alimentation des toros. On touche ici aux besoins énergétiques de ces derniers du fait de la préparation physique qui leur est réservée.
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De la continuité alimentaire en fonction du développement de l’animal | 31/03/2009 - 23:05:59 |
Préparer un toro pour une course ne se fait pas en un jour et l’éleveur se doit de soigner l’alimentation régulière et proportionnée de ses bêtes. De la même manière, il est impératif de privilégier une montée en puisse tout à fait légère dans le cadre de la « finition » de l’animal…
La suralimentation sur une période très courte est donc néfaste au bétail, car elle génère des problèmes de fourbure, de transformation en graisse et d’abâtardissement musculaire. Certains éleveurs sont tentés par cette solution pour des raisons économiques, car il est plus facile d’engraisser à l’excès un animal sur une période de 3-4 mois plutôt que de lui donner à manger, régulièrement, pendant trois ans…
Toutefois, les économies réalisées par ce ganadero se paieront en piste, avec des réactions bien différentes de celles du toro qui aura été correctement élevé.
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Du rapport du toro avec l’enganchón | 30/03/2009 - 23:47:02 |
Certains aficionados s’interrogent sur le ressenti du toro lorsque ce dernier parvient à accrocher cape ou muleta à l’aide de ses cornes… Dans le jargon taurin, on parle plus précisément d’enganchón. Une phase certes néfaste pour le torero, mais qui revêt un aspect différent pour l’animal.
En effet, le toro ne se trouve plus dans un état de charge contrôlée, mais bien dans un état de rencontre, où la notion de leurre est moins importante… Le toro n’est plus tout à fait le même et exige du torero un maximum d’efforts en termes de distance et de colocación.
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A la découverte des nouvelles « stars » de Bellombre | 29/03/2009 - 23:15:37 |
C’est une petite révolution à Bellombre ! Tout le monde est en effervescence autour des deux « petits derniers » qui vont permettre à notre ganadería de refaire le lien vers une lignée historique de Núñez. Porteurs du fer de Manolo González, ces deux jeunes machos seront testés au cours des prochains mois… Vous pourrez les découvrir dans ce Blog, au fil des semaines.
L’un d’eux arbore une robe negro burraco, que je considère comme une bonne couleur au sein de cette lignée. En effet, l’un des anciens étalons d’Occitania, issu de la même branche, et qui nous avait donné entière satisfaction, présentait une robe identique. L’autre mâle est negro listón chorreado, avec une tête beaucoup plus pastueña… C’est un toro qui m’a enchanté du fait de cette spécificité et qui a fait pencher la balance en sa faveur…
Deux erales porteurs d’espoirs afin d’écrire de nouvelles pages dans le grand livre de l’histoire de notre jeune élevage…
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Des choix entrepris au sein de l’élevage | 28/03/2009 - 17:19:54 |
C’est la grand actualité de ce début de temporada à Bellombre : l’arrivée de jeunes machos acquis auprès de l’élevage de Manolo González… Un grand nom de la cabaña brava andalouse…
Petit rappel historique… Après avoir mis un terme, en ce qui me concerne, à l’aventure d’Occitania, j’ai créé un nouveau fer, aspirant, en 2000, au sein de la Unión de Criadores de Toros de Lidia.
Mon premier choix a été de créer des reproducteurs à partir du lot d’origine Núñez qu’il me restait, en travaillant principalement, en termes de sélection, sur la branche Rincón-Villamarta. J’étais face à un problème majeur : je n’avais plus la capacité de « refaire » les sementales dont nous disposions à l’époque d’Occitania et qui correspondaient à d’excellentes branches de Núñez en termes de classe et de toréabilité. Des branches uniques car elles donnent le son y la música. En fait, j’avais retrouvé la bravoure, mais peut-être au détriment de la música que l’on retrouve dans le galop de certains toros de Núñez…
Rappelons qu’il est particulièrement dangereux de plaquer de la bravoure sur de la bravoure lorsqu’on sélectionne des bêtes, car on prend le risque de repartir en sens totalement opposé !
J’ai donc énormément travaillé pour obtenir des mâles de cette branche, à partir du bétail dont je disposais. J’ai travaillé à partir d’embryons, mais la suerte ne m’a pas souri : je souhaitais deux mâles, j’ai placé deux embryons et j’ai obtenu… deux femelles ! Histoire de montrer que c’est toujours la nature qui commande en la matière…
J’ai également eu un embryon qui a donné un mâle dont la robe ne correspondait pas aux attentes que j’avais… Ce toro est le frère de l’eral qui a été honoré d’une vuelta al ruedo à Plaisance-du-Gers, et le frère d’un excellent eral que nous avions lidié à Mont-de-Marsan, lors de l’édition 2007 de la Feria de la Madeleine…
Le moment était donc venu de rafraîchir notre encaste Núñez et de revenir à nos origines de Manolo González. Nous avons donc travaillé à livre ouvert avec le ganadero pour obtenir les bêtes qui nous semblaient nécessaires afin de retrouver les lignées manquantes…
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Des enseignements du colloque « le taureau de combat et le combat du taureau » (5e partie) | 27/03/2009 - 22:57:50 |
Un dernier regard sur les Rencontres autour des tauromachies, qui ont su captiver un auditoire particulièrement attentif dans l’un des amphithéâtres de la Faculté Vauban, à Nîmes… Plusieurs aspects ayant trait au toro y ont été abordés, notamment le dossier de la pique qui sera prochainement débattu par l’Union des Villes taurines de France…
D’un strict point de vue vétérinaire, Gérard Bourdeau et Hubert Compan ont abordé la question des conséquences d’un mauvais tiers de piques sur le toro, en s’attardant sur l’importance de l’emplacement du fer. Les intervenants n’ont pas manqué de souligner l’importance de ce tiers, avouant leur préférence pour un nombre répété de rencontres avec le groupe équestre plutôt qu’une mono-pique trop longue et trop appuyée.
Dans le développement relatif à l’implication du toro, un chiffre très intéressant a été révélé à l’assistance : un toro de 500 kilos recèle 37 litres de sang dans le corps, ce qui relativise considérablement le rôle prêté à l’hémorragie, ou encore que l’effet de la production de bêta-endorphines, durant la lidia, atténue considérablement toute douleur. Des données qui plaident en faveur d’un tiers de piques propre et réglementé.
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Des enseignements du colloque « le taureau de combat et le combat du taureau » (4e partie) | 26/03/2009 - 00:13:37 |
Le compte à rebours des grandes ferias françaises a débuté… Il y a quelques jours, nous célébrions le premier anniversaire de la fondation de l’Observatoire national des Cultures taurines, entité ô combien importante qui doit permettre au monde tauromachique français d’exister avec fierté et sérénité. Au côté de l’UVTF, garante de « l’ordre » et du Règlement taurin municipal, l’ONCT doit poursuivre sa mission de « service public » afin de défendre pleinement les intérêts de l’afición…
Cela passe par plus d’écoute, plus de respect, mais aussi plus de dialogue entre les différentes instances du monde professionnel tauromachique. Rappelons à ce titre qu’une communication spécifique va être élaborée en marge de la Feria d’Arles concernant le tiers de piques… D’autres sujets devront également être abordés : alors que l’afeitado et l’arreglado continuent d’occuper les aficionados, revient sur le devant de la scène la question des fundas, omniprésentes dans les revues taurines espagnoles dès lors qu’on feuillette les pages d’un album ganadero.
Ce sujet a également été abordé lors du récent colloque des Rencontres autour des tauromachies par le docteur Gérard Bourdeau, qui a affirmé que ces étuis destinés à un effet protecteur des armures, afin de les préserver, évitaient les cornadas entre toros. Selon celui-ci, 30% des toros sont victimes de leurs congénères au sein d’un même élevage… Un pourcentage que chaque ganadero sera amené à discuter.
(à suivre...)
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De la qualification des combats entre toros au campo | 26/03/2009 - 21:31:36 |
Les aficionados et même ceux qui ne connaissent que peu de choses de la vie au campo sont toujours fascinés par la combativité extrême dont font preuve les toros entre eux. Des combats d’une violence inouïe qui peuvent occasionner des blessures aux animaux, voire même déboucher sur la mort de l’un des deux toros…
Ce système est basé sur le système « dominant – dominé » et montre au grand jour la question de la hiérarchie dans le groupe : il n’y a qu’un seul patron au sein du troupeau et, de temps en temps, un « dominé » va tenter de lui dérober son leadership en remettant en cause son statut de « dominant ». Cela se vérifie dans tous les groupes de toros. C’est également un phénomène que l’on observe dans quelques espèces animales et parfois même… chez les hommes !
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De la définition d’un espace idéal pour un lot de toros | 24/03/2009 - 23:22:10 |
Je considère personnellement qu’un lot de mâles doit disposer d’une superficie de terres équivalente à 4 ou 5 hectares environ… La définition de cet espace permet au mayoral de surveiller les bêtes en tant que lot et non tant qu’individus. En effet, une surface trop grande empêcherait le mayoral de les voir « à la maille ».
Cela est nécessaire afin que le ganadero ait ses toros sous la main, pour parfaire notamment leur finition en matière d’alimentation, mais aussi de traitement sanitaire.
La grandeur des clos doit donc rester dans une juste mesure, ce qui est le cas d’une majorité de grandes ganaderías en Espagne… Les camadas nécessitent en revanche un peu plus de terre même si je me souviens avoir vu au Toruño toutes les bêtes de María Luisa Domínguez y Pérez de Vargas réunies sur 30 hectares !
Les choses peuvent donc varier, en fonction de la philosophie du ganadero, mais l’exemple que j’ai cité en premier me semble le plus approprié.
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Des enseignements du colloque « le taureau de combat et le combat du taureau » (3e partie) | 23/03/2009 - 22:51:44 |
Ce début de printemps taurin est synonyme de nouveautés à Bellombre, avec quelques arrivées sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir d’ici la fin de la semaine. En attendant la venue prochaine de nos amis parisiens de Cultur’afición, la saison des tentaderos se prépare en coulisses…
Avant-hier, il était question dans ces colonnes de l’alimentation du toro et des apports en glycogène, l’un des aspects ganaderos abordés lors des récentes Rencontres médicales autour des tauromachies, à Nîmes. Représentant de l’INRA, Hubert Compan a rappelé l’importance de la question de la nutrition du toro, en appuyant son argument sur la nécessité que ce dernier dispose d’un maximum de réserves glycogéniques le jour de la corrida.
Une question a été posée lors de cette intervention : « faire bouger le toro mais pour quelles raisons ? ». Un aspect que nous avons largement développé dans ce Blog tout au long de l’été dernier…
L’argumentaire d’Hubert Compan s’est axé sur la règle des « trois huit » : 8 heures pour manger – avec 2 kilos de matière sèche pour 100 kilos de poids –, 8 heures pour ruminer et 8 heures pour dormir… Les vétérinaires se sont interrogés sur l’éventuel risque de perturbation que pourrait produire un effort « à contretemps ».
Un entraînement-type a par la suite été présenté, se décomposant de la sorte : 400 mètres au pas, 1200 mètres au galop, 2 minutes de repos, 1200 mètres au galop et 400 mètres au pas. Si le caractère rigoureux d’une telle préparation n’a pas été éludé, les conférenciers ont tout de même émis une réserve : « à quoi sert cet entraînement s’il est suivi de 8 jours d’immobilisation au corral, en attendant la course ? ».
Les choix assumés depuis plusieurs mois au sein de notre ganadería ne vont pas en ce sens. Préparés de façon progressive, nos novillos et erales n’ont jamais pâti de problèmes physiques particulier et ont toujours été embarqués dans un laps de temps suffisant. C’est le juste équilibre entre l’assimilation de la préparation physique et le temps de récupération nécessaire après le débarquement aux arènes.
(à suivre…)
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De la durée de sevrage du veau | 22/03/2009 - 22:56:11 |
Chez une vache, la durée d’ovulation étant de 28 jours et celle de la gestation étant de 9 mois, soit les mêmes que chez une dame, nous avons pour habitude, à Bellombre, de « démèrer » les veaux 7 à 9 mois après leur naissance…
Dans le cas spécifique des veaux braves issus de transplantations embryonnaires et qui ont été portés par des vaches Aubrac, nous écartons systématiquement ceux-ci de leurs mères lorsqu’ils sont âgés de 6 mois, afin d’éviter des problèmes d’abâtardissement physique.
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Des enseignements du colloque « le taureau de combat et le combat du taureau » (2e partie) | 21/03/2009 - 21:15:35 |
Après avoir évoqué avant-hier les interventions ô combien passionnantes d’Hubert Compan et Dominique-Pierre Picavet, je vous propose aujourd’hui de revenir sur le travail présenté par deux autres membres de l’INRA – Institut national de la recherche agronomique – en la personne de madame Brigitte Picard et de monsieur Denis Durand, qui ont plus spécifiquement étudié la fibre musculaire du toro brave… Un animal qui prend de la sorte le statut de sportif de haut niveau…
A ce titre, on retrouve dans leur approche une similitude avec les compétiteurs d’élite : trois types de fibres musculaires en relation avec des performances précises y sont en effet distingués. De façon très condensée, on trouve des dominantes disposant à un effort bref et explosif, et d’autres présidant à un effort plus soutenu et prolongé, avec la présence d’une catégorie intermédiaire.
Ainsi, Brigitte Picard et Denis Durand ont constaté dans le cadre de leurs recherches scientifiques que les Miura sont des « coureurs de fond » alors que les Victorino Martín sont des « sprinters ». Une relation entre l’alimentation et les catégories de fibres musculaires étant mise en évidence.
Dans cette étude, il apparaît que les toros qui chutent sont ceux qui assimilent moins bien les glucides et les lipides, et disposent d’un facteur antioxydant moindre. De ces conclusions, en pratique, découle une alimentation rationnelle des toros, qui gagnent à bénéficier d’un apport d’anti-radicalaires débuté deux mois avant la course et enrichi d’un supplément en glycogène durant les deux dernières semaines.
(à suivre…)
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De l’utilité sanitaire de nos installations | 20/03/2009 - 19:18:27 |
Soigner un toro, c’est d’abord soigner un bovin. Une opération capitale d’un point de vue sanitaire, à condition d’être au top en termes d’installations au sein de la ganadería… Les soins apportés à un toro nécessitent une anesthésie totale ; un point que nous avions déjà abordé dans ces colonnes, il y a un peu plus d’un mois.
Si j’y reviens aujourd’hui, c’est parce que souhaite développer plus l’aspect lié aux moyens mis par le toro pour rejoindre la caisse de contention où il sera soigné. Un toro suffisamment autonome pourra aisément pénétrer de lui-même dans les installations, ce qui amoindrira les risques liés au stress de l’animal.
La fameuse garrocha avec seringue est ainsi employée pour anesthésier les bovins plus récalcitrants. Dans ce type d’opération, nous avons recours à des seringues américaines, qui sont de très beaux outils. L’usage d’un tel matériel permet ainsi d’élargir la qualité des soins tout en préservant l’intégrité mémorielle de l’animal.
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Des enseignements du colloque « le taureau de combat et le combat du taureau » | 19/03/2009 - 22:21:47 |
La semaine dernière s’est tenu, sous la présidence d’honneur d’Hubert Yonnet, un colloque fort intéressant organisé à la faculté Vauban de Nîmes à l’initiative du docteur Jean-Yves Bauchi, chirurgien des arènes, et qui proposait une nouvelle édition des Rencontres autour des tauromachies.
Le thème du « taureau de combat et du combat du taureau » a permis à des personnes que je connais bien de donner à l’auditoire quelques éléments d’information qui permettent de mieux appréhender la vie ganadera… Le premier à s’exprimer fut le docteur Hubert Compan, vétérinaire et nutritionniste émérite, qui compte 55 ans d’assiduité aficionada et avec qui j’ai pu élaborer des programmes intéressants en termes d’apports alimentaires au sein de mon élevage.
Toujours optimiste, celui-ci a fait valoir l’amélioration de la race brave au sein des ganaderías, avec un effort notable apporté en termes de toréabilité ainsi qu’une amélioration importante du trapío… Des propos qui ont été suivis par l’intervention du docteur Dominique-Pierre Picavet, vétérinaire à l’École nationale vétérinaire de Toulouse, qui a présenté un outil de mesure des comportements du toro à partir de ses déplacements, de l’ouverture de sa bouche et de son port de tête…
Dans sa démonstration, celui-ci a fait apparaître l’origine multifactorielle des manifestations de faiblesse de l’animal, dans lesquelles entrent en ligne de compte la génétique, les carences alimentaires, la pique et le stress. Des travaux qui s’appuient sur la thèse de doctorat d’un étudiant à l’École nationale vétérinaire de Toulouse et sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir prochainement…
(à suivre…)
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Toujours garder un œil attentif sur le physique de ses toros | 18/03/2009 - 21:14:54 |
On entend souvent dire dans les milieux « autorisés » que les toros de Sanfermines, qui courent chaque jour l’encierro matinal dans les rues de Pampelune, ne chutent jamais lors des corridas qui se déroulent en fin d’après-midi ! Constatation avérée, vérité vraie, maxime absolue ? Je laisserai le soin à chaque aficionado de se faire sa propre opinion.
A Bellombre, comme je l’ai expliqué précédemment, nous mettons tout en œuvre pour que nos toros soient entraînés à travers des exercices physiques réguliers… Améliorer la masse musculaire, tel est le but recherché. C’est pour cette raison qu’il est inconcevable de la part de personnes qui se disent « aficionados » de confondre encore les notions de poids et de trapío.
Personnellement, je dis oui au Toro de Pampelune, présenté dans toute son intégrité physique et musculaire… Mon avis ne sera, en revanche, pas le même dans d’autres arènes espagnoles, voire même françaises, qui revendiquent une philosophie qualifiée par certains de torista mais qui est l’antithèse même du toro brave… Un animal excessivement armé et tardivement engraissé au pienso industriel ne donnera rien de bon, quelles que soient ses origines.
L’éleveur doit donc veiller au contenu des aliments qu’il donne à ses bêtes et réserver les meilleurs soins à ses « champions ». A Bellombre, cela se traduit par de longues chevauchées autour du taurodrome qui fêtera dans quelques mois sa première année d’existence. Un événement que vous aviez découvert en exclusivité sur ce Blog.
Mon Dieu, que le temps passe vite !
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De la gestion de l’espace de la ganadería | 17/03/2009 - 23:28:34 |
Certains curieux me demandent comment s’opère la gestion du troupeau en termes d’occupation de l’espace. Une question que je rattache volontiers au manque dont souffrent plusieurs ganaderos dès lors que ces derniers souhaitent acquérir plus de terres. Faire de l’élevage extensif, voilà un sujet d’actualité mais dont les projets sont aujourd’hui bien difficiles à mener à terme !
Les hectares manquent toujours dès lors que l’on souhaite former un élevage de qualité. Tous les espaces sont bons à prendre afin que le troupeau prenne ses repères et que les hommes puissent effectuer le manejo le plus adapté possible. Tous les éléments réunis par le ganadero doivent reposer sur différentes sortes de rythmes, liés en permanence à la pâture et à la notion de parcours.
Autour du toro et de son élevage peut se créer un véritable écosystème si tant est que l’éleveur se donne les moyens nécessaires pour y parvenir… A Bellombre, les enclos ont été élaborés pour que nos vaches et nos taureaux puissent grandir dans les meilleures conditions possibles, quelle que soit la saison ou la période spécifique liée à l’activité ganadera – naissances, cubrición, finition physique d’un lot, etc…
Donner les moyens nécessaires au toro d’aller et venir, de se nourrir sans stress et de trouver des refuges dans l’espace où il se trouve… Voilà les trois premiers points qu’un éleveur doit respecter en matière de gestion de l’espace qu’il possède.
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Préparer le Rocío… | 16/03/2009 - 18:44:05 |
Nous célébrerons la fête de Pâques dans un peu moins d’un mois, week-end ô combien taurin en pays d’Arles et baptisé de Résurrection, de l’autre côté des Pyrénées… Dès lors, 50 jours nous sépareront de la célébration de la Pentecôte, synonyme de pèlerinage vers El Rocío pour des centaines de milliers de fidèles, au premier rang desquels votre humble serviteur…
Vendredi dernier, comme je l’ai déjà expliqué, il y a quelques jours dans ces mêmes colonnes, j’ai repris le chemin de Doñana afin de retrouver les amis de la confrérie à laquelle je suis rattaché. Un moment fort, de partage, de retrouvailles et d’amitiés que quelques lignes n’arrivent qu’imparfaitement à décrire… Mieux connaître le Rocío, c’est aussi le vivre et ainsi s’approcher un peu plus de la Vierge qui porte son nom. Tout le monde la chante dans ce morceau que les Français appellent communément « la Messe sévillane », mais tant de choses, bien plus profondes et enseignantes sont rattachées à celle-ci. Personnellement, je lui porte une dévotion sans faille, ce que les visiteurs de Bellombre auront pu remarquer s’ils se sont attardés sur certains azulejos de notre finca…
A travers le parc de Doñana, les pèlerins marchent ou roulent, portés par la ferveur du peuple rocíero… Sur la rive droite du Guadalquivir s’étend ce chemin unique, qui recèle en son sein des étendues magnifiques, composées d’une flore et d’une faune aux contrastes saisissants.
Mais le chemin du Rocío se prépare, et c’est en musique et en « famille » que nous nous sommes retrouvés, vendredi. Autour de la table, plusieurs têtes connues, des amis, des frères, au premier rang desquels j’ai retrouvé mon ami Ludovic Lelong, « Luisito » pour les taurins, matador de toros retiré, et qui vit aujourd’hui dans le bonheur, entouré d’une femme et d’une adorable petite fille. A ses côtés, nous avons vécu un moment intense de partage pour ce week-end qui précède la Saint Joseph.
Merci à tous mes frères, mes amis ! Il me tarde de vous revoir au Rocío au sein de ce grand pèlerinage qui nous unit !
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Le premier grand coup de la temporada | 15/03/2009 - 20:21:35 |
En tant que ganadero professionnel, vous savez certainement l’importance que j’attache au grand circuit des ferias et à toutes ces arènes espagnoles qui permettent aux élevages les plus prestigieux de fournir chaque année les corridas qui « comptent ». Pour avoir déjà connu cela, au cours de l’aventure Occitania – qui, je le rappelle pour ceux qui auraient raté un épisode depuis 2000, est bel et bien terminée en ce qui me concerne –, mon plus cher souhait est de revivre les instants que j’ai vécus dans des plazas aussi importantes que Madrid, Barcelone ou encore Saragosse.
En Espagne, on ne rigole pas avec la notion d’arène de 1e catégorie. Une arène dite « de première catégorie » l’est vraiment et le niveau d’exigence l’est également pour le ganadero qui y est engagé. D’où l’importance, au sein de notre élevage, de maintenir celle-ci comme s’il fallait, dès demain, envoyer six exemplaires pour fouler le sable de Las Ventas…
Depuis quelques semaines, la temporada espagnole est devenue une réalité. Hier Olivenza, aujourd’hui Valencia, demain Castellón de la Plana, des rendez-vous toujours synonymes de faenas importantes et de toreros vedettes prêts à en découdre. Ce dimanche, contre vents et marées, José Tomás a obtenu son premier triomphe de la temporada européenne, liant devant un toro de réserve de Joaquín Núñez del Cuvillo une faena des plus vibrantes, récompensée d’une oreille… Même les critiques les plus exigeants – et habituellement fortement réfractaires au toreo de José Tomás – ont dû se rendre à l’évidence et reconnaître que la double prestation du Madrilène, en ce beau dimanche de printemps, n’était pas le fait du hasard…
De retour de Sanlúcar de Barrameda, cette nouvelle n’a fait que renforcer ce sentiment intérieur de joie qui m’accompagne à chaque début de temporada… Des toros pleins la tête et des figuras qui nous enseignent au quotidien sur l’exigence de la tauromachie du haut niveau.
Enhorabuena maestro et bonne saison à tous… Cette temporada qui s’ouvre promet d’être passionnante !
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Savoir gérer la préparation physique de ses toros | 14/03/2009 - 16:56:39 |
La plupart des bons observateurs taurins auront remarqué que nos novillos ont fait preuve d’une robustesse affirmée, dimanche dernier, sur la piste des arènes d’Arzacq-Arraziguet. Signe visible du travail de préparation fait en amont avec Sébastien et Caroline, nos deux cavaliers… Faire courir nos toros avant une course, une nouveauté que nous avions expérimentée l’an passé pour la course de Bayonne et qui s’est avérée riche en enseignements. Toutefois, cet exercice nécessite à un ajustement des plus précis : l’éleveur et le mayoral doivent veiller à ce que cette robustesse ne se transforme par rudesse ou en rugosité…
Cette problématique me permet d’aborder, sous un angle différent, la question de la préparation de nos lots. Au sein de notre ganadería, nous faisons tout ce qui est notre pouvoir pour que nos bêtes puissent développer leur musculature, notamment par le biais de ces courses, effectuées quotidiennement sur le taurodrome à une période donnée. L’exemple d’Arzacq-Arraziguet nous a prouvé que les novillos avaient légèrement perdu du poids et gagné en légèreté : une réalité physique qui s’est traduite en piste par une faculté de combativité renforcée.
A Bellombre, cette préparation physique se double d’un travail spécifique sur l’alimentation des animaux et faire par exemple en sorte que tous les novillos d’un même lot aient un accès égal à la mangeoire. Mieux favoriser l’équité entre les novillos permet de gommer les soucis liés à la question d’un toro dominant par rapport à ses congénères…
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Se ressourcer, une nécessité… | 13/03/2009 - 19:30:38 |
Certaines périodes nécessitent de prendre du recul afin de se poser quelques questions et d’ouvrir plusieurs types de réflexion. Me concernant, j’attache une grande importance à la vie en communauté, notamment lorsque nous nous retrouvons, une fois l’an, au cœur du hameau d’El Rocío, en Andalousie, lors du fameux pèlerinage de Pentecôte…
Depuis quelques jours, je me trouve dans le sud de l’Espagne, là où le rythme du toro brave est toujours a compás. Depuis Sanlúcar de Barrameda, nous vivons dans un esprit de liesse et de ferveur… Flamenco, partage, chants… Les gens d’ici ont des histoires uniques qu’il est toujours savoureux de redécouvrir. L’Andalousie n’est jamais la même : elle se décline de différentes manières, à l’unisson des palos flamencos, parfois avec un verre de manzanilla à la main. Manzanilla de Sanlúcar, je m’entends… La seule, l’unique, la vraie !
Il y a encore quelques semaines en arrière, nous étions au cœur de la finca de Manolo González pour repartir à la découverte des origines de l’encaste Núñez que nous élevons à Bellombre. Une Andalousie que j’aurai plaisir à retrouver, dans les prochaines semaines, pour la Feria d’avril de Séville, mais aussi pour le pèlerinage du Rocío…
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Préparer les autres rendez-vous de la temporada | 12/03/2009 - 20:56:10 |
Plus le temps passe, plus je me dis que de nombreux éléments positifs doivent être pris en compte depuis le festival taurin de dimanche dernier, à Arzacq-Arraziguet… Le sérieux de nos novillos, dont l’âge était certes plus proche très 4 ans que des 3 ans, a certainement ôté le côté « agréable » que peut revêtir aux yeux de certains professionnels le profil traditionnel d’un festival taurin. Il n’empêche… Plusieurs spectateurs, qui étaient venus garnir les gradins des arènes du Soubestre, n’ont pas tiré d’éloges quant à la qualité générale de la course à laquelle ils avaient assisté. En un mot, l’ennui n’a jamais régné…
Dans une autre piste, plus conforme aux canons de la lidia moderne, un torero comme Fernando Cruz aurait pu certainement passer la vitesse supérieure et réaliser une prestation plus importante. Cette analyse, fondée sur l’entretien téléphonique que j’ai eu avec le principal intéressé, me rappelle que d’autres courses vont composer le calendrier de notre élevage.
Des rendez-vous encore plus importants et qui se dérouleront en habit de lumières… Tout d’abord, le dimanche 28 juin, avec une novillada sans picadors qui sera présentée dans les arènes de Rieumes et, moins de deux mois plus tard, une novillada formelle des plus importantes qui aura pour cadre les arènes de Béziers. Un retour en terre héraultaise qui m’enchante au plus haut point. Nous aurons bientôt l’occasion d’en reparler.
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Le premier herradero de 2010 est déjà en marche ! | 11/03/2009 - 22:13:43 |
Pendant que toutes nos attentions étaient portées vers le festival taurin d’Arzacq-Arraziguet, un moment important de la vie de la ganadería vient de prendre fin… En effet, la période de monte des vaches de l’élevage s’est achevée.
Pendant deux mois, nos étalons ont couvert les vaches approuvées en tienta, qui vont désormais gérer la période de grossesse, qui, rappelons-le, va durer neuf mois. Les nouveaux produits verront donc le jour dans les derniers mois de l’année 2009 et seront ainsi prêts à être marqués pour l’herradero qui se déroulera au tout début du printemps 2010. Ainsi va le rythme de l’élevage, qui suit la cadence des naissances et des marquages. L’avenir du bétail s’écrit au quotidien…
Rappelons que la seconde période de cubrición se déroulera entre la fin du printemps et le début de l’été, quelques semaines avant le second herradero de l’année que nous programmons traditionnellement au début du mois de septembre, avec les produits issus des accouplements opérés au cours de l’été 2008…
Nous venons à peine de ranger les fers du marquage que nous pensons déjà à les ressortir ! Je sais que les volontaires ne manqueront pas pour s’en emparer dès la prochaine occasion !
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Un coup de fil qui fait plaisir… | 10/03/2009 - 23:49:21 |
« Le bonheur, c’est simple comme un coup de fil » disait pompeusement une publicité des Telecom il y a quelques années de cela… Pourtant, je serais tenté aujourd’hui de reprendre cet intitulé après avoir raccroché mon téléphone portable il y a quelques heures...
Tout en vous invitant à découvrir au quotidien notre revue de presse du dernier festival taurin d’Arzacq-Arraziguet, je repense encore à tous les témoignages que j’ai recueillis au sortir de ces arènes du Soubestre, qui, rappelons-le, avaient fait le plein, au cœur d’une commune qui découvrait la tauromachie espagnole.
Si j’ai été touché par les différents commentaires par les habitués de ce Blog – mais aussi d’autres lecteurs, encore inédits en termes de contributions, et qui sont sortis de l’anonymat –, j’avoue avoir été touché par les paroles que Fernando Cruz a exprimées à mon égard, à l’autre bout du fil... Un entretien où la flagornerie n’avait pas sa place, mais bien des paroles venant du cœur…
Fernando m’a tout simplement remercié de lui avoir donné l’opportunité de toucher un toro, qui, selon ses propres proposes, lui aurait permis de couper une oreille à Madrid. Dans la bouche de ce torero, nul doute quant au fond de race exprimé par Violonista, le n°32, d’origine Martelilla, qu’il a croisé sur sa route dimanche dernier… Pour Fernando, ce toro était un toro pour Madrid, qui, dans le cadre d’une piste classique, aurait certainement développé un comportement différent...
Fernando me confiait que cette lidia lui avait rappelé la faena qu’il avait ciselée le 10 mai 2007, en pleine San Isidro, face à Entreotoño, un toro de Martelilla auquel il faillit couper une oreille. Une corrida que mon ami Gonzalo Domecq avait savamment préparée afin d’être à la hauteur des exigences de l’afición de la capitale…
Madrid, Las Ventas, une arène que je connais bien pour y avoir déjà mené des toros il y a tout juste dix ans, à l’occasion de la confirmation d’alternative de Stéphane Fernandez Méca. Une plaza où je souhaite ardemment retourner, surtout après les paroles de Fernando, qui nous a conforté dans le type de sélection que nous effectuons à Bellombre…
La leçon a été reçue… Si nous devons revenir dans une arène de 3e catégorie, en festival, cela se fera avec un gabarit peut-être plus agréable afin de rassurer les professionnels taurins qui revêtent le traje corto. Mais grâce à Fernando, je sais désormais que nos produits peuvent encore passer des paliers supplémentaires. Grâce aux enseignements d’Arzacq, nous savons qu’il n’est pas utopique de penser à Madrid.
Merci à toi Fernando et enhorabuena pour cette oreille coupée à la force du poignet. « Une oreille de Madrid », c’est toi-même qui me l’a confié…
(photo de Fernando Cruz face à « Entreotoño », de Martelilla, le 10 mai 2007, à Madrid).
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De la gestion d’une certaine forme de frustration | 09/03/2009 - 23:26:28 |
Les commentaires et témoignages de sympathie qui me viennent aux oreilles me réconfortent après l’expérience vécue, dimanche après-midi, lors du festival taurin d’Arzacq-Arraziguet. Tout ne fut pas simple, mais en les verbalisant les choses s’expliquent parfois le plus naturellement du monde… Tout au long de la semaine, nous allons d’ailleurs vous proposer dans notre section « revue de presse » les différents avis exprimés par les observateurs taurins quant à la prestation de notre bétail en terre béarnaise…
Cela dit, je ne peux m’empêcher à la tête de Sébastien, notre mayoral, et Cédric, son fidèle second, lorsque le premier novillo de la course est allé se fracasser contre le burladero des toreros pour ne jamais s’en relever. Je n’en croyais pas mes yeux et les larmes me sont venues… jusqu’à ce que mon voisin de callejón, José Ángel Santafé Martón – avec qui nous maintenons une excellente relation de travail ganadero – me dise que le novillo n’allait jamais se relever. Bien évidemment, il s’agissait du novillo sur lequel je fondais le plus d’espoir du fait de ses ascendances…
Alors oui, je peux comprendre la fatalité de certaines choses mais aussi me questionner sur le soin qui devrait être apporté à tous les niveaux dans le monde de la tauromachie. Une main mal placée, un bout de cape qui n’avait rien à faire à cet endroit-là, un banderillero espagnol, je l’espère, désolé… Pour un résultat final tout aussi enrageant : des années de sélection mises à sac en moins de 10 secondes, montre en main…
Ensuite, l’histoire de ce festival taurin peut s’écrire de différentes manières, avec les degrés de lecture que chacun sera capable d’apporter. Toujours est-il que je demeure convaincu d’une chose : si ce premier novillo ne s’était pas tué contre ce burladero, le profil de cette course n’aurait, incontestablement, pas été le même…
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De la rentabilité d’une ganadería | 08/03/2009 - 21:04:09 |
En cette période de début de temporada, j’entends ça et là plusieurs ganaderos se plaindre de la difficulté du marché français, notamment du fait de la longueur de leur camada… Être ganadero, ce n’est pas seulement acheter des vaches et les sélectionner en tienta, c’est aussi voir la réalité de son cheptel et analyser les capacités de développement de son élevage… Savoir se poser cette question : « quels types de toreros, d’arènes et de publics mes toros vont-ils intéresser ? ».
Une fois que ce cadre a été établi se pose ensuite la question du nombre de mâles à fournir par an, et dans quel type de spectacle… Va-t-on choisir uniquement la facilité, avec des novilladas sans picadors, conserver quelques novillos pour un lot intégral ou un concours ? Quant aux toros, la prise de risque devient dès lors maximale… Le choix doit s’appuyer sur des arguments solides, à un moment où le ganadero connaît parfaitement « son » marché.
Eu égard à ces considérations, il est difficile de penser aujourd’hui que le métier de ganadero est une activité rentable. L’éleveur sait parfaitement les sommes qu’il investit pour ses toros, mais ignore souvent combien ces derniers pourront un jour lui rapporter… A quelques rares exceptions…
C’est pour cette raison que je considère la gestion d’une ganadería comme l’une des dernières passions romantiques de ce XXIe siècle.
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Festival d’Arzacq-Arraziguet : J -1 | 07/03/2009 - 18:16:49 |
A 24 heures du grand rendez-vous, je ne peux que vous conseiller d’aller faire encore une fois un petit détour du côté de notre Agenda histoire de (re)découvrir les premiers novillos qui fouleront le sable de la nouvelle histoire taurine des arènes du Soubestre, demain, à Arzacq-Arraziguet… Le propre d’un jeune élevage est de prendre au sérieux la totalité des courses pour lesquelles il est engagé. Que ce soit en novillada sans picadors, en novillada formelle ou encore en festival taurin, chaque course revêt une importance particulière et doit répondre à des attentes.
Nous concernant, la lidia des quatre novillos, que nous mènerons demain matin à Arzacq-Arraziguet, doit nous enseigner sur le futur de la ganadería et les choix opérés en matière de sélection il y a quelques années en arrière. Pour cela, nous espérons que les capes et les muletas des jeunes matadors de toros qui vont officier seront les révélateurs de la bravoure de notre bétail.
Ce festival taurin, qui intervient quatre mois après la fiesta campera de Rion-des-Landes, sera également l’occasion de partager un moment de convivialité avec cette afición du sud-ouest qui nous est si chère. Demain matin, le réveil sonnera très tôt pour que nous rejoignons ce beau département des Pyrénées-Atlantiques et que nous retrouvions nos amis béarnais. Rendez-vous donc à demain, dès la fin de matinée, aux abords des arènes du Soubestre, à Arzacq-Arraziguet. Le blog sera de retour dès lundi !
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De la position du ganadero en cas d’épizootie | 06/03/2009 - 21:57:40 |
Il y a quatre ans, la France taurine se retrouvait au centre du problème de la « langue bleue » et de l’impossibilité d’importer plusieurs grands noms de l’élevage espagnol sur le territoire national du fait de l’expansion de plusieurs sérotypes. L’épizootie de fièvre catarrhale avait ainsi conduit le ministère français de l’Agriculture à observer la plus grande prudence afin de protéger notamment les élevages d’ovins et de caprins.
Au niveau local, les directions départementales des services vétérinaires appliquent des contrôles stricts afin de s’assurer de la bonne santé du troupeau. Toutefois, si un toro est atteint par une maladie, l’éleveur doit automatiquement l’exclure du troupeau pendant 1 à 2 ans… C’est le cas lorsqu’un toro contracte la leucose.
Si l’évolution de l’état de santé du toro isolé va dans le bon sens, le ganadero doit ensuite pratiquer des analyses, comme cela se fait par exemple dans le cas de diarrhée virale bovine. Les résultats de ces dernières doivent s’avérer négatifs pour que le toro puisse ensuite être réintégré au troupeau.
L’épizootie atteint des niveaux de gravité bien plus importants, comme c’est le cas pour la tuberculose ou encore la fièvre catarrhale… Celle-ci peut obliger le ganadero à éradiquer la totalité de son troupeau. Un cas que nous n’avons jamais connu à Bellombre et nous prions la Vierge du Rocío pour qu’il en soit ainsi encore pendant de longues et nombreuses années, en maintenant les mêmes niveaux d’exigence concernant le sanitaire…
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Festival d’Arzacq-Arraziguet : J -3 | 05/03/2009 - 21:04:54 |
Les fidèles lecteurs qui ne l’auraient pas encore fait peuvent retrouver les photos de nos quatre novillos d’Arzacq dans notre section Agenda… La pression monte et nous partirons très tôt pour rallier le beau département des Pyrénées-Atlantiques où notre temporada débutera ce dimanche…
Rappelons que cette journée taurine a été organisée grâce à l’action conjuguée du Club taurin palois Joseph-Peyré et du Club taurin d’Arzacq-Arraziguet… Une journée qui débutera en fin de matinée par une tienta et qui se poursuivra à la mi-journée par un grand repas de l’afición comme seuls les gens du sud-ouest savent le préparer !
Puis viendra l’heure du festival taurin : rendez-vous pris à 16h30 dans ces arènes du Soubestre entièrement refaites, couvertes et modernes, qui rouvrent leurs portes grâce au travail effectué par plusieurs élus locaux. Mais le plus important demeure l’esprit insufflé par les organisateurs et les aficionados palois qui confessaient récemment sur le site internet le pourquoi d’un tel projet :
« Il n’existe plus de festivals taurins dans le sud-ouest… Nous remplissons ainsi un vide. Notre concept : faire confiance à de jeunes toreros qui ont faim et dont les qualités ne sont pas à démontrer. Ainsi, en début de saison, ils pourront faire leurs preuves et gagner quelques contrats. Il en va de même du bétail et des les éleveurs en qui nous avons fait confiance.
Nous ne voulons gêner personne ni faire d’ombre à qui que se soit. Même si nous ne sommes ni naïfs, ni aveugles, nous ne sommes pas rancuniers. Car l’afición est trop divisée, minée pour que l’on perde son temps en querelles débiles. Ce festival permet d’inscrire une date supplémentaire sur le calendrier taurin, dans une région, le Béarn, où les spectacles sont rares.
Ainsi, ces dernières semaines, on a beaucoup parlé de toros dans la seconde ville d’Aquitaine (Pau) à travers les médias, l’affichage, la réception à la Section paloise, les distributions de tracts, etc... Qui va s’en plaindre ? C’est la tauromachie en général qui en profite. Les retombées seront pour toutes les arènes du sud-ouest...
Si nous réussissons notre pari dimanche, remplir les arènes du Soubestre, cela montera que l’afición est bien enracinée en Béarn, qu’elle peut s’y développer. Cela sera un signe positif pour la culture que nous défendons. Cela prouvera qu’une bande de copains désintéressés, décidés et complémentaires peut réaliser de belles choses. C’est tout le peuple du toro qui y trouvera son compte. Alors dimanche, tous à Arzacq ! »
Bien évidemment, nous y serons, après quelques heures de route en plus et de sommeil en moins. Et nos toros également !
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De la vie en communauté entre toros | 04/03/2009 - 23:50:25 |
La vie du ganadero est intimement liée à une certaine notion d’angoisse, parfois incomprise de certains : le développement et le bien-être absolu de ses toros… En ce sens, j’avoue toujours nourrir une certaine appréhension dès lors que j’entends, dans le fin fond du camp, des toros se répondre par des beuglements plus que plaintifs… Le rapport « dominant-dominé » que j’évoquais hier dans ces colonnes peut parfois revêtir des aspects tragiques, avec des combats qui peuvent s’engager entre les toros, en plein champ… Parfois, jusqu’à la mort de l’un d’entre eux…
Un toro brave va systématiquement se placer dans une logique d’agressivité et lutter afin de définir sa place au sein de la camada. Un fait qui se vérifie, quelle que soit la tranche d’âge de l’animal, qu’il soit dans la transition de becerro à eral ou encore de novillo à toro... Un rapport de force s’établit ainsi au sein d’un cycle qui se renouvelle constamment : de temps à autre, un toro dominé va tenter de défier le « dominant » du troupeau, avec la ferme volonté d’asseoir son emprise sur le reste du bétail et d’être le patron au moment où il s’approche de sa mangeoire…
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De l’alimentation et du trapío du toro | 03/03/2009 - 22:18:03 |
L’été dernier, au moment des fortes chaleurs du mois de juillet, j’avais évoqué dans ce Blog la question de l’alimentation et du physique, du trapío, que nous recherchons au sein de notre élevage. Grâce au taurodrome réalisé sur les terres de Bellombre, nous avons pu préparer au mieux nos erales de Bayonne en leur faisant perdre du poids. Un accroissement de la musculature synonyme chez le toro d’un renforcement de ses facultés combatives et d’une résistance physique appropriée.
Toutefois, ce travail secondaire ne peut se faire sans une alimentation saine et équilibrée, qui tient en compte des besoins nutritifs de l’animal et de son rumen… Le grand public ne doit pas également perdre de vue que l’alimentation du toro doit être resituée, en termes de quantité, par rapport à sa position dans le troupeau. S’il est dominant, le toro aura un avantage sur le reste du troupeau, principalement au niveau de l’accès à sa mangeoire…
En ce sens, la question du trapío est très importante. Le ganadero se doit donc de bien observer le rapport entre le dominant et les dominés, et faire que les bols alimentaires permettent de répartir suffisament de nourriture pour que chacun mange en fonction de ses besoins , conséquence directe de leur statut de « dominé ». On le voit, la question du trapío touche de nombreux paramètres, parfois inconnus des aficionados et qu’il est peut-être bon de rappeler à l’orée des grandes ferias qui se préparent…
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Festival du 8 mars, à Arzacq-Arraziguet – Mathieu Guillon | 02/03/2009 - 23:42:53 |
C’est le sixième et dernier nom à composer l’affiche du festival taurin qui nous réunira, dimanche prochain, dans les arènes couvertes d’Arzacq-Arraziguet. Lui, c’est Mathieu Guillon, un apprenti-novillero déjà doté d’une personnalité affirmée et qui poursuit son parcours de becerrista sous la houlette de son professeur, Richard Milian…
Originaire du département des Landes, Mathieu a signé au cours des dernières temporadas plusieurs prestations de qualité qui lui ont permis d’intégrer les cartels de nombreuses novilladas sans picadors. Au côté de son compère Thomas Dufau, lui aussi élève de Richard, Mathieu a su se faire un nom et gagner la confiance de « son » public. Dans le sud-ouest, les deux apprentis-novilleros ont partagé bon nombre de cartels en commun, jusqu’à leur dernière comparution, le 31 août dernier, à Bayonne, devant les erales de Camino de Santiago. Deux oreilles dans l’escarcelle de Thomas et Mathieu, une sortie en triomphe partagée avec Jean-Louis Daré et quelques figures que nous n’avions plus vu en piste depuis quelques temps.
Que ce soit à la cape ou aux banderilles, Thomas et Mathieu savent proposer de la diversité aux spectateurs. Leur toreo est fait d’alegría et de personnalité, rappelant les premiers pas d’un jeune novillero français qui a vu le jour dans les Pyrénées-Orientales et que ses parents ont prénommé Richard…
Une générosité et une personnalité que Mathieu avait développées lors de son passage dans l’édition 2006 de « Graines de toreros ». Avec culot et sens de l’opportunité, Mathieu avait coupé les deux oreilles d’un bon eral de Sol, dans les arènes de Générac, gagnant ainsi son billet pour la finale de Saint-Gilles, la semaine suivante… Face au bétail des frères Jalabert, Mathieu Guillon avait coupé une nouvelle oreille, au même titre que Thomas Bournel mais le titre de « Graines de toreros » était revenu à Marc-Antoine Romero II, crédité de trois trophées…
En 2006, Mathieu Guillon ne posait pas encore les banderilles… Depuis son toreo a su évoluer, gagner en technique et avec une personnalité encore plus affirmée. Une évolution nécessaire pour Mathieu, qui débutera en novillada formelle le 19 avril prochain dans les arènes de Garlin face à du bétail de Joselito. Un autre cap important à franchir et qui passera nécessairement par une bonne « mise en condition », ce dimanche à Arzacq. Le festival taurin à ne surtout pas manquer en cette première semaine du mois de mars…
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Premier retour sur l’herradero de samedi dernier | 01/03/2009 - 22:44:25 |
Un soleil majoritaire et quelques nuages, à la mi-journée, pour le premier herradero de l’année 2009 à Bellombre. Deux témoins privilégiées de cette opération, deux aficionados passionnés, Régine et Bruno, notre fameux blogueur, tous deux venus découvrir les secrets du marquage…
Beaucoup d’animation autour de la caisse de marquage avec une mise en rythme un peu difficile, les premières vaches nourrissant quelque rancœur à notre égard après les avoir relâchées ! Ole la alegria de una vaquilla brava enfadada... Un herradero marqué du signe de la diversité, avec un mélange harmonieux de couleurs, visible par terre après la tonte des parties sur lesquelles les fers devaient être apposés. Du roux, du colorado, du noir, du castaño, du blanc moucheté… La richesse des encastes Domecq, Núñez et Marquesa réserve quelques surprises en termes de variétés de robe…
Une séance de marquage avec Cédric, particulièrement efficace pour bloquer la tête des vaches et des becerros, mais aussi Sébastien, notre mayoral, qui n’a pas été épargné par les coups de sabots et les coups du sort. A trois reprises, de jeunes mâles se sont faufilés à travers les clôtures pour sauter dans un pré voisin, obligeant Sébastien, puis le reste de l’équipe, à intervenir pour les ramener dans le « droit chemin ». Le genre d’épreuve qui fortifie la famille ganadera…
Marquage, vaccinations, escoussurage, contrôle des identifications par Juan et Beatriz, nos deux amis, représentants de la Unión de Criadores de Toros de Lidia, et un vrai rythme qui s’est progressivement installé après une heure et demie d’herradero… Chacun avait trouvé sa place, sa cadence de travail ainsi que ses propres objectifs. Le travail d’équipe a une fois de plus payé, y compris au moment d’aller chercher les becerros qui avaient décidé de prendre la clé des champs.
Ce marquage avait des airs délicieux de début de temporada… La saison taurine a bel et bien repris à Bellombre, le cœur à l’ouvrage, avec déjà de nombreux objectifs : dimanche prochain, à Arzacq-Arraziguet, puis fin juin, où c’est désormais officiel, nous fournirons le bétail de la novillada sans picadors de Rieumes, qui a changé la date de sa traditionnelle feria qui a fêté ses 10 ans d’existence…
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Festival du 8 mars, à Arzacq-Arraziguet – Antonio João Ferreira | 28/02/2009 - 19:50:34 |
L’évocation du nom d’Antonio João Ferreira, quatrième matador de toros programmé à l’affiche d’Arzacq, nous ramène indubitablement vers l’apoderado et le torero qui conduit sa carrière depuis déjà quelques années… Je me souviens encore de la rencontre d’Antonio João avec nos novillos, il y a près de trois ans de cela, dans les arènes de Fenouillet, en plein cœur du pays toulousain. Richard Milian est plus qu’un conseiller technique pour Antonio João…
L’an passé, c’est grâce au travail conjugué de son manager et à ses efforts propres que ce torero originaire de Vilafranca de Xira a pu enfin passer un cap supplémentaire et ainsi prendre l’alternative, dans le cadre d’une feria de renom, celle de la Madeleine, à Mont-de-Marsan… Nous étions le mardi 22 juillet 2008 et l’afición landaise avait assisté ce jour-là une corrida passionnante de La Quinta, marquée par l’octroi d’une vuelta al ruedo pour le premier toro, une oreille coupée par El Fundi à chacune de ses faenas, un autre trophée pour le local de l’étape, Julien Lescarret, mais aussi pour le récipiendaire, Antonio João, qui avait manqué de peu la sortie en triomphe au côté de son parrain d’alternative…
Une temporada que Ferreira, capeador vibrant et banderillero énergique, avait débuté le 1er mai par une novillada sur ses terres, à Chamusca, face à du bétail de Santa María. Neuf jours plus tard, Antonio João redécouvrait les arènes de Vic-Fezensac et le bétail de Pérez de la Concha. Applaudi à deux reprises, le 22 juin, à Saint-Sever, le novillero manque de peu de croiser nos novillos lors d’une course initialement prévue aux Saintes-Maries-de-la-Mer, puis Palavas-les-Flots, et qui n’aura finalement jamais lieu… Hasard des choses, quatre des six novillos retenus pour cette course seront présentés lors de ce festival d’Arzacq-Arraziguet !
Le 6 juillet, Antonio João entame sa dernière ligne droite avant la prise d’alternative… Il effectue un bref passage dans « ses » arènes de Vilafranca de Xira puis coupe à Ávila, une semaine plus tard, sa dernière oreille en qualité de novillero face à un exemplaire de Herranz López…
Une fois sacré matador de toros, il retrouve le Portugal à deux reprises, le 29 août, pour sa présentation à Lisbonne, sur le sable de Campo Pequeno, devant des toros de Manuel Veiga, puis encore le 4 octobre à Vilafranca de Xira, aux côtés de Luis Miguel Encabo et Salvador Cortés…
Antonio João Ferreira, l’exemple même du torero courageux, capable de développer bon nombre de recours techniques, quels que soient les difficultés présentes en piste… La saison 2009 devrait être marquée par son retour en France. Déjà annoncé à Lunel, dans le cadre d’un cartel de toreros-banderilleros, Antonio João sera revu avec plaisir dans le sud-ouest… Il sera à Arzacq le 8 mars prochain, la date approche… Nous y serons aussi, et vous aussi certainement, par la même occasion !
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Des réalités du rythme et de l’espace de la vie ganadera | 27/02/2009 - 18:18:56 |
Quelques personnes pensent peut-être que la vie ganadera est une activité facile d’accès et simple à gérer, où l’amour du toro permet de surpasser les quelques difficultés liées aux obligations de fonctionnement de l’élevage… Il me faudrait bien plus que les quelques lignes de cette contribution pour leur expliquer la réalité de la vie au sein d’une ganadería : ses nombreuses contraintes, ses impératifs sanitaires, l’importance du manejo et de l’alimentation… Petite partie visible d’un immense iceberg.
Devenir propriétaire d’un élevage n’est pas chose aisée, et acquérir suffisamment d’hectares de terres relève aujourd’hui de l’exploit ! Pourtant, la ganadería crée un véritable espace écologique, avec un biotope véritablement créé par l’éleveur autour du toro.
En ce sens, certains défenseurs de la nature ou quelques personnes qui se font aujourd’hui une haute idée de l’écologie feraient bien de réfléchir à la gestion de l’espace autour du toro… Un élevage des plus naturels, où la gestion du manejo et de la pâture renvoie le ganadero à des fondements parfois oubliés au XXIe siècle. En ce sens, le cheval joue un rôle prépondérant du fait du rythme qu’il apporte dans la gestion du troupeau.
De l’espace, de la liberté et des clos suffisamment vastes pour que vaches et toros puissent aller, venir, se nourrir, ruminer ou encore se réfugier… Autant de paramètres auxquels l’éleveur doit penser lorsqu’il agence ce qu’il considérera être l’espace idéal pour le développement de sa ganadería.
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Festival du 8 mars, à Arzacq-Arraziguet – Thomas Dufau | 26/02/2009 - 23:44:56 |
Cette histoire fait partie de celles qui ont le propre de m’enchanter… Moins d’un an après la grave blessure subie à Aignan, Thomas Dufau va se retrouver en piste, chez lui, dans une arène du sud-ouest, dans le cadre d’une course où notre bétail est également à l’affiche… Rappelons ici que nous avions invité Thomas à Bellombre lors de sa reprise d’entraînement et que cet élève de Richard Milian avait ainsi participé à un tentadero, au même titre qu’un torero confirmé… C’était notre manière de saluer son retour en piste et de l’encourager sur cette voie.
Force est de constater que la carrière de Thomas a évolué dans le bon sens du terme. Auteur d’une saison 2008 remarquable, cet apprenti-novillero a fait partie de ceux qui ont le plus officié en France lors de cette temporada. Avec Matthieu Guillon – qui sera également de la partie le dimanche 8 mars, à Arzacq –, Thomas a formé une pareja réjouissante, redonnant aux novilladas sans picadors le cachet et l’alegría indispensables pour attirer le public aux arènes.
Je l’ai déjà écrit dans ces colonnes, mais le sud-ouest a un rapport tout particulier à la sin caballos… Je me rappelle encore de l’attention des spectateurs lors de notre présentation à Bayonne, en août dernier, ou encore de la large entrée enregistrée, toujours aux arènes Marcel-Dangou, lors de la confrontation directe entre Thomas et Matthieu face aux erales de Camino de Santiago… Ce matin-là, les deux élèves de Richard Milian n’avaient pas été en mesure de se départager, coupant chacun deux oreilles et sortant en triomphe au côté de Jean-Louis Daré.
Peut-être que la course d’Arzacq initiera un autre chemin pour Thomas et Matthieu… La répétition générale avant des épreuves plus sérieuses encore… Le 13 avril prochain, Thomas Dufau passera à l’échelon supérieur : il est annoncé au cartel des arènes de Mugro, pour sa première novillada formelle, encadré de Juan Carlos Cabello et de Juan del Álamo face à du bétail de Fernando Peña.
Nous lui souhaitons bien évidemment mucha suerte mais aussi et surtout de couper les oreilles à Arzacq, histoire de contribuer à la réussite d’une course qui se présente sous les meilleurs auspices.
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Petit topo sur les cornes | 25/02/2009 - 23:28:52 |
Avant de revenir dans les prochaines semaines sur la question des fundas, je souhaitais rappeler quelques notions simples en direction du public concernant les défenses essentielles du toro… Savez-vous, par exemple, que les cornes font leur apparition au bout de six à sept mois ? La croissance de la kératine, qui compose la corne, est donc assez précoce…
Derrière cette enveloppe se cache un os spongieux, la clavija, qui est traversé par un nerf et un système vasculaire… Ainsi composée, la corne connaît sa plus forte croissance lorsque le toro passe du statut d’eral à novillo, soit entre deux et trois ans d’âge…
Reste à gérer, en interne, certaines maladies propres à la corne et qui demeurent inconnues du public aficionado, notamment la question du hormiguillo, le fameux « ver de la corne », souvent dû à un manque d’assimilation au zinc dans l’alimentation du bovin.
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Festival du 8 mars, à Arzacq-Arraziguet – Fernando Cruz | 24/02/2009 - 20:34:07 |
Troisième matador de toros à figurer sur l’affiche du festival taurin d’Arzacq, Fernando Cruz est certainement l’un des toreros espagnols les plus appréciés de la nouvelle génération par l’afición française… Une relation privilégiée qui s’est construite au fil des ans grâce à l’apport personnel d’Olivier Mageste, l’apoderado des « premiers pas » de Fernando, et des nombreuses novilladas auxquelles ce dernier a pris part, avec un talent et un investissement qui ne se sont jamais démentis au fil des ans…
En 2008, Fernando Cruz a pris part à un total de 15 corridas, coupant au final 13 oreilles pour un classement à l’Escalafón qui l’a fait figurer au 56e rang. Une temporada loin d’être évidente pour Fernando, qui a débuté son parcours ni plus ni moins que sur le sable de la Real Maestranza de Caballería de Séville face à une corrida de Cuadri au cours de laquelle il écouta les applaudissements sévillans au même titre que l’un de ses compagnons d’affiche, Sánchez Vara… Ce n’est que le 1er mai que Fernando obtint sa première oreille de la saison, dans les arènes de Valdemoro (Madrid), face à du bétail du propice au succès et porteur du fer d’une légendaire ganadera espagnole : Osborne…
Le 12 mai, le retour en France de Fernando Cruz ne permit pas à ce dernier de s’illustrer, lors d’une corrida de José Escolar Gil au corte torista des plus affirmés… C’est un torero bien connu à Bellombre qui s’illustra ce jour-là, en la personne de Sergio Aguilar, crédité de l’unique oreille de l’après-midi… Vingt-quatre heures plus tard, Fernando faisait face au grand jury de Las Ventas, au tout début d’une San Isidro qui allait s’avérer passionnante...
Hasard ou coïncidence, c’est en France, sur le sable de La Brède, dont nous avons déjà parlé dans ce Blog que Fernando a connu son premier grand succès de l’année le 21 juin dernier : trois oreilles acquises face aux toros de Tomás Prieto de la Cal… Julien Lescarret, qui sera également au cartel d’Arzacq, figurait déjà aux côtés de Fernando Cruz et Rafaelillo sur cette affiche de La Brède…
Plus d’un mois d’attente avant de revêtir l’habit de lumières et une nouvelle oreille obtenue dans les arènes de Cabanillas del Campo (Madrid) devant les núñez d’Alcurrucén… Une manière comme une autre pour se préparer à l’épreuve de la mi-août : une corrida à Cenicientos, encore face aux Alcurrucén, puis un retour heureux à Las Ventas, le 15 août, avec une vuelta synonyme d’espoir pour Fernando, totalement retrouvé lors de sa seconde faena face à un exemplaire de Gavira…
Un tour de piste qui a fait du bien dans la tête de Fernando, qui a dès lors moissonné une belle série de succès dans des arènes des provinces de Soria, Burgos, Madrid et Ciudad Real, sans oublier sa prestation saint-gilloise, où le public des arènes Émile-Bilhau le vit à son avantage face à du bétail des frères Jalabert et Robert Margé.
En 2009, une nouvelle saison s’ouvre à Fernando Cruz. Celle qui le verra fêter le cinquième anniversaire de son alternative, conférée à Nîmes. Une temporada qui passera par les Pyrénées-Atlantiques et une commune taurine dont il ignore encore l’existence : Arzacq-Arraziguet. Rendez-vous est pris le 8 mars prochain, avec Fernando Cruz et nos novillos…
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De la préparation de l’herradero de samedi | 23/02/2009 - 20:23:15 |
Samedi matin, le mas de Bellombre va connaître l’un des moments fédérateurs de l’année au sein de la ganadería. L’herradero…
Un moment de partage et de convivialité autour des bêtes récemment nées et que nous allons marquer au fer de la maison Meynadier. Une matinée que nous espérons lumineuse – le soleil devrait être de la partie ! – et qui permet à chacun de se situer. Professionnels et amateurs se retrouvent réunis autour de la fameuse caisse de marquage afin de mesurer compétences et efficacité lors de cette « première » épreuve de bravoure… Sur la trentaine de bêtes qui vont être marquées, 14 d’entre elles seront des mâles… 14 petits toros en devenir capables de défendre les couleurs de l’élevage d’ici trois à quatre ans.
On consulte nos notes, on vérifie les certificats de naissance, on vaccine, on escoussure, on fait passer les fers, on tond légèrement la partie qui doit être marquée… L’herradero, c’est tout un rythme, tout un ballet unique en son genre, une ruche en mouvement perpétuel...
Ce marquage, le premier de l’année, sera suivi dans six mois d’un second herradero, qui concernera les produits qui naîtront au printemps prochain. Une autre histoire, une autre aventure, et peut-être un rendez-vous à noter sur l’agenda de notre ami Bruno !
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Festival du 8 mars, à Arzacq-Arraziguet – Julien Lescarret | 22/02/2009 - 18:45:53 |
Julien Lescarret est le deuxième matador de toros qui figure sur l’affiche du festival taurin d’Arzacq-Arraziguet, qui se déroulera le dimanche 8 mars prochain dans des arènes couvertes, à l’initiative des clubs taurins d’Arzacq et de Pau… C’est un peu le local de l’étape qui officiera face à l’un des quatre novillos que nous mènerons en terres béarnaises que vous pouvez découvrir dans notre section Agenda.
Avec une carrière menée depuis plusieurs années par notre ami Olivier Baratchart, directeur des arènes de Bayonne, Julien Lescarret est devenu « le » torero de l’afición du sud-ouest... Un torero qui bénéficie d’un grand capital de sympathie auprès du public français du fait de sa personnalité et de la diversité des corridas qu’il a été amené à estoquer. Le festival d’Arzacq sera pour Julien le premier moment important de cette temporada française qui verra son retour dans les arènes d’Arles, où il a été annoncé pour combattre la corrida de Miura. Redoutable défi…
L’an passé, la saison de Julien s’est résumée à une 67e place au classement Escalafón, matérialisée par 12 corridas toréées et 6 oreilles coupées. La première d’entre elles l’a été dans une arène importante, celle de Vic-Fezensac, face au dernier exemplaire d’une corrida de Robert Margé qui a marqué la temporada gersoise.
Tout comme Francisco Marco, Julien Lescarret a lui aussi coupé une oreille dans les arènes de La Brède… C’était l’an passé, le jour du solstice d’été, face à un toro de Tomás Prieto de la Cal. Le lendemain, c’est à des centaines de kilomètres de la Gironde de Montesquieu et plus proche des terres de Bellombre, à Istres, que Julien ravissait un nouveau trophée, sur le sable du Palio face à un exemplaire important de José Escolar Gil.
Un mois plus tard, c’est à Mont-de-Marsan, que Julien Lescarret a obtenu un nouveau trophée, au cœur des Landes qu’il affectionne tant. Témoin de l’alternative d’Antonio João Ferreira – autre compagnon d’affiche à Arzacq –, le torero aquitain s’est ainsi imposé face à son premier adversaire de La Quinta, quelques jours avant de retrouver le bétail d’Escolar Gil dans les arènes voisines de Saint-Vincent-de-Tyrosse.
Mais Vic-Fezensac semble être la plaza de prédilection de Julien… Trois mois après l’oreille acquise lors de la Feria de Pentecôte, le protégé d’Olivier Baratchart y obtenait un nouveau succès devant les pupilles de l’Astarac, propriété de l’ami Jean-Louis Daré, avec une nouvelle oreille à la clef… Point de triomphe, mais des oreilles d’importance coupées ça et là dans des arènes de catégorie : le sixième et dernier pavillon octroyé à Julien en 2008 l’a été dans les arènes de Dax, le 15 août dernier, lors d’une course passionnante servie par les pupilles santacolomeñas de Hoyo de la Gitana…
Une temporada 100% française qui a vu Julien affirmer son courage devant plusieurs toros au tempérament affirmé. Gageons que ce garçon sympathique, qui était à Bellombre en septembre dernier pour participer à un tentadero s’accorde avec le novillo que le sort lui réservera… A Arzacq, c’est du 100% Martelilla qui sera proposé aux toreros en termes d’origines. Un rendez-vous à ne pas manquer, assurément…
Et puis une confidence, Julien a déja croisé nos novillos, c'était à Alès et Béziers, avec deux ou trois bons exemplaires... Julien a toujours eut un bon sorteo avec nous...
Que te toca el bueno y que tenga suerte...
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Le grand débat – Fundas ou pas fundas ? | 21/02/2009 - 16:31:21 |
Attention, grand débat au sein de l’afición ! Doit-on protéger les cornes des toros au campo ?
La question des fundas revient fréquemment sur le devant de la scène alimenter les éditoriaux de quelques chroniqueurs et les discussions hivernales entre aficionados. C’est une question suffisamment complexe pour que nous y consacrions plusieurs chapitres… En France, mon collègue Robert Margé est l’un des rares à adopter ce système qui a rapidement été adopté par une majorité de ganadero… Il suffit de lire les reportages consacrés aux grandes camadas en préparation pour se rendre compte de la rapide propagation des fundas au sein des élevages les plus prestigieux.
Tous ? Non. « Un seul résiste encore et toujours à l’envahisseur » pourrait-on lire à l’incipit d’une célèbre bande dessinée. Toujours est-il qu’un « irréductible gaulois », Victorino Martín, rejette le procédé, considérant qu’il n’est pas nécessaire de protéger les cornes de ses toros. Une décision qui fait d’ailleurs le régal des aficionados, d’une part pour son esprit de contradiction, d’autre part pour l’aspect visuel incomparable de toros photographiés avec leurs cornes nues…
Protéger les cornes, oui, mais dans quelle mesure ? Quelle est l’efficacité réelle des fundas ? L’apposition d’un tel outil ne génère-t-elle pas un stress supplémentaire au bétail et n’obstrue-t-elle pas la qualité du manejo effectué au sein d’une ganadería ? A Bellombre, nous nous posons encore la question en essayant de peser le pour et le contre… La fundas protège-t-elle la corne ou n’est-elle pas un obstacle à son développement naturel ? En ce sens, l’avis des vétérinaires spécialisés dans l’élevage du toro brave me semble primordial… Une question que maîtrise certainement Victorino Martín García du fait de sa formation professionnelle…
Nous reviendrons très prochainement sur cette question… D’ici là, n’hésitez pas à nous donner votre opinion en rédigeant vos commentaires au bas de cette contribution.
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Festival du 8 mars, à Arzacq-Arraziguet – Francisco Marco | 20/02/2009 - 19:54:50 |
Suite au forfait d’Alberto Aguilar pour notre premier grand rendez-vous de la temporada, le festival taurin du 8 mars prochain, dans les arènes couvertes d’Arzacq-Arraziguet (Pyrénées-Atlantiques), c’est finalement le matador de toros navarrais Francisco Marco, un torero bien connu de l’afición basque qui ouvrira le cartel…
Comme je l’avais précédemment précisé, Marco toréera en qualité de chef de lidia du fait de son ancienneté puisque celui-ci fêtera le 26 juillet prochain ses dix ans d’alternative. Une cérémonie que Francisco risque de ne jamais oublier puisque la muleta de matador lui fut concédée en plaza de Santander par un certain Curro Romero, sous le regard avisé d’un témoin prénommé José Tomás. Avouez qu’un tel cartel d’alternative se montre sur le CV d’un matador de toros. Le bétail portait ce jour-là le fer de Javier Sánchez Arjona.
Très apprécié à Pampelune, arène où il a fréquemment connu quelques après-midis d’importance, Francisco Marco a participé à sa première corrida en France le 1er juillet 2001 dans les arènes de La Brède, en Gironde, une commune célèbre pour avoir été la commune de naissance de Montesquieu. Il y avait partagé l’affiche lors d’une corrida mixte avec Antonio Ferrera et Julien Lescarret face à des pupilles des frères Jalabert. Une oreille avait récompensé sa première prestation. Depuis cette date, Marco est revenu toréer à trois reprises dans notre pays : toujours en 2001, lors des Fêtes de Bayonne, puis les deux années suivantes à La Brède… Francisco Marco est donc un torero plutôt « connu » dans le sud-ouest de la France même s’il demeure à la recherche d’un premier succès d’importance dans notre pays.
L’an passé, ce torero natif d’Estella – qui est aussi la commune natale de Pablo Hermoso de Mendoza et l’une des haltes sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, entre Villatuerta et le monastère d’Irache – s’est classé à la 75e place de l’Escalafón après avoir toréé un total de 10 corridas et coupé 12 oreilles. Une temporada 2008 débutée tardivement, le jour du solstice d’été, avec quatre oreilles glanées face au bétail de Juan José González dans les arènes d’Albares (Guadalajara). La suite de sa saison estivale sera marquée par un passage à Pampelune, face aux toros du Comte de la Corte, puis un retour à Santander, au côté de son témoin d’alternative, José Tomás : ce 23 juillet, il coupe l’oreille du 3e exemplaire de la corrida de Victoriano del Río.
Quelques jours plus tard, le 3 août, sur ses terres d’Estella, il remporte un joli succès populaire en empochant l’oreille de ses deux adversaires de Los Recitales. Un trophée acquis face à un toro de Peñajara vient saluer une faena notable deux semaines plus tard dans les arènes de Tafalla, toujours en Navarre… Le lendemain, il est applaudi à Las Ventas alors qu’il officie en qualité de parrain lors de la confirmation d’alternative à Madrid du torero mexicain Humberto Flores. Une temporada qu’il achève un mois plus tard à Corella – encore à Navarre ! – en ravissant un pavillon au 4e exemplaire de la corrida de San Marcos.
Un torero qui débute sa temporada ce lundi, outre-Atlantique, dans les arènes vénézuéliennes de Zaraza, aux côtés du rejoneador Francisco Javier Rodríguez et du torero local, El Rubi… Nous aurons l’occasion de revenir sur cette corrida qui sera servie par l’élevage national de Campolargo avant d’évoquer le profil des autres acteurs du festival d’Arzacq-Arraziguet.
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De la durée de vie d’une bonne vache | 19/02/2009 - 23:49:39 |
Il y a plusieurs mois de cela, j’avais évoqué la question de la durée de vie des étalons dans l’élevage brave… Dans cette contribution, j’avais expliqué qu’un bon semental pouvait officier pendant 10 à 11 ans…
Si l’on s’intéresse au sexe opposé, on se rend compte que la durée de vie est bien plus longue, un peu à l’instar de l’espérance de vie des femmes… Une vache brave peut en effet vivre jusqu’à 25 ans et je connais même quelques ganaderos qui possèdent des génisses encore plus âgées ! Je doute en revanche qu’au-delà de 25 ans l’appareil génital d’une vache soit aussi efficace par rapport aux premières années de sa vie…
Le ganadero doit savoir gérer ses lots de vaches, s’appuyer sur les critères de sélection qui l’ont conduit à garder celles-ci et opérer les bonnes unions afin d’obtenir les meilleurs produits possibles…
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De la préparation de la temporada française – épisode 4 | 18/02/2009 - 22:53:22 |
A la lecture des commentaires qui ont fleuri à la suite de la publication des photos de nos novillos sur le site Torofiesta.com de notre ami Paul Hermé, je ne peux que me réjouir de l’intérêt manifesté depuis plusieurs mois par des aficionados fidèles, particulièrement attentifs à l’actualité de notre ganadería… On parle beaucoup de ce festival taurin d’Arzacq-Arraziguet et c’est plutôt une bonne chose car nous nous considérons cette course comme un moment important en ce début de temporada… Une étape nécessaire histoire de donner le ton à une saison taurine que nous souhaitons idéale pour l’élevage.
Le festival taurin fait d’autant plus parler qu’il fait déjà l’objet de quelques remaniements une fois l’affiche publiée. Pourtant fidèle de la maison Meynadier, Alberto Aguilar ne participera finalement pas à cette course qui aurait pu « lancer » sa saison, considérée par plusieurs aficionados comme celle de la confirmation après les espoirs semés en 2008… Alberto sera absent et je le regrette sincèrement… Gageons que ce forfait ne l’empêchera d’intégrer des cartels encore plus importants. Seul l’avenir nous le dira…
En lieu et place, l’afición béarnaise retrouvera un torero ô combien sympathique, Francisco Marcos, qui viendra en voisin de sa Navarre natale… Un matador de toros qui fêtera tout de même le dixième anniversaire de sa prise d’alternative en juillet prochain…
A ses côtés, rappelons que le cartel sera complété par Julien Lescarret et Fernando Cruz, deux autres toreros qui jouissent d’un cartel important dans le sud-ouest de la France, au même titre que Matthieu Guillon et Thomas Dufau, les deux élèves de Richard Milian qui vont très prochainement gravir l’échelon supérieur. Une affiche qui sera complétée par Antonio João Ferreira, le matador de toros portugais que le sort fera finalement croiser la route de nos novillos. Rappelons en effet que Ferreira aurait dû croiser certains de ces exemplaires lors de ses adieux de novillero à la France qui devaient se faire en juin dernier dans une arène du sud-est…
La suerte réserve parfois des mystères qui nous dépassent. Le hasard fera en tous cas que ce cartel d’Arzacq-Arraziguet réunira quatre jeunes matadors de toros absolument prêts à tout pour en découdre face à notre bétail, et je ne parle même pas des deux apprentis-novilleros dont le niveau des prestations a enchanté l’an passé les principales novilladas sans picadors organisées dans le sud-ouest. De l’afición et de la motivation, des toreros dont les dents rayent déjà le sable de la plaza et des suites de temporada qui dépendront certainement de la prestation livrée en traje corto… Parfois, je me dis vraiment que nous avons beaucoup de chance de débuter la temporada par un festival taurin. Écoutez-moi, ne le manquez pas…
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On prépare le festival d’Arzacq ! | 17/02/2009 - 19:54:10 |
Observons une petite pause dans le parcours quotidien que nous effectuons actuellement dans ce blog autour de quelques fondements concernant la vie de l’élevage… Hier, notre ami Paul Hermé, chroniqueur taurin et directeur du site Torofiesta.com, a publié les photos des quatre novillos que nous avons réservés pour le festival taurin du 8 mars prochain, à Arzacq-Arraziguet. Les plus physionomistes d’entre vous auront certainement reconnu quatre des six novillos que nous avions réservés l’an passé pour être lidiés dans le cadre d’une novillada qui ne put finalement se dérouler. Avec sept mois supplémentaires, nos novillos vont certainement impressionner les jeunes matadors de toros qui iront les défier.
La date de la course approche et je ne peux masquer une certaine forme d’impatience à l’idée de ce premier déplacement officiel pour notre élevage en cette nouvelle temporada. Espérons que la fameuse afición béarnaise sera présente pour assister à ce festival taurin. Un événement et des novillos sur lesquels nous reviendrons très prochainement sur notre site internet…
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Des repères alimentaires du bétail de Bellombre | 16/02/2009 - 22:05:01 |
Nos toros ne manquent de rien en termes d’alimentation. Toutefois, cette dernière fait l’objet de contrôles constants quant à sa composition afin que le facteur énergétique prime sur le simple engraissement.
Il y a bien évidemment l’herbe, excellente l’été, vecteur nutritif équilibré mais aussi porteuse de vitamines et d' oligoéléménts " naturels ", primordiale elle est de plus économique. Malgré ce, un pâturage excessif peut toutefois entraîner des diarrhées et aussi transmettre un certain nombre de parasites.
Face à ce système naturel, le rôle de l’éleveur est de gérer les carences du troupeau et de contribuer à la finition de l’alimentation de ses bêtes… Le ganadero doit ainsi apporter les compléments alimentaires nécessaires, notamment en zinc, en fer ou encore en cuivre, et surtout réguler les transitions alimentaires afin d' éviter tout stress inutile, notament entre automne et hiver. Durant ces mois, nos toros et nos vaches consomment plus de foin mais également une quantité non négligeable de paille. Plus neutre d’un point de vue digestif, cette dernière permet de tempérer les phénomènes d' acidose, capables de provoquer de l’entérotoxémie, chez les veaux. Cette affection, d’origine digestive, qui peut être fatale chez les bovins.
Quant à la question du pienso, celui-ci doit être employé intelligemment, avec plusieurs types de céréales, mêlant maïs et orge, mais également soja et foin de Crau, sans oublier minéral et mélasse afin de générer de l’appétence.
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De la tête du futur toro, propriété exclusive du torero | 15/02/2009 - 19:12:33 |
Lors des herraderos ou des opérations de soin, je ne manque pas de rappeler aux personnes présentes, qui ne vivent pas quotidiennement au contact du bétail brave, de respecter le champ de vision de l’animal…
A l’exception des opérations de manejo, qui permettent de déplacer le bétail, l’homme a pour impératif de ne pas trop se montrer au futur toro, dès sa naissance et jusqu’à son arrivée en piste.
Toutes les actions doivent êtres faites par derrière afin de ne pas entrer dans le champ de vision du bovin et ainsi créer une quelconque forme de stress au niveau de sa tête. Plusieurs éleveurs disent à ce sujet que la tête du toro est la stricte propriété du torero lorsque celui-ci ira le défier en piste ; le reste du corps du toro étant du ressort du ganadero…
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De la nécessité de ne jamais négliger le niveau sanitaire de l’élevage | 14/02/2009 - 22:59:16 |
Le grand public, qui fréquente les arènes de temps à autre, ignore souvent l’obligation de maintenir un niveau sanitaire digne de ce nom au sein des ganaderías… Ces contrôles apportent à l’éleveur la certitude que ses bêtes se trouvent dans un bon état et permettent au ganadero de se mettre en cohérence, d’un point de vue réglementaire, avec les textes nationaux et les directives européennes.
Le vétérinaire de l’élevage est la première personne habilitée à contrôler les bêtes et s’assurer de leur bon état sanitaire. A travers son action s’effectue également fréquemment le contrôle d’une Direction départementale des services vétérinaires, dont il est souvent le délégataire et qui prend en charge tout l’aspect sanitaire.
Un autre point de contrôle passe par la Direction départementale de l’Agriculture, qui n’est pas dans un contact direct avec l’élevage de toros braves. Une fois que les labels ont été décernés par les Directions départementales des services vétérinaires en matière de sanitaire, les D.D.A. peuvent donner le feu vert aux élevages sur différents points : le droit de sortir des animaux de la propriété d’origine, le droit de voyager et le droit d’être vendus. Les directions départementales de l’Agriculture ont donc en charge l’émission des documents d’identification des bovins, qui restent sous le contrôle étroit de la Direction départementale des services vétérinaires.
Ce sont les D.D.A. qui émettent les fameuses « cartes vertes », recherchées par tous les ganaderos, et qui signifie que tout bovin porteur de celle-ci est indemne de toute maladie mise en exergue par les D.D.S.V. et les normes européennes. Cette opération suppose des dépistages importants sur la leucose, la brucellose, la tuberculose, le BVD ou diarrhée virale bovine, l’IBR ou rhinotrachéite infectieuse bovine ainsi que la fièvre catarrhale, plus connue aujourd’hui sous l’appellation générique de « langue bleue ».
Un toro ou une vache détenteur d’une carte verte répond à toutes les exigences vétérinaires au niveau du contrôle sanitaire et peut donc être transporté. Nous concernant, la Ganadería Meynadier est également contrôlée par la Unión de Criadores de Toros de Lidia à laquelle nous sommes affiliés.
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Des outils originaux employés pour soigner les toros | 13/02/2009 - 12:13:02 |
J’évoquais avant-hier les moyens nécessaires pour soigner un toro lorsque cela s’avérait indispensable. Hormis la question primordiale des installations, il est également nécessaire de disposer d’un matériel suffisamment « pointu », respectant l’usage de la pratique vétérinaire et demeurant dans l’esprit du manejo campero…
Nous dépendons souvent de la bonne volonté de l’animal à pénétrer dans les couloirs spécifiques et ainsi accepter d’intégrer la caisse de soins qui est réservée à cet effet. Si ce n’est pas le cas, le vétérinaire est parfois contraint d’endormir le toro au moyen d’une trousse anesthésique spécialement conçue à cet effet. On peut y trouver une sarbacane, un fusil hypodermique ou encore une garrocha sur laquelle on fixe une seringue. Celle-ci est plus spécifiquement employée pour endormir un toro dans les prés…
Cette garrocha peut être employée afin d’injecter des antibiotiques ou des traitements spécifiques anti-inflammatoires… Maniée par le haut, celle-ci permet par la même occasion à l’homme de ne pas être vu du toro.
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De l’annulation du Printemps des Jeunes aficionados | 12/02/2009 - 23:43:21 |
J’apprends par voie de presse et par sites internet interposés l’annonce de l’annulation du Printemps des Jeunes aficionados, une manifestation qui devait se tenir aux arènes de Nîmes les 14 et 15 mars prochains… Au milieu de la tourmente des faits – souvent maladroitement rapportés par la presse locale – se trouve un différend de longue date existant entre l’empresa en place et certains représentants de clubs taurins nîmois…
Si je n’apporterai aucun commentaire sur « l’affaire dans l’affaire », je ne peux que regretter que ce type de querelles intestines débouche sur l’annulation d’un rendez-vous qui avait su fidéliser un large public depuis plusieurs années…
Portes ouvertes, les arènes de Nîmes avaient accueilli des spectateurs de tous horizons, venus découvrir la richesse et la diversité des tauromachies populaires, côtoyer les jeunes des écoles taurines, découvrir les secrets de l’arène, toucher un peu de pierre romaine pour s’approprier quelque peu un monument dont certains n’osent pas toujours franchir les portes en feria. En un mot, cet événement permettait de toucher un autre public, nettement rajeuni, et ainsi d’ouvrir une fenêtre d’afición sur les nouvelles générations…
On avait pu notamment assister à des tentaderos publics, des classes pratiques avec les écoles taurines ou encore des festivals taurins… Toutes ces courses étaient par ailleurs gratuites… Alors oui, le Printemps des Jeunes aficionados manquera cette année dans le calendrier taurin nîmois. Gageons que les esprits sauront se calmer pour que cette belle manifestation ne soit pas définitivement supprimée…
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De la nécessité de disposer de bonnes installations | 11/02/2009 - 23:09:23 |
Tout éleveur digne de ce nom dispose d’une installation spécifique pour prodiguer les soins nécessaires pour ses animaux. On soigne un toro au même titre que n’importe quel type de bovin, en tenant toutefois compte de la dangerosité spécifique de l’animal de race brave.
Du fait de cette particularité, il est nécessaire de soigner les toros sous anesthésie et d’effectuer toutes les opérations de soin dans un endroit qui tienne compte du gabarit de l’animal et des besoins des personnes qui vont œuvrer autour de l’animal. Si l’opération n’est pas faite sous anesthésie, une caisse de contention très forte est nécessaire afin de protéger à la fois l’intégrité physique du bovin et la sécurité des vétérinaires et de leurs adjoints qui vont travailler sur ce dernier.
En amont de cette opération, l’éleveur doit également s’assurer de disposer d’installations essentielles pour préserver son toro, notamment en disposant de corrales dont la hauteur des murs l’empêchera de voir l’homme à hauteur des yeux. Cet environnement de soins se doit d’être le plus neutre possible afin que la mémoire du toro ne se trouve pas altérée et qu’elle conserve sa virginité visuelle… A Bellombre, tout a été conçu pour que les soins puissent être prodigués avec suffisamment d’espace et de confort.
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De la préparation de la temporada française – épisode 3 | 10/02/2009 - 23:26:26 |
Le printemps va bien vite arriver aux portes des arènes françaises. Malgré le froid et la rigueur du temps qui a accompagné les aficionados jusqu’aux portes des arènes de Samadet, dimanche dernier, le peuple du taureau a su soutenir le trio de novilleros français qui n’a pas ménagé ses efforts face aux pupilles de Camino de Santiago. Qu’ils soient autant, dans moins d’un mois, à accompagner de leurs palmas les acteurs du festival taurin d’Arzacq-Arraziguet qui iront défier nos novillos…
Progressivement, le calendrier se met en place et les passions s’estompent pour laisser place à la vérité de la piste… J’aurai l’occasion de revenir dans ce Blog sur les remous liés à l’engagement de tel ou tel torero, ou à l’absence d’autres professionnels de première importance dans des ferias où l’attente du public est forcément importante. Après Arles, Aignan a donné lecture de sa journée taurine du Dimanche de Pâques…
Vendredi dernier, c’est toute la planète taurine qui semble s’être réjouie de la publication des cartels de la Feria d’Istres, avec plusieurs nouveautés qui font aujourd’hui de la cité provençale un endroit privilégié où il est bon d’être programmé. D’une façon plus générale, je demeure convaincu que les choses, lorsqu’elles sont faites avec passion et sérieux, méritent incontestablement d’être mises en valeur. En ce sens, la présentation des toros de Miura au Palio, la « première » française du fer de Torrehandilla ou encore le retour de Sébastien Castella dans une arène française de 3e catégorie sont autant d’indices de satisfaction pour celles et ceux qui se battent depuis près de huit ans pour qu’Istres soit reconnue sur l’échiquier taurin.
Un combat qui se mène au quotidien, avec la plus grande des rigueurs. Acquérir le respect de l’afición et surtout savoir le conserver ; long is the way et notre ganadería n’est qu’au début du chemin…
à suivre...
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Répertoire – Le terme de la semaine : el ritmo | 09/02/2009 - 08:06:43 |
A Bellombre, il n’y a pas un seul tentadero qui ressemble à un autre… Chacun est unique car chaque vache a sa personnalité, au même titre que chaque torero a sa propre personnalité. C’est un peu comme dans une symphonie : on sait qu’il y a quatre mouvements, mais chacun de ces quatre mouvements ne ressemblera à aucun autre dans une autre symphonie… L’allegro ma non troppo de Beethoven n’est pas l’allegro pizzicato de Mozart, et encore moins celui de Haydn !
En tauromachie, le rythme correspond à la personnalité de l’animal et à son « temps de ballet » en piste.
Plusieurs de ces musiques renvoient à un encaste : Domecq, Núñez, Murube, Saltillo… Tous ont des rythmes différents et des saveurs complémentaires, qui peuvent correspondre au piment, au doux, au sel, au poivre…
Lorsqu’un torero est capable de rentrer dans la chorégraphie, dans un type de musique, ce n’est plus le rythme qui commande, mais bien des villes… Je pense notamment à la « musique de Séville », qui n’est pas celle de Madrid, ni celle de Saragosse, encore moins celle de Pampelune ou de Valencia. Ensuite, au cœur de l’Andalousie, même si elle est différente, la « musique de Séville » sera plus proche de celle de Málaga ou Jerez de la Frontera, plutôt que celle de Talavera de la Reina ou d’Arnedo !
Dans le rythme d’une vache, il faut être attentif au són, au tranco, au tranquito… C’est un véritable rendu de la tauromachie par rapport à l’expression de ces villes espagnoles. C’est un niveau que la France taurine n’a pas encore intégré car elle est trop basée sur l’événementiel et pas suffisamment sur ses musiques « propres ». Disons-le tout haut, en la matière, nous avons deux siècles de retard sur l’Espagne !
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Du lien existant entre le ganadero et ses bêtes | 08/02/2009 - 16:11:55 |
Bien qu’il soit nécessaire de ne pas faire preuve de « sentiment » dans le monde ganadero, il est toutefois inéluctable qu’il existe une véritable relation d’amour entre le ganadero et ses animaux.
Ce sentiment peut revêtir différentes formes et s’exprime notamment par le fait que l’éleveur voie grandir son troupeau dans un cadre idyllique, où la quasi-liberté occupe une place primordiale.
La fascination du toro n’est pas le seul apanage du torero ou de l’aficionado. Il est nécessaire d’y ajouter celle de l’éleveur, qui, par son action au quotidien, son travail de sélection et la rigueur de son manejo apporte tous les éléments nécessaires pour que le futur toro favorise en piste le succès tant espéré. La recherche de la perfection ganadera se traduit donc par l’amour que va exprimer l’éleveur pour ses bêtes, dans son ressenti personnel mais aussi dans sa manière de mener la ganadería.
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De la préparation de la temporada française – épisode 2 | 07/02/2009 - 23:33:46 |
Une semaine après la proclamation des cartels de la temporada arlésienne, le coup d’envoi de la saison taurin va être donné ce dimanche, à Samadet, au cœur du beau département des Landes, ravagé entre autres par le passage de la tempête Klaus, en janvier dernier…
J’avais déjà évoqué dans ces colonnes la joie que j’avais ressentie à former le cartel des finales des novilladas sans picadors de Bayonne, en août dernier, au côté de mon ami ganadero Jean-Louis Daré. Un éleveur qui aura le grand honneur d’ouvrir la temporada française 2009, ce dimanche, à partir de 15h30, avec un lot qui portera le fer de Camino de Santiago.
Sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, les pèlerins aficionados découvriront une bien belle surprise à la lecture du cartel. Le paseo sera emmené par Román Pérez et Tomasito, qui encadreront l’apprenti-torero local, Mario Guirao pour sa première novillada formelle…
Qu’il me soit permis à travers ces quelques lignes de souhaiter une nouvelle fois mucha suerte à l’encontre de l’ami Jean-Louis. Franchir de nouvelles étapes est quelque chose de primordial dans l’élaboration d’une vie ganadera. Après la corrida de Vic de l’été dernier, je ne doute pas de la volonté de mon confrère de marquer un grand coup dès le début de l’année… Une envie de convaincre et une motivation qui animent tous les ganaderos… Il nous tarde d’être au 8 mars !
à suivre...
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Regards sur la camada 2009 de l’ami Gonzalo | 06/02/2009 - 23:57:44 |
Notre élevage se nourrit de différentes histoires, de rencontres et d’évolutions… Dans quelques mois, notre ganadería fêtera déjà ses dix ans d’existence… Que de chemin parcouru depuis la fondation de ce fer… Un marteau de Thor, le dieu de la bravoure, qui n’aurait été rien sans l’apport de quelques professionnels de grande renommée.
Si j’ai souvent parlé dans ces colonnes de la spécificité de l’encaste Núñez, je n’en oublie par pour autant l’autre rame majeure de notre élevage, en lien direct avec la ganadería de Martelilla, propriété de mon ami Gonzalo Domecq. Un élevage aujourd’hui synonyme de régularité et de prestige, pleinement reconnu dans les arènes et ferias de première catégorie…
Si notre camada, à une échelle encore modeste, a pu placer tous ses produits pour la temporada, je me réjouis de voir qu’il en va de même pour Gonzalo Domecq, au niveau qui est actuellement le sien. Et quelle camada !
10 corridas lidiées en 2008 et 10 qui sont d’ores et déjà annoncées pour 2009 !
La régularité est une marque de fabrique chez Martelilla, qui a bien su se différencier de la maison-mère du Marquis de Domecq, qui proposera cette année un total de 8 corridas…
En 2009, les aficionados pourront voir les toros de Gonzalo Domecq dans les arènes de Valencia, pour les Fallas, mais aussi à Málaga et Alicante, sans oublier Colmenar Viejo, Albacete et le Puerto de Santa María, ou encore Huelva, Osuna et Baza… J’en oublie certainement…
Une programmation somme toute logique lorsqu’on se rend compte du nombre de succès obtenus par l’élevage de Martelilla l’an passé, notamment à Huelva, ou encore à Albacete, où Miguel Ángel Perera a signé l’un de ses triomphes les plus probants au cours d’un mois de septembre exceptionnel… Précisons à ce titre que le bétail de Martelilla et de son second fer, Casa de los Toreros, ont favorisé une coupe totale de 37 oreilles tout au long de la temporada.
En 2009, la camada s’annonce sous les meilleurs auspices même si les récents caprices climatiques ont quelque peu contrarié la préparation des toros de Gonzalo Domecq. Un élevage de référence dont nous sommes très fiers d’être en lien direct.
Un lien ganadero et amical, toujours basé sur la confiance et le respect. Deux valeurs essentielles en tauromachie…
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De la préparation de la temporada française – épisode 1 | 05/02/2009 - 20:53:01 |
En cette période hivernale, les esprits se réchauffent quelque peu avec le dévoilement progressif des premiers éléments qui structureront la saison taurine en France. Une temporada qui démarrera pour notre élevage le dimanche 8 mars dans les arènes couvertes d’Arzacq- Arraziguet, en plein cœur des Pyrénées-Atlantiques. Un rendez-vous que nous préparons avec le plus grand sérieux. Même en traje corto, une course est toujours riche en enseignements et pose les jalons pour des rendez-vous encore plus importants.
Pour cette date, nous serons entourés de toreros que nous connaissons bien, ici à Bellombre… Julien Lescarret, qui était venu tienter en septembre dernier, au côté d’Alberto Aguilar, l’un des toreros espagnols capable d’évoluer encore et d’étonner en cette temporada 2009. Fernando Cruz, qui est annoncé en septembre prochain pour lidier le concours d’élevages de la Feria du Riz sera également de la partie, lui qui a connu une trajectoire importante dans notre pays en qualité de novillero… La saison 2009 sera celle du cinquième anniversaire de sa prise d’alternative, à Nîmes, et marquera peut-être un renouveau dans sa carrière.
Conseillé depuis des années par notre ami Richard Milian, Antonio João Ferreira a lui aussi su évoluer dans le bon sens. Ce torero portugais, qui a rencontré nos produits à de nombreuses reprises, n’a pas brûlé les étapes et affiné sa technique au cours de six saisons complètes dans le circuit novilleril. Aujourd’hui matador de toros, Antonio João Ferreira représente peut-être le nouvel espoir lusitanien, dont la spécificité dans le deuxième tiers pourrait lui faire intégrer bien des cartels de toreros banderilleros, et pas uniquement à Lunel…
Et comment évoquer le nom de Richard Milian dans ces colonnes sans parler des deux apprentis-novilleros qu’il va conduire jusqu’à l’échelon supérieur ? Matthieu Guillon et Thomas Dufau seront également de la partie à Arzacq, histoire de prouver à l’afición du Béarn que leur prochain passage en novillada formelle n’est pas le fait du hasard. Mugron la Landaise et Garlin la Béarnaise attendent en effet ces deux phénomènes qui ont animé l’an passé bien des novilladas sans picadors dans le sud-ouest…
Thomas Dufau, durement touché dans sa chair de torero l’an passé, et que nous aurons plaisir à revoir en piste, lui qui avait repris son entraînement dans la placita de tienta de Bellombre au printemps dernier…
à suivre...
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Des derniers commentaires apportés sur le Blog | 04/02/2009 - 22:59:09 |
Une fois n’est pas coutume, cette contribution va parler de cet espace d’échange et de liberté que représente le Blog de notre site internet. Vous êtes de plus en plus nombreux à le visiter et certains se risquent même à quelques commentaires, histoire de venir défier l’ami Bruno sur ses « plates-bandes » !
Je remercie plus particulièrement Denis Sanchez pour ses mots très gentils et les commentaires qu’il a récemment apportés dans ces colonnes. Lui qui a été élève au Centre français de tauromachie et qui a porté l’habit de lumières lors de quelques novilladas sans picadors sait pleinement ce que représente l’investissement dans le monde tauromachique.
En relisant son dernier commentaire, je suis notamment heureux de m’apercevoir que de nombreux aficionados partagent le même avis que moi concernant la figure d’un torero de la dimension de Patrick Varin. Denis le qualifie de « grand maestro » et explique que c’est à ses côtés qu’il a « tout appris sur les toros. J’ai passé les plus belles années de ma vie à l’écouter, à tienter de second après lui, à apprendre le respect de la moindre vache… Je ne le remercierai jamais assez pour m’avoir permis de le côtoyer pendant deux ans ».
Bel hommage rendu à mon ami Patrick, qui nous a encore gratifié d’une faena exquise, il y a trois mois de cela, à Rodilhan, face à un novillo de la maison. En cette temporada 2009 où il fêtera le trentième anniversaire de son alternative, Patrick Varin demeure toujours une référence auprès des professionnels taurins. Quelle que soit leur génération…
Denis Sanchez, qui officie aujourd’hui au sein de la troupe des recortadores « El Arte Arlesin » l’a prouvé par sa récente contribution dans notre Blog. Qu’il y soit le bienvenu, au même titre que ses commentaires…
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Répertoire – Le terme de la semaine : prontitud | 02/02/2009 - 08:14:25 |
La promptitude est un moment très important dans le geste du toro bravo. Elle s’intègre dans ce système d’allures rythmées par fijeza, entrega, distancia, toque, bravura, raza et auxquels il faut ajouter tous les comportements qui sous-tendent ces allures.
La prontitud est un élément révélateur de cadence.
Elle correspond à une mise en mouvement sur de l’équilibre – l’animal prenant tous les risques al toque, tout en restant dans l’ordre. Car la prontitud doit rester basée sur de l’obéissance. On doit la considérer comme la dernière des vertus de l' ordre en el ruedo…
S’il y a fijeza et entrega, il faut espèrer prontitud. Que no sea tardo. Car alors c' est qu' il y a de la race…
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Les trois mousquetaires | 01/02/2009 - 16:17:03 |
Loin de moi la volonté de vouloir paraphraser l’œuvre majeure d’Alexandre Dumas, mais plutôt attirer l’attention du public sur trois professionnels taurins français dont les carrières ont été amenées à évoluer et qui se retrouvent sous les feux de l’actualité en ce début d’année…
Il n’est nullement question de déterminer ici qui est Athos, Porthos ou Aramis, même si les trois personnes se reconnaîtraient peut-être plus sous les traits d’un D’Artagnan… Toujours est-il que Richard Milian, Stéphane Fernandez Méca et Denis Loré ne se sont jamais sentis aussi à l’aise que dans leurs nouvelles bottes d’apoderados. Ces fines épées du toreo ont su, depuis quelques mois, se décoiffer avec déférence devant les grands « rois » du mundillo afin de faire valoir leur nouvelles aspirations de managers de toreros. Et qui mieux que des toreros retirés sont capables de comprendre parfaitement ce qui passe dans la tête d’un torero en activité ?
Depuis son retrait du toreo, il y a déjà huit ans de cela, Richard Milian ne cesse de multiplier les initiatives en direction des becerristas qu’il côtoie quotidiennement dans son beau département des Landes. Thomas Dufau et Matthieu Guillon font partie de ces apprentis-novilleros dont la carrière sera appelée à évoluer en cette année 2009, avec des débuts très attendus à l’échelon supérieur…
Il en va de même pour Stéphane Fernandez Méca, qui a pleinement réussi l’an passé ses débuts d’apoderado au côté d’Alberto Aguilar, auteur d’une formidable fin de temporada, avec une prestation des plus méritoires lors de la corrida de Victorino Martín qui avait été proposée à Beaucaire… Défi de reconquête également pour Mehdi Savalli, qui, en confiant ses intérêts à Denis Loré, a su trouver un professionnel digne de confiance et à l’exigence taurine renouvelée.
Le premier cartel de la saison 2009 en France a été publié : il réunira en juillet prochain, dans les arènes de Lunel, face aux toros d’Hubert Yonnet, trois matadors de toros banderilleros dont la carrière est dirigée par l’un de ces trois « mousquetaires » de la tradition taurine à la française : Alberto Aguilar, le Madrilène renaissant ; Mehdi Savalli, le Français batailleur aux racines italiennes et marocaines, et Antonio João Ferreira, le nouveau matador de toros portugais dont la carrière est toujours gérée par Richard Milian… Méca, Loré, Milian derrière Aguilar, Savalli et Ferreira ; la contre-piste lunelloise aura fière allure. Une réalité qui est également le témoin de l’évolution d’une époque…
Hier soir, Richard Milian, Stéphane Fernandez Méca et Denis Loré étaient présents à la Grande halle des ateliers SNCF à l’occasion de la présentation de la temporada arlésienne. Les deux premiers n’ont pu convaincre l’empresa arlésienne d’engager leurs protégés respectifs dans les arènes d’Arles alors que Mehdi Savalli se retrouvera au cartel de la corrida de clôture de la Feria de Pâques, où il retrouvera les toros de Victorino Martín…
Cela ne les a pas empêchés de converser en vue de la temporada en construction… Une saison où les enjeux de pouvoir prendront des significations toutes particulières. « Oublié » de la temporada arlésienne pour avoir revu ses prétentions financières à la hausse, El Fundi était également présent hier soir à Arles, après avoir fait une « mise au point », le matin même, à Méjanes, lors de l’assemblée générale des Clubs taurins Paul-Ricard… Nous y reviendrons prochainement…
La saison qui s’ouvre promet donc quelques passes d’armes, avec des fils d’épée qui promettent d’être tranchants. Tradition française de nos mousquetaires… Le Duc de Buckingham est prévenu !
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La temporada a débuté… | 31/01/2009 - 21:50:39 |
Il est des signes qui ne trompent pas... Des indications qui montrent qu’un processus est enclenché… Cette journée taurine en pays d’Arles aura été des plus animées… Alors que les circonvolution des roues des voitures se font plus nombreuses sur le parking de Bellombre, la saison taurine amorce ses prémices.
Apoderados, directeurs d’arènes, veedores, toreros se pressent au moment de boucler les derniers cartels. Certains d’entre eux ont été révélés, il y a quelques heures, par Luc Jalabert, au cœur de la Grande halle de l’Image, le nouveau joyau rénové du site historique des ateliers SNCF d’Arles… Beaucoup de monde et un peuple du toro impatient de connaître le profil de la temporada arlésienne. Il est d’ailleurs positif de voir que l’annonce de ces cartels n’intéresse pas que les seuls aficionados puisque de nombreux Arlésiens, pas forcément férus de tauromachie, y assistent avec la même assiduité. La proclamation des ferias d’Arles est toujours un moment fort dans la vie de la cité rhodanienne…
L’occasion pour les uns de se réjouir des retrouvailles « officielles » entre Juan Bautista et Sébastien Castella, pour les autres de pester contre l’absence d’El Fundi et de s’interroger sur le bien-fondé de la présence de Julien Lescarret, à Arles, face à une corrida de Miura… Un débat des plus ouverts au sein de laquelle notre fameuse « picaresque » n’a jamais pris autant de sens ! Bien avant cette proclamation, El Fundi, en personne, avait secoué le cocotier, à Méjanes, lors de l’assemblée générale des Clubs taurins Paul-Ricard, histoire de réaffirmer la légitimité de ses intentions professionnelles et financières et de répondre indirectement aux critiques dont il a pu faire l’objet…
Débats, commentaires, réactions passionnées… Le premier paseo n’a pas encore eu lieu que tout le monde taurin est déjà sur le pied de guerre… La temporada a bel et bien débuté...
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S’assurer du futur de la ganadería | 30/01/2009 - 23:34:07 |
Il y a quelques semaines, nous avons procédé à la « fouille » de plusieurs vaches qui paissent actuellement dans des enclos séparés, en compagnie des étalons de l’élevage. En pleine période de cubrición, cette opération permet de déterminer quelles sont les vaches les plus fécondes et celles dont on peut espérer d’ores et déjà, peut-être, de grands produits…
Cette opération est particulièrement périlleuse car elle implique tous les acteurs habituels de la ganadería. Celle-ci n’est possible qu’en réunissant tous les facteurs essentiels à sa réussite : une maîtrise du tri des bêtes, à cheval, en respectant les principes du manejo que nous souhaitons à Bellombre, de l’autorité et de la fermeté au moment de séparer les vaches de leurs veaux, un timing des plus précis afin que l’opération de « fouille » se fasse rapidement et efficacement.
En ce sens, l’apport technique et scientifique du docteur Alain Nivot est exceptionnel. Ce vétérinaire, originaire du sud-ouest, est un interlocuteur privilégié en la matière : un homme qui maîtrise incontestablement son sujet. D’une main à la fois souple et ferme, le docteur Nivot est capable de déterminer si une vache a été fécondée, et si oui, de combien de semaines ! Une analyse purement tactile qui permet également de déterminer si les ovaires de l’animal fonctionnent correctement ou pas !
Le néophyte ne peut être qu’admiratif face à un tel puits de science et cette maîtrise exemplaire du sujet… En un « tour de main », le vétérinaire est capable de renseigner le ganadero sur les qualités de mère d’une vache, le rassurer quant au futur de ses produits ou lui donner d’autres informations qui pourraient pousser l’éleveur à ôter l’animal de son cheptel. Autant d’éléments qui participent à l’élaboration du futur de la ganadería.
Une opération certes longue et harrassante, mais ô combien enrichissante pour toutes celles et ceux qui y participent…
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De l’essentialité du choix des sementales au sein de la ganadería | 29/01/2009 - 23:51:35 |
L’histoire de tout élevage se fonde sur l’achat premier de têtes de bétail acquises auprès d’un confrère déjà « installé » et dont le sang d’origine du cheptel va intéresser le ganadero.
Au début de la fondation d’un élevage de toros braves, le nouveau ganadero ne dispose pas, en théorie, de vaches et d’étalons. Il doit donc acheter un mâle avec un lot de femelles afin de démarrer sur une première base de travail. La sélection qu’il va opérer par la suite va permettre de déterminer quelles bêtes sont susceptibles de structurer son élevage afin de créer des lignes de sang qui vont répondre aux critères de qualité définis par l’éleveur.
Au bout de quelques années, cette sélection personnelle lui permettra notamment de choisir, parmi ses produits les plus récents, un mâle digne de confiance afin d’en faire un étalon.
L’ancrage d’une ganadería se centre en effet sur sa capacité à produire des étalons marqués de son propre fer. Ces « géniteurs de la maison » pourront ainsi officier au sein de l’élevage, être les représentants d’une ligne de sang précise, être vendus, voire même prêtés à un autre éleveur dont l’encaste sera proche et qui aura besoin de « rafraîchir » son cheptel par un nouvel apport de sang.
Fournir un étalon issu de son propre élevage fait partie des objectifs premiers pour un éleveur, à l’instar de la préparation des lots d’erales, de novillos ou de toros, destinés aux arènes.
Le ganadero a également l’occasion de procéder à un autre type de sélection, en travaillant sur les paillettes. Après plusieurs années de sélection, certains ganaderos procèdent en effet au prélèvement de la semence de leurs meilleurs étalons en les conservant dans des cuves spécifiques afin qu’un semental de grande qualité puisse continuer à « couvrir » les vaches, bien après sa mort naturelle, par l’intermédiaire de la reproduction assistée.
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Des réalités de la gestation d’une vache brave | 28/01/2009 - 21:17:06 |
Coller à la temporada tout en optimalisant le taux de gestation de sa ganaderia, voila un des nombreux objectifs mis en place à Bellombre. Neuf mois de gestation sont nécessaires avant que la vache ne mette bas et donne ainsi naissance à un veau. Une durée qui rappelle d’autres types de grossesses… Le calendrier des toros commençant peu ou prou à partir d' avril, ce sont les naissances de novembre qui vont le mieux lui correspondre, et comme il culmine au mois d' août, les produits de mars/avril lui seront plus adaptés. Donc, deux périodes de cubricion, janvier/février et mai/juin/juillet. Avantage, la période de chaleurs s’étalant sur une durée de 28 jours, au cours de ces deux mois minimums le semental dispose de chaque vache durant deux périodes favorables. Et, comme chaque lot ne dépasse jamais 15 individus, il les a quatre jours au moins chacune, sauf chevauchement de même cycle à l' intérieur du lot. Autre intérêt, les femelles couvertes sont toujours vides, soit parce qu' elles ont mis bas deux mois auparavant, soit parce que, chaque période de cubricion étant séparées de plus de 45 jours, nous pouvons pratiquer des contrôles de gestation efficaces et donc remettre au mâle les vaches qui n' auraient pas été prises. Cela permet enfin de multiplier par deux nos chances de preñacion avec des naissances dans la même année ! Cette organisation demande une année au moins de mise en place la première fois et surtout, un gros travail de manejo , puisqu' il faut augmenter le nombre de clos d' une manière conséquente, mais aussi une vraie gestion vétérinaire pour bien connaitre l' état de l' appareil de reproduction de chaque vache, au début . Mais c' est pour nous, le prix à payer, pour que trapio et âge correspondent à tous les temps de la temporada.
Despues que embisten los toros, naturalmente...
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Du ressenti personnel du ganadero lorsqu’il entend des toros meugler au fin fond du campo | 27/01/2009 - 23:58:38 |
Lorsque je me trouve chez moi, par exemple installé à mon bureau, et que j’entends, dans mon dos des toros meugler, au fin fond du campo, je ressens toujours un sentiment bizarre : marquée par l' inquiétude de l' annonce possible d' un combat entre deux mâles… Donc, dans ce moment là j’espère toujours qu’ils se disent « bonjour » ou « bonsoir » ! On a toujours un peu peur même, si on doit accepter l' expression de la bravoure tout le temps, même comme une fatalité, lorsqu' il y a blessure ou mort d' un animal…
Le plus souvent, les toros s’appellent entre eux, par des meuglements courts et répétés, qui sont des signes sonores de provocation. Entre un bonjour et une insulte, la frontière est très ténue en langage toro !
Pour revenir à des choses plus sérieuses, entendre ces toros, de jour comme de nuit, participent à un véritable émerveillement car je prends un plaisir immense à habiter Bellombre et à vivre…
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Répertoire – Le terme de la semaine : distancia | 26/01/2009 - 22:53:04 |
La distance définit clairement le rapport de l’homme à l’animal. Chacun ne pourra jamais assumer plus de 50 % de la rencontre... Mais, dans une rencontre aboutie, chacun devra la vivre à 100%... Même si chacun la ressent différemment....
La distance correspond à la géographie de cette rencontre...la rendant complémentaire, comme le petit Prince et le renard...
Cette auberge espagnole où on ne fait pas l’amour à toutes les femmes de la même manière, et où les femmes ne font pas l’amour à tous les hommes de la même manière…
Chacun a sa distance.
Entre l' homme et le toro, cette distancia peut être interprétée par rapport à de nombreux critères : bravoure, afición, collaboration, race, etc…
Sur ce dernier point, la question de la distance par rapport à la race est très importante : on ne peut pas appréhender de la même manière la distance avec un toro que l’on va déplacer en ligne droite et la distance avec un toro que l’on va conduire dans une série beaucoup plus ronde.
Ce n’est plus la même distance car, à un moment donné, le temple et la conduite vont également entrer en ligne de compte. La distance correspond tout simplement au ré-accouplement, ou plus exactement au replacement du torero entre chaque série. Il faut donc beaucoup « aimer » le toro pour savoir où est sa place, mais aussi le respecter.
Prendre de la distance, « monter » sur le toro, l’obliger… Autant de verbes qui revêtent une signification taurine toute particulière. A trop obliger un toro, ce dernier finit par s’arrêter, parce qu’il ne comprend plus… A croire que le torero ne l’a pas suffisamment « aimé ».
Un cas qui se présente lorsque le torero ne respecte pas et ne comprend pas le toro. Cela ne veut toutefois pas dire que le toro n’est pas brave…
En revanche, si le torero donne la distance suffisante, s’il conduit le toro comme il convient et qu’il le domine comme il faut, l’animal va s’accoupler avec l’homme. Pour voir et comprendre tous ces paramètres, les spectateurs comme les journalistes, l’éleveur comme le torero doivent tous être aficionados…
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Du plus grand moment taurin de la temporada passée, vécu en vrai ou devant la télé | 25/01/2009 - 18:09:09 |
J’ai vécu de grandes choses dans les arènes, au cours de l’année 2008… J’étais par exemple présent à Madrid, le 15 juin dernier, pour assister à la seconde corrida de José Tomás, quelques jours après ses quatre oreilles acquises durant la Feria de l’Anniversaire des arènes de Las Ventas… Ce jour-là, José Tomás a coupé un total de trois oreilles, mais le plus saisissant a été de voir ce Torero revenir en piste après avoir reçu trois coups de corne.
J’étais à Madrid ce jour-là et je ne suis pas près d’oublier cette date…
Côté télé, j’avoue avoir pris beaucoup de plaisir dans mon canapé – plus confortable que les austères gradins venteños – devant la partition composée par Enrique Ponce à Saragosse, en octobre dernier. Au printemps, j’ai ressenti une vraie émotion face à la faena proposée par Pepín Liria à Séville devant un toro de Victorino Martín.
Ensuite, ce sont des détails ô combien précieux qui portent sur des toros ou des toreros…
(photo Juan Pelegrín - Taurodelta).
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De l’afición incombustible du père Jacques Teissier | 24/01/2009 - 02:10:57 |
Aujourd’hui, si je devais qualifier l’afición du père Jacques Teissier, un seul adjectif me vient en tête : c’est une afición « juvénile ».
Jacques Teissier est prêtre. Ayant offert sa vie au Christ, il a su garder intact ce côté juvénile et cette capacité d’étonnement. Le toro est un révélateur de son immense capacité d'Amour à tout ce qui touche l'humanité. La récente mise à jour de son site internet, http://toro-genese.com/torogenese/html/index.html, est un bonheur pour tout aficionado... Vous y retrouverez tout ce qu'il est, une vraie spontanéité, une vraie franchise, une vraie loyauté ainsi qu’un haut niveau d’exigence qui relève de la fraîcheur. Et c’est un vrai bonheur…
Les spectateurs présents lors du récent tentadero où nous avions invité Jesús Millán ont pu s’en rendre compte et l’exprimer, par leurs jaleos, à l’encontre du père Teissier, muletero d’un jour !
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Du souvenir de la plus grande vache tientée au sein de l’élevage | 23/01/2009 - 01:38:03 |
L’histoire de notre élevage s’est enrichie au fil des années de nombreux tentaderos, achats de vaches, prêts d’étalons et autres épisodes fondamentaux qui structurent la vie d’une ganadería. Aussi, il n’est pas simple de détacher un seul événement, si tant est que celui-ci corresponde à la lidia d’une vache supérieure, capable de répondre à toutes les attentes de l’éleveur…
Ceci étant dit, je conserve le souvenir intact d’une très grande vache de José Ángel Santafé Martón, ici, à Bellombre. Il y a aussi eu de grandes vaches lors de l’aventure d’Occitania… J’ai également vu de très grandes vaches portant mon fer, sur trois lignées différentes, notamment celle de José Ángel, sur une ligne plutôt Zalduendo, ou encore une d’Occitania, en lien direct avec l’encaste Marquis de Domecq : c’était une vache colorada toréée par Jean-Baptiste à la tombée du jour… Un vrai moment magique qui s’est poursuivi en plein champ… Puis il y a eu, je ne les oublie pas, de très grandes vaches d’origine Núñez, beaucoup plus diverses si on les juge à travers les critères de race ou de classe. Dans ces deux cas, on se retrouve face à des dimensions totalement différentes dans le combat.
Obtenir une émotion dans la chorégraphie au cours d’un tentadero est quelque chose que je considère comme impressionnant. Vivre un tel instant permet de réfléchir, quelques secondes, à ce que donnerait cette chorégraphie avec un mâle, âgé de quatre ans…
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De la passion du ganadero de Bellombre pour l’attelage | 22/01/2009 - 00:54:29 |
Ceux qui me connaissent bien savent que je nourris une grande passion pour l’attelage. Ce n’est pas une passion personnelle que j’ai développée, bien une passion familiale qui m’a été transmise.
Mes ancêtres étaient fabricants de voitures hippomobiles à Avignon, au XIXe siècle… Un jour, l’aîné de la famille a décidé de quitter Avignon pour l’Algérie. Cette entreprise avait notamment développé de grandes lignes de messagerie entre Avignon et Lyon, où elle était implantée sur la fameuse place des Terreaux, au n°6, devant la mairie, au cœur de la presqu’île entre le Rhône et la Saône, juste au pied de la colline de la Croix-Rousse. Une place qui est aujourd’hui l’un des joyaux du 1er arrondissement de la capitale des gônes.
C’est d’ailleurs un lieu magnifique qui recèle une splendide fontaine, ornementée de chevaux, et créée à la fin du XIXe siècle par Frédéric Auguste Bartholdi. Un projet initialement prévu pour Bordeaux, mais le maire de la cité girondine avait considéré que celui-ci était trop cher… Une dépense que la Ville de Lyon n’a pas considérée comme « démesurée », en 1888, et qui embellit depuis la fameuse place des Terreaux.
Cette importante tradition familiale a fait que j’ai été élevé dans un grand amour des chevaux et des voitures... J’ai grandi avec cette passion, je la fais vivre, notamment, en continuant à les " chiner ", lorsque leur prix est abordable bien sûr... La voiture hippomobile, c' est la porte de la convivialité associée au cheval et au sport…à la tradition aussi... c'est surtout pour moi un des moyens de vivre le coto de Doñana et me rapprocher de la Virgen del Rocío, deux fois par an, con mi Hermandad de Sanlúcar....
A Bellombre, un garage entier est dédié à ces voitures d’attelage de tradition. Un lieu d’histoire, de passion, d’héritage familial, mais aussi un lieu de fête et de convivialité.
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De l’état d’esprit du ganadero lorsque son mayoral vient lui annoncer une nouvelle naissance | 21/01/2009 - 00:13:04 |
L’éleveur est toujours très attentif aux différents éléments qui participent à la vie de la ganadería et à son évolution. En ce sens, tout ce qui touche à l’avenir de celle-ci revêt une importance primordiale, donne une force supplémentaire à la famille ganadera et nous tourne encore et toujours vers l’avenir.
Ce sont de bonnes nouvelles car elles renvoient à demain et parce qu’elles permettent de répondre à plusieurs questions liées à la sélection : immédiatement, on se demande quelle est la robe de l’animal, quel est son type et bien évidemment quel est son sexe… Lorsque le ganadero reçoit par son mayoral l’information d’une naissance, celui-ci met d’ores et déjà en place les paramètres de l’élevage…
Toutes ces annonces sont également reçues avec beaucoup de plénitude et de tranquillité car il est également nécessaire de laisser le temps à la nature de faire les choses…
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