Blog de Pierre-Marie Meynadier


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27/08/2008 - 23:37:22

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Vivement samedi…

26/08/2008 - 23:47:56

Pourrais-je parler d’une forme d’impatience ? Toujours est-il qu’il me tarde d’être à samedi dans la ville chère au cœur du docteur Jean Grenet… Au même titre que l’avait été notre présentation, l’an passé à Mont-de-Marsan, cette programmation de fin de temporada, à Bayonne, est propre à satisfaire le ganadero que je suis, même dans le cadre d’une novillada sans picadors.


Deux des meilleurs élèves de l’École de tauromachie de Madrid défieront nos produits, qui s’entraînent quotidiennement sous l’œil avisé de Sébastien, Caroline et Marine… J’évoquais dans ces mêmes colonnes la grande culture de la novillada existant dans le sud-ouest et j’espère sincèrement que cette course de samedi matin pourra satisfaire le plus grand nombre de spectateurs et de professionnels taurins.


Être à Bayonne en fin de saison revêt toujours une certaine saveur… Les courses de l’Atlantique sont particulièrement courues des aficionados, qu’ils soient bayonnais, espagnols ou venant de contrées plus lointaines. Une douceur océanique synonyme cette année de contrastes saisissants au niveau des cartels des corridas.


Succédant à nos erales, les toros de Palha investiront le ruedo bayonnais quelques heures après la tenue de la novillada sans picadors qui nous intéresse au premier chef. Je suis d’ailleurs très heureux d’y retrouver un torero que j’apprécie au plus haut point, Sergio Aguilar, qui participera également à la corrida-concours arlésienne quinze jours plus tard. Le Madrilène partagera l’affiche samedi après-midi aux côtés de Rafaelillo et Diego Urdiales…


Le lendemain, l’occasion nous sera donnée d’apprécier un autre torero que je porte très haut dans mon estime, en la personne de Miguel Ángel Perera, qui imprime sa domination dans toutes les ferias. Qu’elles se déroulent dans des arènes de 1e, 2e ou 3e catégorie… Le torero extremeño, qui a confirmé cette année tous les espoirs placés en lui il y a tout juste un an, retrouvera sur le sable de Marcel-Dangou deux habitués de Lachepaillet : Enrique Ponce et El Cid. Il reste à espérer que les toros de Valdefresno permettent d’assister à une grande course…


Mais ma plus grande satisfaction de ce week-end bayonnais sera peut-être de me retrouver sur la même affiche que mon confrère et ami Jean-Louis Darré. 24 heures après le passage des pupilles de Bellombre à Bayonne, ce seront ses erales de Camino de Santiago qui seront en piste ! Et que dire du cartel, avec les deux meilleurs apprentis-novilleros du sud-ouest du moment… Mathieu Guillon, bien évidemment, qui se retrouvera en mano a mano avec Thomas Dufau.


Voilà une belle histoire de toros, avec ce retour au premier plan de Thomas Dufau, grièvement blessé en début de saison face à l’un de nos erales et qui est revenu à son meilleur niveau. Nous l’avions reçu avec plaisir à Bellombre au printemps dernier pour lui permettre de repartir sur les meilleures bases possibles en termes d’entraînement…


Quelques mois plus tard, Thomas s’affirme comme l’un des apprentis-novilleros français punteros en cette temporada 2008. Qu’il confirme tous ces espoirs à Bayonne et que ce week-end d’afición nous rende tous heureux : organisateurs, ganaderos, toreros et spectateurs…

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Nos « champions de Bayonne » se préparent !

25/08/2008 - 23:32:31

Ca y’est, le décompte a débuté avant notre rendez-vous à Lachepaillet ! J -5 en ce lundi avant que nos pupilles ne foulent le sable des arènes Marcel-Dangou, à Bayonne. Quatre erales aux deux et ans demi bien sonnés, trois d’origine Martelilla et un de souche Núñez. Une nouvelle épreuve pour la ganadería, une nouvelle étape après la présentation l’an passé de nos produits en plein cœur de la Feria de la Madeleine, à Mont-de-Marsan.


Ce retour dans le sud-ouest m’enchante car il existe une véritable culture de la novillada – qu’elle soit avec ou sans picadors – dans cette partie de la France taurine. On peut voir à Bayonne ou à Dax près de 5000 spectateurs assister aux finales des novilladas sans picadors et que dire de ces courses de village qui font le plein, chaque année, que ce soit dans le Gers, les Landes ou les Hautes-Pyrénées…


Cette force en termes d’entrées se manifeste également par une certaine philosophie de la novillada et d’un goût prononcé pour les choses soignées. A la différence de l’Espagne, les novilladas sont considérées comme un spectacle fondateur où le bétail se doit d’être bien présenté. On ne verrait jamais sur des affiches de novilladas sans picadors en France l’appellation de desecho. Même si notre élevage demeure dans une logique de reconquête, avec l’objectif de revenir en corridas de toros dans les grandes arènes, je demeure sensible à ce soin.


En ce sens, les quatre erales que nous avons réservé paissent actuellement non loin des arènes de tienta, parqués entre cabestros et chevaux. Quotidiennement, en fin d’après-midi, Sébastien et Caroline, notre mayoral et chef d’écurie respectivement, leur font parcourir trois tours de taurodrome…


Un peu d’exercice en ces fins de journées d’été pour les faire entrer de plain pied dans le rythme de la course qui les attend samedi matin à Bayonne. Un exercice qui entre également dans le cadre du manejo, ô combien important dans les fondements de notre élevage.


Quatre erales à découvrir dans notre rubrique Agenda.


Au fait, une petite information au passage afin de confirmer les pensées qui étaient miennes pas plus tard qu’hier soir ; El Fundi est vraiment dans une grande passe : il y a quelques heures, le maestro de Fuenlabrada, le Madrilène, a ouvert la Grande porte des arènes d’Almería, l’Andalouse, après avoir manqué de peu l’indulto d’un grand toro de Cebada Gago. Cela ne s’invente pas…

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De la maestria d’un jeune vétéran

24/08/2008 - 23:56:15

Cet après-midi encore, la caste torera d’un maestro a rugi sur le sable gris de Vista Alegre. J’avais déjà apprécié ses manières en mars dernier à Aignan et la suite de sa temporada ne cesse de me convaincre…


Une fois encore, El Fundi a dominé la corrida de Victorino Martín face à l’un des publics les plus exigeants du nord de l’Espagne. Couper une oreille à un « victorino » à Bilbao n’est pas une mince affaire… Pourtant, celui que l’on appelait à une époque « l’Aigle de Fuenlabrada » n’a pas fini de porter un regard acéré sur l’implication à développer en piste face à tout type de bétail.


Une maestria qui ne cesse de se bonifier avec le poids des années ; rappelons qu’El Fundi fêtera d’ici un mois ses 21 ans d’alternative…


Face à un toro plus qu’incertain, José Pedro Prados s’est montré solide, allant extirper des séries de naturelles que le toro ne possédait point et s’exposant comme un jeune premier face aux pitons du « victorino ». Une lutte conclue par une spectaculaire voltereta qui ne l’a pas empêché de porter une estocade concluante…


Une oreille lui a été accordée alors que le médecin des arènes découvrait une plaie dans la région fémorale avec deux trajectoires de 8 cm n’affectant ni le paquet musculaire, ni le paquet vasculaire…


A l’heure où j’écris ces lignes, El Fundi a quitté son hôtel de Bilbao et va certainement chercher un sommeil qu’il aura du mal à trouver, sur les routes qui lui permettront de traverser l’Espagne. Après plus de 11 heures de route et quelques 960 kilomètres, El Fundi est annoncé ce lundi à Almería…Il doit y retrouver les toros de Cebada Gago. Suerte maestro

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Mucho ánimo, Jacques !

23/08/2008 - 23:52:48

La puissance, l’agressivité et la sauvagerie dont peut faire preuve un toro brave en piste peuvent mettre à mal quelques picadors pourtant fort expérimentés. Jacques Monnier en a fait l’amère expérience ce samedi après-midi sur le sable gris de Vista Alegre, à Bilbao…


Ricardo Gallardo n’a pas manqué ses débuts dans la capitale de Vizacaya en envoyant un lot remarquablement présenté pour la huitième course de ces Corridas générales de Bilbao. Le 5e exemplaire, certainement le plus brave de l’après-midi, a rencontré le groupe équestre mené par Jacques Monnier avec puissance et fixité, obtenant la chute avec facilité… Le picador français le plus expérimenté du moment a été blessé à la suite de la chute, se retrouvant coincé sous sa monture.


Transporté à l’infirmerie des arènes, le docteur Martínez Bourio a constaté un traumatisme dans la région sacro-iliaque, assorti d’une incapacité fonctionnelle à l’extrémité inférieure gauche sans toutefois d’affectation vasculaire. Une blessure suffisamment importante pour que des examens radiologiques soient effectués dans la soirée à la clinique de la Vierge Blanche, à Bilbao.


Cette blessure fait partie des épreuves face auxquelles s’expose tout homme vêtu de lumières… En ces heures difficiles, où la douleur est toujours présente, je souhaite un prompt rétablissement à mon ami Jacques Monnier. Ce picador fait partie des meilleurs des circuits et je suis chaque fois très heureux de le retrouver à Bellombre dès lors qu’il est question d’un tentadero.


Mucho ánimo Jacques ! dit-on dans la langue de Cervantes, avec l’espoir sincère de te revoir rapidement sur un cheval, palo à la main.

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Bravo Bruno !

22/08/2008 - 23:54:18

Nous sommes entrés dans la dernière quinzaine du mois d’août, synonyme d’une intensification du nombre de courses sur les trois nations taurines que compte le Vieux Continent.


Ce vendredi, en fin d’après-midi, notre confrère et ami Bruno Blohorn a fourni un très bon lot d’erales aux arènes d’Arles, dans le cadre de la dernière novillada sans picadors qui était organisée au cours de cette temporada estivale dans l’amphithéâtre romain.


Quatre exemplaires porteurs du fameux trèfle de Carrelet ont fait honneur à la fameuse de devise verte, blanche et orange. Des erales qui ont fait parler leur caste et mis en évidence le long chemin qu’il restait à parcourir pour deux apprentis-novilleros… Le 3e eral a été supérieur même si un tour de piste posthume n’a été accordé qu’au 6e exemplaire, mais les 2e et 5e ont également été à la hauteur.

Seul Sergio Blanco, élève à l’École de tauromachie de Madrid et récent vainqueur du concours Domingo-Ortega, à Borox (Tolède), s’est mis en évidence en coupant l’oreille de ses deux adversaires. Supérieur avec la cape, ce becerrista est sorti en triomphe des arènes d’Arles face à un millier de spectateurs ravis.


Un tel résultat m’enchante même s’il met une sacrée pression pour notre ganadería. Dans une semaine, nous devrons faire aussi bien sur le sable des arènes de Bayonne, samedi prochain, avec Cristián Escribano et Raúl Rivera au cartel. La barre est haute mais nous allons tout faire pour relever ce beau défi de fin de temporada estivale.

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Gare à Morante

21/08/2008 - 20:16:38

Je me souviens, en début d’année, de certains commentaires amusés de la part de quelques aficionados, à la lecture des cartels où le nom de Morante de la Puebla apparaissait… Certains glosaient sur la capacité du torero originaire de la Puebla del Río à officier dans un grand nombre d’arènes de première catégorie alors que d’autres mettaient en exergue sa fragilité personnelle…


Ce jeudi, José Antonio Morante a une fois de plus prouvé aux « donneurs de leçon » qu’il demeurait un artiste incommensurable. Le toreo de Morante fait partie des plus aboutis et des plus « travaillés » que compte aujourd’hui l’Escalafón des matadors de toros. Le secret de sa tauromachie ? Toréer par le bas, la personnalité et le sens du détail en supplément.

Sur le sable gris de Vista Alegre, Morante de la Puebla a brillé devant le 2e toro de la corrida de Joaquín Núñez del Cuvillo, dessinant des muletazos à l’impact affirmé. Des séries et des courbes originales, des tracés de faena qui portent une signature unique ; un coup de poignet magistral et un dédain souvent seigneurial… Le Morante de cette temporada 2008 est un véritable cadeau pour tout spectateur capable de le voir et de l’apprécier.


En y regardant mieux, on se demande même pourquoi la temporada de Morante a éveillé des doutes chez certains : deux oreilles à Mexico le 6 janvier 2008, une oreille à Vistalegre un mois et demi plus tard, et un autre trophée de poids, fin avril à Saint-Sébastien, devant un exemplaire important de Fuente Ymbro, dans le cadre d’un exercice où personne n’attendait Morante… Le concours d’élevages, qui plus est, en qualité de chef de lidia !


Dès lors, la temporada pouvait se dérouler sous les meilleurs auspices, notamment sur le sable de Las Ventas, où le public madrilène raffole des démonstrations de l’artiste andalou : une oreille lors de la corrida de Victoriano del Río, puis une autre devant celle de Núñez del Cuvillo ! Morante, un artiste unique sous le soleil, comme sous la pluie…


Nul doute que le public français attendra énormément de ses deux prochaines apparitions dans notre pays, dans moins d’un mois, aux arènes de Dax et Nîmes…

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Un ganadero ami aux arènes d’Arles

20/08/2008 - 23:43:17

Il y a un peu plus de deux ans, notre élevage effectuait sa présentation sur le sable des arènes d’Arles. Une date d’autant plus importante que la novillada sans picadors en question ouvrait la Feria de Pâques. Une matinée au cours de laquelle aucune oreille n’avait été coupée mais qui s’était avérée fort riche en termes de bons moments…


Les becerristas de l’époque, Miguel Hernández, Romain Fluet et un certain Cuesta Carmona s’en souviennent encore…

Deux jours après cette course, notre ami Bruno Blohorn présentait sa première corrida de toros dans les arènes d’Arles, récompense légitime pour ce ganadero qui avait fourni au cours des deux ferias de Pâques précédentes des novillos de haute tenue.


Ce vendredi 22 août, notre ami ganadero, dont les bêtes paissent sur les terres camarguaises du mas de Carrelet, sera de retour sur les bords du Rhône pour y livrer une novillada sans picadors. J’apprécie grandement la relation professionnelle qui lie notre élevage à celui de Bruno Blohorn : sa vision de la sélection, du campo et du manejo.


Les six erales de la maison Blohorn seront combattus par trois apprentis-novilleros issus de différentes écoles taurines espagnoles : Jaime Martínez (Badajoz), Jesús Duque (Valencia) et Sergio Blanco (Madrid).


Je ne peux que souhaiter que mucha suerte à mon confrère et ami, en espérant que l’esprit de compétition qui nous anime nous conduira à connaître quelques moments heureux, huit jours plus tard à Bayonne…


C’est en effet le samedi 30 août, à 11 heures, que notre ganadería effectuera sa présentation en novillada sans picadors aux arènes Marcel-Dangou…

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Quelques considérations en pleine temporada estivale

19/08/2008 - 23:58:18

Nous voilà arrivés dans ce que l’on pourrait appeler la « saison forte »… Du 15 août au 15 septembre, l’Europe taurine va battre au rythme des ferias en tous genres. Une période numériquement riche en courses au cours de laquelle les hommes vêtus de lumières s’exposeront plus que jamais face aux cornes.


Un pic dans la temporada au moment où se déclinent les ferias de Bilbao, Almería ou encore Linares.

Sur nos terres, c’est la novillada qui dominera jusqu’à la fin du mois d’août, avec un rendez-vous important pour la ganadería d’ici un peu plus d’une semaine dans les arènes de Bayonne…


Le public aura tout loisir de se divertir avec les novilladas proposées à Carcassonne ou encore la Feria de Saint-Gilles. Toutefois, notre coup de cœur se dirige vers le département des Landes et une arène que nous connaissons bien à Bellombre…


Chaque année se déroule à pareille époque la feria de Rion-des-Landes, un rendez-vous unique de la temporada française qui a vu défiler de nombreuses promesses de la Fiesta Brava…


Capeas, becerradas et novilladas sans picadors occuperont le haut du pavé pendant quatre journées. L’occasion nous sera également donnée de revoir Thomas Dufau, que nous avions reçu à Bellombre il y a quelques mois de cela et qui réalise une belle temporada estivale.


On apprend toujours lors des novilladas sans picadors, notamment celles qui sont organisées à Rion-des-Landes, et ce n’est pas le président de l’Observatoire qui me contredira !

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Du retour en France d’un autre Aguilar

18/08/2008 - 23:49:47

Nous avons beaucoup parlé sur ce site de la trajectoire ascendante d’Alberto Aguilar, torero madrilène dont la carrière est gérée par Stéphane Fernandez Méca et qui a récemment triomphé avec brio dans les arènes de Beaucaire et de Vic-Fezensac… Je souhaiterais revenir sur la carrière d’un autre matador de toros madrilène qui s’appelle également Aguilar… Car Sergio fait également partie des toreros que nous apprécions particulièrement à Bellombre.


Nous avons encore tous en tête cette faena remarquable face à un toro de notre élevage. C’était déjà il y a près d’un an et demi dans les anciennes arènes de Saint-Martin-de-Crau…

Depuis, Sergio n’a pas manqué de s’illustrer dans notre pays, que ce soit en mars dernier dans les arènes de Vergèze, ou encore lors de la dernière Pentecôte de Vic-Fezensac où il a coupé l’oreille d’un toro de José Escolar Gil. Un élevage qu’il a à nouveau défié deux mois plus tard dans les arènes de Céret.


Le genre de courses qui vous permet de situer le tempérament d’un torero…


Dans un peu moins d’un mois, Sergio Aguilar effectuera sa présentation en qualité de matador de toros dans les arènes d’Arles. Un amphithéâtre romain dont il n’a plus foulé le sable depuis déjà neuf ans… A l’époque, Sergio n’était encore qu’un novillero mais, déjà, celui-ci était parvenu à couper l’oreille d’un impressionnant novillo d’Hubert Yonnet.


Il est certain que Sergio fera un crochet par Bellombre en septembre prochain, lui qui sera amené à combattre deux exemplaires porteurs des fers de La Quinta et de José Escolar Gil dans le cadre d’un concours d’élevages des plus relevés…


Ce garçon m’a chaque fois invité lorsqu’il venait toréer en France. C’est d’ailleurs impressionnant de voir la mémoire de celui-ci ! Il n’y a pas eu une seule fois où Sergio ne m’ait pas parlé du fameux toro de Saint-Martin-de-Crau, Barbacano. Il m’a chaque fois bluffé…


Ce qu’il y a de bien dans cette histoire, c’est que Sergio fait partie des gens qui ne sont pas encore « pollués » par un système. Sergio Aguilar est un vrai bon torero… On ne peut pas en dire autant sur le public de Saint-Martin-de-Crau !

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Des débuts en corrida de mon confrère et ami ganadero, Jean-Louis Darré

17/08/2008 - 21:08:07

Le 8 août dernier, en nocturne, Jean-Louis Darré, propriétaire de l’élevage de l’Astarac, a fourni sa première corrida dans une piste d’importance : les arènes de Vic-Fezensac. Grosse affluence sur les guichets avec la présence de nombreux aficionados qui étaient notamment venus suivre Alberto Aguilar après son triomphe de Beaucaire…


Ils n’ont pas été déçus puisque Alberto a été le triomphateur de la soirée alors que Julien Lescarret a coupé l’oreille du meilleur toro de la course.

C’est un cap franchi ! Mais aussi d’autres problématiques…


Lorsqu’un ganadero fournit les toros d’une corrida, tout change. Ce ne sont plus les mêmes toreros qu’on a en face, ce ne sont plus les mêmes inquiétudes au niveau des empresas, ce ne sont plus les mêmes relations en matière de public et de journalistes, ce n’est plus le même mundillo


Des nouveaux interlocuteurs que mon confrère va être amené à côtoyer. Je ne peux que lui souhaiter « bonne chance » dans cette nouvelle phase de sa vie ganadera et que ça le grandisse…

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De l’appréciation ganadera faite sur le travail de Victorino Martín au sein de l’élevage de Monteviejo

16/08/2008 - 08:08:46

Rien n’est simple en tauromachie. Les aficionados ont pu s’en rendre compte le 27 juillet dernier avec la novillada de Monteviejo qui a foulé le sable des arènes Paul-Laurent, à Beaucaire.


Le travail effectué par Victorino Martín sur la ganadería relève véritablement du romantisme car elle repose sur cette logique : j’ai réussi sur un encaste, je vais essayer de refaire le coup avec un autre… En langage ganadero, c’est une prise de risque totale.

Le travail de sélection opéré lui a également permis de se remettre sur une véritable notion d’humilité par rapport au temps.


Lorsqu’on est ganadero vedette, le plus difficile est de maintenir le niveau de son élevage et de tout faire pour ce qu’il ne se casse pas la gueule.


Avec Monteviejo, Victorino Martín repart sur une problématique différente, avec une recherche d’attitude elle aussi différente. C’est un travail qui peut prendre des années entières… Peut-être même une décennie…


C’est un peu ce que j’ai connu aussi après l’aventure d’Occitana, où je ne fournissais que des corridas. En créant mon propre fer, à mon nom, j’ai dû repartir à zéro et fournir des novilladas sans picadors. Un passage que je ne connaissais pas mais qui m’a personnellement enrichi…

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De la nécessité de favoriser la délégation de service public dans les villes taurines de France

15/08/2008 - 13:42:04

Il y a quelques semaines de cela, la question de la délégation de service public concernant la programmation des spectacles taurins en France a intéressé plusieurs médias spécialisés. Pourquoi se pose-t-on aujourd’hui la question suivante : « et si gestion directe, en régie municipale, avait fait son temps en matière de tauromachie ? ».


Question à laquelle je réponds : « évidemment ! ». Car c’est le prix du talent. Et en République, il est nécessaire de savoir mener la gestion des talents, surtout lorsque ces derniers s’inscrivent sur le long terme. C’est, en théorie, une obligation dans une démocratie. Ce n’est pas parce qu’on a été élu au niveau local et qu’on a rendu service à Dupond, Durand et Martin, qu’on peut être investi du talent nécessaire pour monter une feria et surtout de l’expérience indispensable pour espérer la réussir.

Les mairies doivent donc être capables d’utiliser sciemment le pouvoir qu’elles ont reçu du vote du mois de mars dernier pour se mettre à la recherche des talents.

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Du modèle d’organisation appliqué à Beaucaire par Stéphane Fernandez Méca

14/08/2008 - 12:46:12

Torero bien connu à Bellombre, Stéphane Fernandez Méca a organisé sa première grande feria dans le sud-est. C’était il y a quelques semaines de cela, aux arènes Paul-Laurent, en sa qualité de responsable de la programmation tauromachique auprès de la Ville de Beaucaire. La mise en place du concept d’animation entre les courses me semble géniale… Toutefois, la Ville de Beaucaire doit désormais se mettre à l’unisson de ce qu’a mis en place Stéphane Fernandez Méca, qui est, selon moi, d’une autre dimension.


Cette remise en question de la Ville doit se faire notamment par rapport à son propre passé, car celle-ci ne fait que dupliquer, pour l’instant, ce qu’elle a connu jusqu’alors… Le maire de Beaucaire, Jacques Bourbousson, se doit de le comprendre, en termes de professionnalisme. Une feria doit travailler son image de marque et favoriser l’approche de partenaires susceptibles d’être intéressés par cette nouvelle Feria du Toro. En ce sens, les opérations de relations publiques revêtent une importance particulière et les moyens mis en œuvre pour ces dernières ne doivent en aucun cas être galvaudés.

Soit la Feria de Beaucaire accepte cette nouvelle image de Feria du Toro, totalement renouvelée, avec l’ouverture que cela suppose à tous les niveaux… Soit elle restera la Feria de Beaucaire, uniquement centrée sur les Beaucairois, fermée à un public nouveau, ce qui créera inévitablement un hiatus entre ce que Stéphane Fernandez Méca veut mettre en œuvre et la propre ambition de la Ville de Beaucaire…

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De la gestion du troupeau en période de fortes chaleurs

13/08/2008 - 12:52:01

Avec le début du mois d’août, nous avons connu quelques journées dignes de l’été, tel que les méridionaux le connaissent. Tenemos que aguantar el calor… Et lorsque le mercure affiche 40° à l’ombre, il est nécessaire de se trouver une bonne querencia, avec les rafraichissements qui conviennent…

Concernant les toros, ces derniers trouvent naturellement leur place, dans le campo, à l’ombre. Les toros ne se déplacent pas au moment où le soleil est à son zénith puisque cette période correspond au temps de la digestion chez les bovins. Le rumen est leur première poche de digestion après l’œsophage…


La digestion bovine, qui se base sur la régurgitation de la nourriture afin d’être remastiquée, est d’ailleurs régie par différents types de fermentation. A ce titre, certaines émissions de gaz vont être beaucoup plus fortes sous le soleil et il est donc nécessaire d’en tenir compte en ne déplaçant pas les bêtes.


Le manejo doit donc être effectué soit très tôt le matin, soit en fin d’après-midi. Ce moment de repos et de digestion pour les toros et les vaches, au moment le plus chaud de la journée, permet aussi à certaines personnes impliquées dans la vie de l’élevage de s’accorder un « moment de réflexion » que quelques-uns observeront dans un hamac…

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Du retour historique de l’élevage de Manolo González à Nîmes

12/08/2008 - 12:52:27

Notre ganadería est régie par trois origines : le Martelilla, le Núñez et le Marquesa, ce dernier sang étant une alchimie un peu particulière des deux premiers encastes cités. Notre origine Núñez puise ses sources à travers les bêtes de Manolo González et Socorro Sánchez Dalp qui avaient été les piliers de l’ancienne aventure d’Occitania.

Manolo González est un grand élevage, qui a connu la gloire dans les années 80 et 90. Cette ganadería était devenue une référence auprès du grand public et était considérée par les toreros vedettes comme « la crème de la crème » en matière de sang Núñez… Combien de corridas historiques avons-nous assisté dans les arènes de Nîmes avec cet élevage et cette façon si spécifique de marquer les toros ? Numéros pairs pour les Manolo González, numéros impairs pour les Sánchez Dalp…


Face à ces toros, des muletas de référence : José María Manzanares, José Ortega Cano, Emilio Muñoz, Espartaco, Paco Ojeda… Pour ne citer que les figuras les plus représentatives. Des toros et des toreros liés à une époque : la fin des années 80, la médiatisation de la tauromachie à Nîmes, l’arrivée des caméras de télévision, le mariage d’Yves Mourousi en pleine feria, la « sévillanisation » de Nîmes dans tout ce qu’elle a de folklorique et d’impersonnelle…


Le faste et la démesure avant l’oubli absolu. Fin d’une époque et perte de repères, changement de toreros vedettes et radicalisation des esprits en termes de programmation ganadera. Le Núñez de la machine ganadera qu’est Alcurrucén est arrivé au pouvoir au milieu des années 90 pour ne plus quitter ce trône… Pendant près de quinze ans, Manolo González a ainsi disparu du marché nîmois…


Je me réjouis donc du retour annoncé de cette ganadería historique, le 19 septembre prochain, dans les arènes de Nîmes. Même si ce « revivre » s’effectuera dans le cadre d’une novillada, le nom de Manolo González est intimement lié à l’histoire ganadera de l’amphithéâtre gardois.


C’est une programmation intelligente qui s’appuie bien sur une histoire et sur une dynastie, tout en jouant dans un registre « à la picaresque ». J’emploie ce qualificatif pour bien différencier les deux types de programmation : une semaine auparavant, les novillos de Martelilla – une autre origine de la maison ! – effectueront leur retour à Arles, où ils avaient triomphé quatre années auparavant. Une piste dont ils avaient été privés, non pas pour des raisons de mode ou d’oubli, mais bien pour des motifs sanitaires, avec le fameux épisode de la « langue bleue »…

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Des contraintes liées à la création d’un élevage et à son inscription à un groupement professionnel ganadero de premier rang

09/08/2008 - 11:47:22

Créer une ganadería n’est pas une mince affaire… On ne s’improvise pas ganadero du jour au lendemain, surtout si on ne possède pas une âme campera. Mener un élevage nécessite beaucoup de sacrifice, de précision dans le travail et de rigueur…

Le premier sacrifice est d’ordre financier, car monter un élevage coûte beaucoup d’argent. Toutefois, il faut agir en fonction de sa catégorie, savoir dépenser l’argent mais aussi savoir gérer son capital par la suite. On ne peut pas obtenir une Formule 1 sans moyens.


Il faut ensuite savoir mener son troupeau et présenter des lots dignes de ce noms afin de passer les reconocimientos vétérinaires. L’Espagne ne fait pas de cadeau en la matière si les toros ne sont pas suffisamment rematados ou s’il leur manque du trapío


L’ordre doit régir la vie de l’élevage. Il permet de rendre lisible et intelligible la démarche ganadera. C’est cet ordre qui a permis aux grands élevages de se faire un nom sur la planète taurine.

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De la gestion par le ganadero des lots qui restent au campo

08/08/2008 - 21:16:44

En mai dernier, nous avions annoncé sur ce site la tenue d’une novillada qui devait réunir en mano a mano Antonio João Ferreira – pour ses adieux de novillero en France – et Marco Leal, actuel leader de l’Escalafón français. Un lot de novillos issu de notre ganadería devait permettre à ce duo franco-portugais de s’illustrer. Différents noms d’arènes avaient été avancés, Les Saintes-Maries-de-la-Mer, Palavas-les-Flots, puis, finalement plus rien…

Cette novillada ne s’est pas faite. L’organisation de spectacles tauromachiques réserve parfois des aléas capables de dépasser des professionnels taurins pourtant aguerris aux tâches les plus difficiles…


Ce lot de novillos est donc resté à Bellombre, où les coins d’ombre sont actuellement appréciés à leur juste valeur au vu de la chaleur régnant en cette première semaine du mois d’août. Il ne faut pas considérer le campo comme une impasse.


Un ganadero doit se remettre en question en permanence, trouver d’autres solutions, se dépasser, apprendre et évoluer. En un mot, vivre…


Quant à la gestion des attentes du ganadero, tout dépend du niveau de lecture que celui-ci adopte… Les attentes actuelles n’existent que parce qu’on a su avoir des attentes perdues auparavant.


La novillada qui n’a pas été lidiée le 28 juin dernier le sera dans quelques. Avec forcément plus d’âge et certainement dans des conditions de course encore plus favorables…

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De l’éducation taurine du jeune public

07/08/2008 - 23:42:37

Le mois dernier, j’écrivais mon enchantement à voir la jeunesse de Pampelune crier sa passion du Toro brave. Qu’ils soient coureurs en herbe d’encierros, adeptes du chupinazo ou membre des peñas du soleil, tous ces jeunes respirent l’afición de différentes manières. En ce sens, ils sont réjouissants…

Toutefois, se pose la question de l’éducation taurine de cette jeunesse, à la fois fougueuse dans ses actes et parfois à la source de réactions disproportionnées lorsqu’elle prend place dans l’arène…


C’est aux parents, aux peñas et aux journalistes de conduire ces nouveaux aficionados sur le chemin des ferias… C’est également en proposant une tarification adaptée qu’on permettre à ces jeunes d’aller voir des toros sans que cela ne représente un sacrifice irréversible dans des budgets souvent peu calculés.


Le spectateur des arènes doit connaître les toros, mais pas uniquement. Il peut également faire preuve de mauvaise foi afin de ressentir pleinement l’émotion générée par le spectacle auquel il assiste.

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De la définition du maletilla

06/08/2008 - 23:47:55

J’évoquais hier, avec l’exemple du maestro Antoñete, le côté romantique de la tauromachie et ces images de maletillas sillonnant les routes d’Espagne, baluchon sur l’épaule, caressant l’espoir d’entrer dans un tentadero… en 3e ou 4e position.

A l’antithèse de cela, je me souviens avoir accepté de recevoir à Bellombre un jeune homme qu’on m’avait presque présenté comme la huitième Merveille du monde existant sur la planète taurine. A cette époque, un célèbre impresario taurin lui donnait un coup de main.


Ce novillero devait venir l’après-midi et je l’avais appelé en fin de matinée afin de convenir des modalités du tentadero qui allait être organisé spécialement pour lui… Celui-ci arrive à 16 heures et me dit en arrivant : « vous savez, monsieur Meynadier, moi, on ne m’appelle pas à 11 heures pour un tentadero. Il faut me prévenir trois jours à l’avance… ». Je lui ai répondu : « écoute, la porte est là, c’est aussi simple ». Et il est reparti comme il était arrivé !


Ce sont des choses qui ne se font pas.


En ce sens, je ne comprends pas que certains directeurs d’écoles taurines affirment que leurs élèves doivent tienter des vaches tous seuls ! Ces gamins doivent être à leur place dans la tauromachie et c’est aux professeurs de donner l’exemple en ne proférant pas de telles inepties…


Dans le toreo, l’élève d’école taurine se doit d’être prêt à tout moment, comme l’est le maletilla pendant le déroulement d’un tentadero. Lorsque le ganadero dit à un gamin « c’est ton tour ! », le petit n’a pas le droit de répondre « attendez, je vais chercher ma muleta ! ». Celui-là peut directement prendre la porte de sortie…

Le secret de l'aficion du Torero c'est sa soif de reconnaissance et surtout la faim du maletilla associée à l'amour du toro bravo....

Et celui qui n'a pas faim ne peut avoir cette aficion de tous les instants....

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Du rôle de consultant d’Emilio Muñoz au sein de l’équipe de Digital Plus

05/08/2008 - 23:55:59

Les retransmissions de corridas, proposées en direct par la chaîne à péage Digital Plus, sont un véritable régal pour les yeux, d’autant plus que Manolo Molés a su s’entourer de professionnels taurins dignes de ce nom. Antonio Chenel Antoñete et Emilio Muñoz en font bien évidemment partie, mais c’est sur l’adaptation au micro de l’enfant de Triana que je souhaite m’étendre aujourd’hui.

On a pu d’ailleurs se rendre compte, au cours des derniers Sanfermines, que Muñoz était imbattable, notamment au côté d’un Manuel Caballero assez terne et effacé… Antoñete joue sur un registre différent lorsqu’il commente : c’est un torero romantique, d’abandon, quasiment de maletilla, à l’inverse de Muñoz, qui, en tant que « Mozart », n’a jamais connu le maletilla.


Ce mariage des genres peut parfois s’avérer magique, avec la confrontation verbale entre ceux qui connaissent parfaitement le toro et le toreo modernes et celui qui garde le secret du toreo éternel…


Pour revenir à Emilio Muñoz, je crois qu’il y a trait commun entre son passé de torero et son poste actuel de commentateur : son mauvais caractère ! Plus sérieusement, Muñoz a une capacité incroyable à dire les choses… Qu’elles plaisent ou non.


Emilio Muñoz est certes un vrai caractériel, un vrai cyclothymique, un vrai « entier », mais c' est surtout quelqu’un d’important dans tout ce qu’il fait.

J' aime Emilio Muñoz....

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Des termes entourant l’annulation de certaines corridas pour des raisons climatiques

04/08/2008 - 23:40:59

Le dernier week-end a été entaché par deux annulations de spectacles mineurs qui ne sont le fruit qu’un triste concours de circonstances sur lequel il est préférable de ne pas revenir. Il y a un peu plus de trois semaines, ce sont les arènes de Céret qui ont été le théâtre d’une annulation en plein milieu de course car la piste, détrempée par de fortes précipitations, devenait impraticable… A Séville, lors de la dernière Feria d’Avril, nous avons connu une situation inverse avec une journée pluvieuse avant le retour du soleil en fin d’après-midi. Alors que la piste séchait, les toreros, qui souhaitaient que la course ait lieu, ont été expulsés manu militari par la Guardia Civil qui a fait respecter à la lettre l’ordre d’annulation du président de la corrida. Une expulsion spectaculaire, largement commentée, d’autant plus qu’elle s’est fait sous un soleil de plomb…

Il serait parfois utile que cette même Guardia Civil soit si prompte à intervenir en piste lorsque des trublions anti-taurins jouent aux espontaneros sur le sable de Madrid ou Barcelone, en pleine corrida…


Dans le cas précis de la pluie, il est bon de recadrer la corrida en tant que spectacle. Aujourd’hui, trois-quarts des spectacles taurins sont pris en charge auprès de compagnies d’assurance. Dans ce système, il a également l’intérêt de l’impresario, qui, en fonction des cas, peut tirer quelque avantage à ce que la course n’ait pas lieu, notamment du fait d’un nombre insuffisant de places vendues.


Une fois cet exemple cité, je ne peux m’empêcher de me rappeler de corridas exceptionnelles qui se sont déroulées sous la pluie, que ce soit à Nîmes ou à Séville. Je crois qu’au même titre que la nuit, la pluie « rapproche ». Le toro sous la pluie n’a pas le même comportement que le toro sous le soleil… Il en va de même pour l’homme. Je pense que l’électricité des nuages l’électrise lui-même.


La tauromachie est le dernier spectacle « barbare », au sens païen du terme. C’est le spectacle des dieux et pas d’un dieu, le spectacle des héros, mais aussi le spectacle des éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air. Qu’il pleuve ou qu’il vente, la corrida conserve un sens, un esprit, une philosophie.


J’ai moi-même connu quelques pèlerinages du Rocío où il pleuvait pendant trois journées entières ! Ce sont les plus belles fêtes auxquelles j’ai eu la chance de participer. Il n’y a rien de plus beau mais, comme en tauromachie, encore faut-il aguantar pour savoir les apprécier.

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De l’absurdité de l’annulation de la becerrada organisée autour de Michelito

02/08/2008 - 20:27:36

Quelques semaines après les enseignements positifs des rencontres « Animal et Société » qui se sont tenues au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, un arrêté préfectoral a empêché la tenue d’une becerrada sans mise à mort sur la commune d’Arles. Un fait unique sur lequel il convient de s’interroger au moment même où l’État a débouté les associations anti-taurines, notamment sur la question d’une interdiction d’arènes aux mineurs de moins de 16 ans.


Il est toujours curieux de voir ce souci hypocrite de « protéger » les enfants de la part d’entités qui ne se soucient que de l’abolition d’une culture et de la race animale qui en dépend.


Ce samedi, en fin d’après-midi, aux corrals de Sonnailler, pas moins de quarante gendarmes ont investi le site et bloqué l’accès afin de faire respecter un arrêté préfectoral ! Ce dernier mettait en exergue « l’avis défavorable émis par le chef de centre du service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône » concernant une supposée « non-conformité de l’établissement » des arènes de Sonnailler. Une placita qui accueille fréquemment courses camarguaises et festivals taurins… Selon la préfecture, la becerrada organisée autour du jeune Michelito ne pouvait avoir lieu pour des raisons de sécurité.


D’autres arguments, encore plus stupides, faisaient état de « l’absence d’éclairages de sécurité » pour une course se déroulant à 18 heures, soit près de 2h30 avant le coucher du soleil !!!


Hervé Schiavetti, maire d’Arles et président de l’Union des Villes taurines de France, a considéré comme « non-fondé » l’arrêté du préfet de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Michel Sappin. Un haut-fonctionnaire qui ne semble guère se soucier de l’importance des traditions taurines dans la région où il a été nommé il y a un peu plus d’un an…


La question de cette annulation pourrait bel et bien se régler devant les tribunaux administratifs, et plusieurs aficionados, professionnels taurins ainsi que de membres de l’Observatoire national des Cultures taurines se porter partie civile dans cette affaire…


Un cordon spectaculaire de militaires aux portes d’Arles, 24 heures après l’interdiction prononcée par la mairie de Fontvieille concernant la même becerrada sans mise à mort qui devait avoir initialement lieu ce soir. Comme tous les premiers samedis du mois août. En cela, rien de neuf sous le soleil de Fontvieille… Une commune où Michelito avait triomphé avec panache l’an passé, du haut de ses neuf ans, faisant exulter un public au profil familial…


Cette année, une association anti-taurine a pris soin de saisir la justice après la récente prestation de Michelito dans les arènes de Saint-Étienne-du-Grès afin de faire valoir une supposée infraction au code du travail en raison de l’âge du becerrista franco-mexicain, à savoir 10 ans et demi.


Quelle hypocrisie de la part des anti-taurins qui ont dénoncé une « mise en danger » de l’enfant, se servant de cet argument pour masquer la finalité de leur action : empêcher que la course ait lieu.


Un rêve qui est malheureusement devenu réalité du fait du manque de sang-froid de Guy Frustié, maire de Fontvieille, premier à avoir décidé de l’annulation du spectacle dans ses arènes… Dans cette ligne d’action, il convient également de souligner le rôle majeur joué par Jacques Simonnet, sous-préfet d’Arles, qui a demandé à Hervé Schiavetti que la becerrada n’ait pas lieu à Arles… Demande à laquelle le maire d’Arles et président de l’UVTF n’a pas accédé pour les raisons évidentes qui déterminent l’existence des traditions et des cultures taurines dans le Grand Sud de la France…


Finalement, l’arrêté préfectoral d’interdiction est rendu public dans l’après-midi, transmis par la sous-préfecture d’Istres, mais signé de la main de Jacques Simonnet, sous-préfet d’Arles. Un représentant de l’État qui ne manque pourtant pas de se montrer publiquement en Feria d’Arles, aux côtés d’élus et de représentants du monde taurin…


Un comble au moment même où l’Observatoire national des Cultures taurines fait état de la situation à l’Hôtel Matignon. Toute la journée, le président André Viard est interviewé sur les médias nationaux, informant au passage ces derniers que l’accusation au droit du travail est tombée, que la « mise en danger d’autrui » ne tient pas…


Danger face à des becerros, certes, mais à qui appartient de considérer cette réalité ? Aux parents des élèves d’écoles taurines et aux professionnels taurins. Une situation ubuesque qui a également permis de vérifier l’emballement médiatique dès lors qu’une telle affaire fait son apparition. Il est inconcevable de parler de tauromachie à une heure de grande écoute lorsqu’un torero français ouvre la Grande porte à Las Ventas, en revanche, il est tout à fait normal de relater les informations partiales de quelques associations anti-taurines qui se battent pour faire annuler un spectacle mineur.


Toutefois, le débat engagé ce week-end risque de mettre l’État face à certaines réalités : la tauromachie n’est pas l’unique pratique nécessitant un excellent niveau physique et sportif. Le danger est présent dans tous les sports de glisse pratiqués par des enfants, que ce soit le ski ou la planche à voile, la luge ou le snowboard… Parlons aussi de l’équitation et des dangers liés à l’approche d’un cheval, aux risques pris sur un terrain de football ou de rugby, où un enfant peut être blessé à n’importe quel moment, et subir une fracture du tibia, par exemple… Et que dire des sports de combat que sont la boxe et le judo ?


Compte-t-on remettre en question toutes ces pratiques ? Le débat n’est pas là, mais il est urgent que les pouvoirs publics s’interrogent sur l’absurdité de certaines décisions, prises dans l’urgence, sans réflexion, ni concertation… Il en va de la crédibilité de certains élus et hauts-fonctionnaires.

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Du qualificatif si réducteur des corridas dites « difficiles »

01/08/2008 - 23:55:26

Je n’apprécie pas forcément les systèmes de classification en tauromachie car ils ne représentent qu’imparfaitement les réalités du toreo par un prisme qui n’est pas celui du ganadero.


Pour un éleveur, la limite se base sur le genio.

Toutefois, certains ganaderos, notamment en France, ont une relation tellement faussée quant à leur cheptel qu’ils finissent par qualifier le « facile » de « difficile » et, inversement, le « difficile » de « facile ».


Dans sa sélection, le ganadero a la lourde tâche de déterminer si le genio qu’il doit gérer est intervenu avant ou après la bravoure… A mes yeux, le toro « difficile » est un toro qui manifeste du genio avant la bravoure… Ce qui renvoie à la mansedumbre .


En revanche, l’affirmation du genio après la bravoure se traduit dans le comportement par de la mansedumbre con casta… Un toro, s’il sort ainsi, peut mettre la tête dans les leurres et aller loin dans une passe, à la différence du manso sin casta, qui conserve un trajet de charge des plus courts, sans mettre la tête dans la muleta…

Plus prosaïquement le premier est toréable parce que mobile et l' autre apportera ses difficultés notamment dans sa position dans l' étoffe, irrégularité de la course, andarin o troton, no humillar o humillar poco, miron, accostarse , cabecear, frenar, hechar las manos......

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De la prudence à observer vis-à-vis des novilleros punteros à la reconnaissance des toreros révélés à Madrid

31/07/2008 - 23:24:00

Même avec le meilleur apoderado au monde, un novillero puntero n’est qu’au tout début de son parcours de torero… C’est pour cette raison que j’observerai la plus grande prudence vis-à-vis de Rubén Pinar, même si ce dernier effectue une temporada en tous points remarquable sous la direction de Santiago López… Combien avons-nous vu de novilleros punteros rentrer totalement dans le rang une fois l’alternative passée ?


Encore une fois, cuidado al toro, car celui-ci remet tout le monde à sa place. Le fils de Paco Camino, novillero puntero, promis à tous les rêves de gloire, en a fait l’amère expérience…


En revanche, je dois avouer ma surprise face à la remontée d’un matador de toros qui m’a totalement convaincu à Madrid. Il s’agit de Cayetano ! Tout le monde l’attendait avec des couteaux entre les dents à Madrid et, dès le jour de sa confirmation d’alternative, ce gamin a montré à l’afición de Las Ventas qu’il avait du pundonor


La tauromachie qu’il fait n’est pas celle que j’affectionne le plus mais j’éprouve du respect par rapport à son pundonor. Cayetano n’est pas qu’un simple mannequin pour Giorgio Armani.

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De l’harmonisation des contraintes techniques du toreo à la découverte de moments magiques

30/07/2008 - 23:51:41

José Tomás et les conséquences de son double triomphe madrilène ont occupé le devant de la scène lors de ces dernières semaines. Il est intéressant de voir, concernant ce torero, qu’on parle rarement de sa technique…A mes yeux, le toreo de José Tomás repose sur une certaine forme d’incivilité.


Toutefois, José Tomás n’est pas le seul grand maestro à se démarquer par cette impression de « manque de technique ». Rafael de Paula fait également partie de ce type si particulier de toreros mais j’aurais fait 3000 kilomètres pour le voir en piste, même si parfois on voyait toujours la même chose avec lui…


Je me souviens un jour avoir vu Paula lors d’un tentadero chez Martelilla avec la vache qu’il fallait. Quel bonheur, quel instant, quel moment de jouissance aficionada ! Nous avons été cinq à être témoins de cette rencontre magique qui s’est construite sur une logique d’abandon total entre la vache et le torero.


En tauromachie, l’émotion ressentie par un spectateur ne doit pas être prisonnière d’une dialectique. Si on n’est pas psychorigide, il est possible d’avoir plusieurs émotions en fonction du type de course à laquelle on assiste…


Il est aujourd’hui nécessaire que certains aficionados, qui ne se distinguent pas par leur esprit de tolérance vis-à-vis des autres, soient capables de respecter le fait que certains vont parcourir ces 3000 kilomètres pour voir dans quelques jours José Tomás et Morante de la Puebla, en mano a mano, dans les arènes du Puerto de Santa María…


3000 kilomètres pour une place au marché noir qui atteindra sans aucun problème 3000 euros…

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Des impératifs liés à la gestion de certaines carrières de toreros

29/07/2008 - 23:48:15

Nous sommes certes en plein cœur de l’été, bien loin des tractations hivernales où se font et se défont les unions professionnelles entre toreros et apoderados. Pourtant, cette période estivale permet d’avoir une meilleure lisibilité quant à la place des toreros et de la gestion de leurs carrières par rapport à un plan de temporada clairement défini…


Après Séville, Madrid et Pampelune, l’Escalafón a bien plus de significations qu’en début de saison.


Même si sa carrière est aujourd’hui dirigée par Luis Manuel Lozano, je considère nécessaire que Sébastien Castella puisse s’entourer d’un vrai apoderado et qu’il puisse diminuer la concentration importante de personnes périphériques à sa personne. Cela est primordial dans un plan de carrière. Lorsqu’il a pris en main les destinées artistiques d’El Juli, Roberto Domínguez s’est montré inflexible sur certains choix en mettant son torero au pied du mur : « soit c’est comme ça, soit l’histoire s’arrête là ».


Aujourd’hui, plusieurs aficionados critiquent la carrière d’El Fandi mais on ne peut qu’être admiratif face à sa réussite. Il ne faut jamais oublier que ce torero, qui a été mis en orbite par Santiago López, a coupé des oreilles en tant matador de toros à Madrid. Aujourd’hui dirigé par la maison Matilla, il continue un parcours totalement différent mais ô combien extraordinaire ! El Fandi, aujourd’hui, c’est 80 à 100 corridas par an, toutes payées, dans une majorité d’arènes de 2e et 3 catégories… C’est face à la réussite financière de cette carrière que l’on détermine aussi l’importance d’un apoderado.


La tauromachie est un tout complexe dans lequel ses acteurs doivent afficher le même objectif pour réussir. Aujourd’hui, les points de rupture, en tauromachie, se matérialisent par le décalage créé par un système de gestion de certaines arènes totalement obsolète. Certaines personnes n’ont absolument aucune culture de ce que peut être le montage d’un spectacle mais continuent de se mettre en concurrence avec d’autres…


Alors, certes, José Tomás a été le seul torero à remplir les arènes de Santander la semaine dernière et son mano a mano face à Morante de la Puebla risque de faire grimper la revente au marché noir de façon hallucinante, dans des dix jours, autour des arènes du Puerto de Santa María… Cela n’autorise toutefois pas n’importe qui à faire n’importe quoi. On touche ici à la question de la qualité des empresas.


Tout va se jouer dès l’automne prochain : le premier torero que les empresas vont appeler ne sera pas El Juli, mais bien José Tomás. Deux toreros sur lesquels Sébastien Castella peut remettre la pression à n’importe quel moment, si tant est que sa gestion de carrière prenne une autre direction.

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De la nécessité d’avoir un apoderado qui soit un grand faiseur de toreros

28/07/2008 - 22:06:43

Je parlais il y a quelques jours des « vrais » apoderados. Il en est un qui mérite toute la considération de la planète taurine car celui-ci fait partie des quelques professionnels capables de révéler l’essence et le talent d’un torero.


Certains d’entre vous sont peut-être intéressés par la trajectoire prometteuse de Rubén Pinar, le novillero qui est actuellement en tête de l’Escalafón, dans sa catégorie. Un novillero dont la carrière est gérée depuis quelques mois à peine par un grand « faiseur de toreros ». Celui-là même qui a propulsé José Tomás dans le Panthéon du toreo, celui qui a permis au Fandi de devenir un phénomène de masse et celui qui a accompagné Juan Bautista lors d’une temporada 2007 fort brillante.


En ce sens, je considère que Santiago López est certainement l’un des plus grands « faiseurs de toreros », à savoir aussi quelqu’un capable de gérer la personnalité du dit-torero.


On ne peut pas faire de l’artificiel en tauromachie… On peut palper les choses, les approcher, tenter de les décrypter ; il est pourtant des faits avérés : je sais très bien comment torée Manzanares, quel est son style, mais il est le seul à pouvoir le faire. De même, dans un autre registre, Björn Borg a été un tennisman hors du commun, par son légendaire revers à deux mains ou encore la froideur de son regard face à l’adversaire… Tout cela, je serais capable de le décrire pendant des heures. Pour autant, je ne serai jamais en mesure de gagner Roland-Garros ! L’histoire réside là…


Un bon apoderado doit savoir de toros et d' homme avant toute chose… Les autres, les moyens ne sont que très proche des empresas… Il faut également tout faire pour que la confiance soit maintenue, tout en espérant que le facteur chance intervienne à un moment ou à un autre. L’apoderado doit être le seul à parler au torero… Là est le secret de tout.

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Enhorabuena Alberto !

27/07/2008 - 23:55:27

Depuis quatre mois maintenant, j’ai vu évoluer et progresser Alberto Aguilar. Cet après-midi, ce torero, qui est dirigé par Stéphane Fernandez Méca, a su répondre présent au rendez-vous si important des Victorino Martín dans les arènes de Beaucaire. Une journée marquée du sceau de la recherche de la caste et de l’affirmation de la notion de responsabilité…


Qui aurait misé un euro sur ce torero, qui participait cet après-midi à sa deuxième corrida en Europe ? Qui le croyait capable d’une telle partition face aux toros de Victorino Martín ?


Face aux deux meilleurs toros de la corrida de Victorino Martín, Alberto a démontré une grande générosité gestuelle au même titre qu’un sens inné du toreo. C’est en baissant la main devant le 3e exemplaire qu’Alberto s’est pleinement affirmé, créant de l’enthousiasme sur les gradins…


Le public des arènes Paul-Laurent, qui ignorait encore qui était Alberto Aguilar au début de la course, a pu se rendre compte de ses dispositions, de sa capacité à transmettre avec cape et banderilles, ainsi que son sens aigu de l’engagement.


Je suis sincèrement heureux qu’Alberto ait pu couper l’oreille de ses deux toros et ainsi sortir en triomphe des arènes de Beaucaire alors qu’il partageait l’affiche avec des toreros aussi aguerris que Fernando Robleño et Luis Bolívar. Cette corrida, sa première de la temporada, appelle certainement des lendemains prometteurs.


Qu’il me soit permis, via ces quelques lignes, de le féliciter chaleureusement, lui qui a repris contact avec le Toro sur le sable de Bellombre, lors de séances où il n’a jamais ménagé ses efforts.

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De la place et du rôle de l’apoderado dans la conduite de la carrière d’un torero

26/07/2008 - 23:19:01

Un apoderado est un professionnel taurin qui doit être en permanence sur la brèche : anticiper, flairer le bon torero, lui proposer un projet dans lequel ce dernier se sentira à son avantage… Aujourd’hui, combien d’aficionados savent que Raúl Galindo est l’apoderado d’El Fundi ?


Prenons un autre exemple de torero retiré, dont les véroniques ont fait rugir Las Ventas : Fernando Cepeda, un torero pour Madrid, le plus grand capote du monde, actuel apoderado et « faiseur » de Miguel Ángel Perera sur une temporada de raccroc.


Dans le microcosme taurin, le premier qui décide dans une feria, c’est le n°1 : celui qui dit je viens tel jour, avec tels toros et aux côtés de tels compagnons de cartel. Aujourd’hui, Miguel Ángel Perera a gravi bien des échelons et ses prétentions ont été logiquement revues à la hausse… Et l’apoderado se doit d’être à l’unisson de la progression du projet artistique du torero dont il a la gestion de la carrière…

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El Fundi, torero-révélation de la temporada

25/07/2008 - 19:40:39

Un peu par iconoclasme à la veille du début de la Feria du Toro, sur les bords du Rhône, à Beaucaire, je poursuis un bref tour d’horizon torero. Depuis plusieurs jours, j’ai évoqué la trajectoire de matadors de toros aux histoires différentes et aux trajectoires de carrière totalement opposées.


Le torero que je vais évoquer aujourd’hui est un torero pour lequel j’éprouve le plus grand respect, car après 21 ans d’alternative passés à lidier les toros les plus coriaces de la terre, celui-ci atteint depuis deux saisons une plénitude artistique exceptionnelle, que je qualifierai d’« anormale ».


Combien de toreros « normaux » ont, à ce jour, perdu toute notion de toreo pur après s’être « grillés » au contact des pires carnes que peut compter la cabaña brava. La liste est longue et il ne m’appartient pas de la dévoiler.


Un seul torero a réussi, envers et contre tous – et ils sont nombreux : les apoderados, les « gros bras » de l’impérialisme taurin, une partie du public de Las Ventas, sans oublier un facteur Toro des plus épineux – ; il s’agit d’El Fundi, qui, course après course, ne cesse de m’enchanter par sa manière de toréer !


C’est un Grand Maestro !


Malheureusement, il s’est envoyé pendant 21 ans tant de castagnes qu’il était quasiment impossible pour un œil non-averti de se rendre compte de la qualité de son toreo. Ce que tout le monde savait sur Pepín Liria, je l’ignorais encore en début d’année concernant El Fundi…


Il m’a réellement impressionné il y a trois mois de cela dans les arènes d’Aignan, en toréant admirablement et sans perdre ce côté « coq » qui l’a toujours caractérisé… Il est espagnol, a vu le jour dans la province de Madrid, mais c’est un coq de combat de... Jerez de la Frontera !

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Ce vendredi, J -2 avant Beaucaire : mucha suerte à Alberto Aguilar !

24/07/2008 - 22:54:00

Dimanche prochain, 27 juillet, sur le sable des arènes Paul-Laurent, à Beaucaire, le matador de toros madrilène Alberto Aguilar va sortir l’habit de lumières du placard afin de défier pour la première fois dans sa jeune carrière d’impressionnants toros de Victorino Martín. Un défi pour lui, mais aussi pour son apoderado, Stéphane Fernandez Méca, qui organise sa première grande feria dans le sud-est.


Depuis son premier tentadero en avril dernier, j’ai vu Alberto évoluer, dans le bon sens des choses… Depuis plusieurs semaines, Albert est en « résidence » à Bellombre, où il a pu tienter à de nombreuses reprises, intensifier sa préparation physique mais aussi et surtout estoquer plusieurs toros en privé.


C’est un torero qui est aujourd’hui sur la faim, ce qui est propre à la mentalisation des toreros qui sont dans une logique de réapparition après de longs mois sans la moindre course dans les jambes… Cela s’explique aussi parce qu’Alberto Aguilar se trouve aujourd’hui en dehors de tout système. Cela légitime son envie de manger tout le monde et d’obtenir enfin la reconnaissance du public.


Alberto Aguilar est un torero qui entre par la « petite porte », celle des corridas difficiles, mais qui peut incontestablement évoluer, professionnellement parlant.


Je profite donc de ce Blog pour souhaiter mucha suerte à Alberto. Rendez-vous dimanche à Beaucaire…

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De l’évolution du toreo de José María Manzanares II, cinq ans après sa prise d’alternative

23/07/2008 - 23:33:48

Il y a tout juste un mois, José María Manzanares II, l’un des brillants fils du Torero des Toreros, a fêté ses cinq ans d’alternative… Pourtant, l’aîné des fils Manzanares est encore assez jeune et, en ce sens, sa personnalité doit encore s’affirmer.

De plus, celui-ci a vécu une saison 2007 particulièrement difficile après avoir contracté en Amérique du sud le virus de la dengue : les gens qui ne connaissent pas cette infection virale qui affecte totalement le corps ne peuvent pas s’imaginer combien il est difficile de s’en remettre pour un sportif de haut niveau…


S’il évolue positivement, Manzanares II peut incontestablement être un torero capable d’aller dans le sens du temple, à une époque où on se retrouve face à des toreros qui s’inscrivent plus dans une logique du courage et de l’abandon du corps.


J’ignore encore si José María Manzanares II exprimera suffisamment d’amour du toro pour sentir chacun d’entre eux et leur donner ce qu’ils peuvent recevoir… Il faut beaucoup de temps pour que murisse un torero.

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Des rumeurs autour d’un probable retrait prochain d’Enrique Ponce

22/07/2008 - 23:22:39

Il y a quelques heures, Enrique Ponce a franchi en triomphe la Grande porte des arènes de Santander après avoir ravi un total de trois oreilles à de maniables toros du Puerto de San Lorenzo.


Depuis plusieurs mois, le maestro de Chiva évoque de façon de plus en plus nette sa retraite… En tant qu’aficionado, je ne peux que regretter une telle décision : Ponce, c’est le temple… Il fait partie de ces toreros qui font avancer la tauromachie de par leur connaissance infinie des toros.


La tauromachie de Ponce est tellement collaboratrice qu’elle en paraît facile. De plus, elle se double d’une lenteur que bien peu de toreros sont capables d’apporter. Aujourd’hui, alors que Ponce évoque son prochain départ des arènes, le public des ferias doit se poser cette question : doit-on chercher en tauromachie le temple ou le combat ?


Je suis personnellement partisan d’une tauromachie de rythme, de classe et de temple. Pourtant, je demeure à la recherche du pellizco, cette émotion capable de réunir tout le monde dans les arènes à un moment donné et qui est tellement impressionnante qu’elle est capable de remettre tous les spectateurs à l’unisson… Le temple doit également être capable de nous remettre à l’unisson.


C’est en ce sens que je regrette le probable départ de Ponce, même s’il y aura d’autres toreros derrière lui. Les pages du livre d’histoire de la tauromachie se tournent, avec des chapitres capitaux : avant Enrique Ponce, il y a eu Antonio Ordóñez ou encore José María Manzanares…


Et il y en aura d'autres...

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Qui ne connaît pas le campo ignore réellement ce qu’est la Bravoure

21/07/2008 - 23:38:43

Bien évidemment, l’évocation de l’emploi expérimental de la pique andalouse avec le risque d' évolution du premier tiers occasionne bien des discussions dans le microcosme du milieu taurin. Le débat dérange mais il se doit d’être posé avec rigueur et précision.


Comme je l’ai expliqué hier dans ce Blog, je n’arrive pas à comprendre les aficionados qui disent « avoir peur de l’introduction d’une telle pique car elle conduirait inéluctablement à la disparition du premier tiers »…


Est-ce que ces mêmes aficionados savent au moins à quoi ressemble une pique employée lors d’une tienta de machos, l’exercice de sélection permettant de tester la bravoure des jeunes mâles ? Cet exercice est la quintessence même de la sélection de la Bravoure !


Contrairement aux exercices du campo, la corrida est un spectacle…Avec ses contraintes, son rythme, ses aspirations, sa finalité propre.

La pique, n' est pas uniquement employée comme révélateur de bravoure mais aussi comme correcteur afin de faire baisser la tête du toro. Cette dernière logique conduisant à la culture de la "mono pique".

Ceux qui veulent voir en piste un exercice de sélection de la bravoure doivent aller au campo pour assister à un tentadero a campo abierto, où la pique mesure 2 cm.


Je considère donc que l’essai qui va être pratiqué à Beaucaire est une vraie manière de faire tomber la polémique, car les détracteurs verront bien qu' aucun cataclysme ne viendra perturber la lidia

Au contraire...

Si el toro sale bravo....

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De la polémique suscitée par l’introduction, à titre expérimental, de la pique andalouse à Beaucaire

20/07/2008 - 21:18:27

J’entends ici et là des aficionados s’émouvoir du fait que la pique andalouse soit appliquée, à titre expérimental, lors des courses qui seront prochainement proposées dans le cadre de la nouvelle Feria du Toro aux arènes de Beaucaire… Outre la réduction infime de la pointe de la pyramide et une corde légèrement modifiée, ceux-ci redoutent principalement qu’une telle introduction ne sonne le glas du tiers de piques.


Pourtant, bien des personnes semblent aujourd’hui avoir oublié qu’une telle pique, édictée par le règlement taurin andalou, est aujourd’hui employée dans les arènes de la Real Maestranza de Caballería de Séville. C’est une excellente idée et je ne connais pas aujourd’hui d’éleveur qui ne pourrait pas y adhérer.


En réalité, il faut comprendre qu’une telle expérimentation va dans le droit chemin de l’évolution des choses. Ce léger changement va certainement nous permettre de sortir de la « monopique » et d’avoir de vraies rencontres entre toro et groupe équestre. Ceux qui aiment la suerte de varas, sa notion de distance et d’attente, devraient être ravis…


Les aficionados ne doivent pas avoir peur. Ils ne doivent jamais oublier que la tauromachie demeure l’apprentissage du courage. Si vous avez peur, n’allez pas voir une corrida, c’est l’apprentissage du contraire !

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Du tempérament affirmé de certains erales

19/07/2008 - 10:05:29

Les aficionados le savent : la majorité de nos erales sortent avec de la mobilité, comme ce fut le cas, en début de mois, dans les arènes de Castelnau-Rivière-Basse. L’autre soir, à l’issue du tentadero que nous avons organisé pour Alberto Aguilar, nous lui avons proposé de tienter un mâle âgé de deux ans et demis. Plus proche du novillo au niveau de son gabarit, cet eral a mis Alberto à l’épreuve et aurait mérité d’être piqué avec une puya classique, en lieu et place de celle de tienta


La lidia de cet eral m’a peut-être enseigné sur un fait : que nos produits ne sont pas à leur place en non-piquée, du moins en cours de temporada. L’idéal serait de lidier en novillada sans picadors en tout début de saison… A Bellombre, on oriente plus la sélection vers la corrida et la novillada que vers la novillada non piquée…

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De l’apprentissage des jeunes cabestros

18/07/2008 - 12:35:03

Depuis plusieurs tentaderos, nous avons inséré au troupeau de jeunes cabestros, qui font actuellement « leurs gammes » aux côtés des cabestros accomplis que sont Rocíero et Sevillano.


Leur apprentissage s’effectue, dans un premier temps, grâce au tri qui est opéré au sein de la camada, lorsqu’on les sépare, un par un. Cette opération est intéressante car elle va permettre d’observer la querencia qu’ils vont prendre dans le campo, à savoir l’endroit où ils vont attendre.


Au cours d’un tentadero, il est très intéressant d’observer la place qu’ils vont prendre de façon spontanée : soit ces jeunes cabestros vont se mettre avec les plus anciens, qui vont leur montrer le chemin, soit ils vont investir la piste et se positionner dans le groupe avec plus de liberté. C’est pour cette raison que je demande aux acteurs du tentadero de se cacher pour voir cette place naturelle qu’ils vont adopter.


L’autre soir, lors du tentadero avec Alberto Aguilar, une jeune cabestra m’a enchanté. D’un point de vue physique, elle a deux jolies tâches marron à l’arrière ; concernant son positionnement, elle ferme la marche au sein du troupeau. Cela n’a pas de prix car elle sait déjà où elle est !


Chipionera est une cabestra installée, elle est toujours en tête de troupeau. Cette hiérarchie, qui se définit naturellement, doit toujours être à l’unisson de la liberté donnée aux animaux, mais aussi avec beaucoup de rigueur afin que ces derniers soient toujours aux ordres de l’homme.

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