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Avec 3 kilos 7 à la naissance, Loévan a vu le jour le 28 juillet dernier à la polyclinique du Grand Sud, à Nîmes. Il est le fils de Sébastien Granier, <I>mayoral</I> de l’élevage.
La maman a bien récupéré après un accouchement par césarienne. Une nouvelle vie s’ouvre pour les jeunes parents… <I>« Bien sûr, on est très contents »</I>, avoue Sébastien, <I>« tout se passe bien ; notre bébé est gentil et dort plutôt bien… même si le rythme de nos nuits a un peu changé ces derniers jours ! »</I>.
Loévan n’a en tous cas pas perdu de temps : son papa de <I>mayoral</I> lui a fait faire ses premiers tours à cheval. Bon sang ne saurait mentir…
Alberto Aguilar sous les feux des projecteurs et de la responsabilité face à deux toros porteurs du fer d'Alain et Gérard Granier.
Un entraînement grandeur nature et en habit de lumières sur la piste de Bellombre avant l'épreuve des Victorino, à Beaucaire.
Comme cela avait été promis par l’éleveur le jour de sa blessure dans les arènes d’Aignan (Gers), le Dimanche de Pâques, le <I>becerrista</I> landais Thomas Dufau a repris l’entraînement ce vendredi 25 avril, dans l’arène de <I>tienta</I> du mas de Bellombre où ont été testées quatre vaches d’origine <I>Martelilla</I>. Deux de ces dernières étaient le fruit exclusif de la sélection de Pierre-Marie Meynadier, la 2e ayant été achetée à Gonzalo Domecq et la dernière, en provenance directe de l’élevage d’Ángel Santafé Martón.
Un test d’autant plus important puisqu’il a permis d’apporter une véritable cohérence par rapport au travail mené au sein de l’élevage, notamment concernant l’étude des comportements face à un <I>encaste</I> commun. Un <I>tentadero</I> dirigé par le matador de toros Alberto Aguilar, qui a testé deux vaches ; deux autres exemplaires étant réservées pour les apprentis-novilleros Thomas Dufau et Thomas Joubert <I>Tomasito</I>.
Le <I>tentadero</I> a particulièrement plu au <I>ganadero</I> du fait du respect croissant qui préside à cet exercice depuis quelques temps à Bellombre, en adéquation avec une certaine idée du rythme et de la notion de <I>manejo</I>… Le secret de la réussite d’un tel exercice passe par plus de lenteur au niveau du tiers de piques : attendre que la vache soit immobile face au cheval de picador et faire donc preuve de patience… Le <I>tentadero</I> se doit de conserver un rythme <I>campero</I> afin de ne pas céder à une logique de spectacle.
Pour la première fois, Thomas Dufau a eu l’opportunité d’avoir une vache qui lui était réservée lors d’un <I>tentadero</I>. L’apprenti-novillero, dont la carrière est conduite par Richard Milian, a su prendre le temps pour bien faire les choses en piste et ne s’est jamais précipité. Dans un style assez vertical, Thomas s’est comporté en torero tout en restant à l’écoute du <I>ganadero</I> et en développant une certaine concentration pour ne jamais tomber dans le « mécanique ».
<B>CE QUE THOMAS DUFAU EN A PENSÉ…</B> : <I>« C’était la première fois que je découvrais le ¨Mas de Bellombre… En arrivant, j’ai été impressionné par le côté immense et magnifique de cette propriété. Pierre-Marie Meynadier m’a permis de tienter une vache entière, ce qui est très gentil au niveau où je suis, en novillada sans picadors. En plus, j’ai eu l’honneur de le faire en compagnie du maestro Alberto Aguilar…
Cela m’a permis de bien m’entraîner en vue du bolsín de Bougue auquel je vais participer au cours du premier week-end du mois de mai. Les vaches ont énormément servi, mon maestro était content, au même titre que l’éleveur… Le plus important dans ce genre d’exercice est de toréer pour que le ganadero puisse juger sa vache. Une fois que celle-ci a été « vue » par ce dernier, on peut alors faire ce qu’on veut et c’est là qu’on ressent ce que l’on aime…
Lorsqu’on se fait plaisir, on torée forcément bien… Me concernant, j’ai plutôt une tauromachie froide, en me servant beaucoup de la ceinture. J’ai donc essayé de faire des redondos, tout en restant sur place, ça a marché et j’étais très content.
Depuis une semaine, je suis venu dans le sud-est pour me préparer au mieux dans le cadre de cette « reprise » après ma blessure d’Aignan. Je suis allé m’entraîné à Caissargues avec plusieurs toreros, histoire que cette blessure à l’aine droite appartienne définitivement au passé…
J’en ai aussi profité pour découvrir le mas de la Bélugue dans le cadre d’un autre tentadero. Monsieur Hubert Yonnet a énormément aidé Richard Milian, mon maestro, lorsqu’il était en activité. Cela m’a fait quelque chose de me retrouver dans la placita où mon maestro a débuté… J’espère y revenir. Ce tentadero a été partagé en deux, avec deux vaches qui ont bien répondu aux sollicitations et deux autres beaucoup moins. Mais lorsqu’on est torero, il faut savoir s’adapter à tout type de bétail… Les vrais maestros sont capables de couper deux oreilles à n’importe quel type de toro. </I>
Quelque heures après avoir fait courir des vaches dans les prés de la route de Sylvéréal et laissé l’occasion à quelqu' apprenti-novillero de les défier dans des conditions rocambolesques, l’ordre est revenu au sein du mas de Bellombre, avec un <I>tentadero</I> de deux vaches auquel a pris part le matador de toros madrilène Alberto Aguilar…
Alberto, dont la carrière est désormais gérée par Stéphane Fernandez Méca, un habitué de la maison, se préparait ainsi de la meilleure manière qui soit avant d’en découdre avec un toro, dans les arènes de Gallician, dans le cadre d’un spectacle semi-privé.
Très rapidement, Alberto Aguilar a su trouver sa place au sein de ce <I>tentadero</I>, développant une technique et des gestes révélateurs de sa connaissance personnelle dans cet exercice. En ce sens, ce torero est par exemple capable d’effectuer une mise en <I>suerte</I> en seulement trois <I>capotazos</I>, ce qui en fait un vrai expert du <I>tentadero</I>. Cette économie des passes pour conserver l’intégrité de l’animal pour la muleta est une véritable qualité.
Tout au long du <I>tentadero</I>, Alberto Aguilar a également eu le réflexe naturel de laisser le temps nécessaire à la vache afin que cette dernière puisse récupérer, notamment en la toréant en ligne droite et en espaçant énormément les séries en début de faena. Un tel traitement permet à la race de « se mettre en place » et de placer la vache dans des conditions idéales afin que celle-ci aille <I>a más</I>.
Si elle en est capable bien sûr...
Si aucune des deux vaches n’a été gardée, le <I>tentadero</I> a toutefois été riche en enseignements pour l’éleveur… La vache d’origine Núñez a confirmé le travail de sélection effectué jusqu’alors. Ce qui pouvait être considéré comme « mauvais » dans cette souche a été totalement éliminé alors qu’un appréciable niveau de toréabilité a été maintenu. Le genre de vache que les professionnels pourraient qualifier de « collaboratrice »…
Ce torero s’est comporté avec professionnalisme, tout étalant un métier étonnant.
Le courage et le temple font partie des qualités d’un toreo dont le rythme est intéressant à analyser. Autant de détails qui sont mis au service d’un ressenti taurin afin de « grandir » tous les animaux, au bénéfice du ganadero. Entre les mains de ce genre de torero, le « mauvais » peut parfois paraître bon…
L’apprenti-novillero landais Thomas Dufau, qui a été blessé dans les arènes d’Aignan (Gers) face à un eral de Pierre-Marie Meynadier, lors de la novillada sans picadors du Dimanche de Pâques, qui s’est déroulée en matinée, est revenu sur les événements relatifs à cette course ainsi qu’à ses conséquences.
« Après le coup de corne, j’ai été soigné sur place pendant une heure et demie par le docteur Darracq avant d’être évacué vers l’hôpital de Mont-de-Marsan où j’ai subi une seconde intervention sous la main du docteur Poirier, pendant deux heures. J’y suis resté en observation jusqu’au mardi 25 mars avant de regagner mon domicile. C’était mon premier coup de corne » avoue le protégé de Richard Milian, qui poursuit « je sais parfaitement que ce genre de risque peut arriver en tauromachie, même si c’est tôt. Dans tous les cas, il me tarde de retoréer ».
Thomas Dufau, qui devait toréer le week-end suivant à Pomarez, n’aura finalement pas perdu de contrat puisque la novillada sans picadors qui était programmée a été annulée. Le becerrista poursuit donc sa récupération avec confiance : « si tout va bien, j’espère reprendre l’épée pour le Bolsín de Bougue. Tout dépendra de moi pour être à fond et dans les meilleures conditions possibles ».
L’éleveur français Pierre-Marie Meynadier, dont l’eral a blessé Thomas Dufau, a accompagné ce dernier à l’hôpital de Mont-de-Marsan. Un geste qui semble avoir touché l’apprenti-novillero landais : « il a vraiment été extraordinaire. Je ne le remercierai jamais assez de tout ce qu’il a fait pour moi. Car ce n’est pas à cause de lui que je suis retrouvé à l’hôpital, même si cela est arrivé face à un de ses toros. Monsieur Meynadier m’a non seulement accompagné à l’hôpital mais m’a également invité à tienter chez lui dès que je serai remis. C’est pour cette raison que je tiens particulièrement à le remercier ».
Revenant sur les conditions de sa blessure, Thomas Dufau a également tenu à remettre les choses à leur place : « j’ai revu la vidéo de cette course avec Richard Milian. C’est vrai que c’est le toro donne ce coup de tête, mais en y regardant mieux, j’étais totalement enfermé dans le terrain des planches. C’est pour cette raison qu’il m’a pris. Il faut bien se dire que dans ce genre de situation c’est toujours la faute de l’homme qui peut conduire à une blessure… ».
TIENTA DU VENDREDI 29 FÉVRIER 2008
SALLE BLEUE – PALAVAS-LES-FLOTS
3 vaches de Pierre-Marie Meynadier 3
Pour
Antonio João Ferreira
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Dernier jour du mois de février, il règne comme une ambiance de foire sous la toiture de la Salle Bleue, le vaste espace de loisirs qui accueille les visiteurs à l’entrée de Palavas-les-Flots. Depuis plusieurs années maintenant, cette salle de sports, qui fait également office de lieu de spectacles, donne le coup d’envoi de la temporada dans le département de l’Hérault. En annonçant ses cartels dans le cadre d’un week-end de fête prolongé, avec becerradas et tientas, la Feria de la Mer a su proposer, en début d’année, un rendez-vous populaire et festif, générateur d’afición.
De vrais efforts ont été entrepris par l’organisateur, Vincent Ribéra, pour que ce tentadero se déroule du mieux possible. Il est toutefois, par essence, difficile de le faire dans une telle enceinte, même si le ruedo était très bien fait.
Des conditions d’autant plus compliquées que le public n’était pas averti. Habituellement, un tentadero se déroule autour de la demande d’un ganadero. Dans cette configuration, la pression était d’autant plus présente car tous les acteurs impliqués se retrouvaient en condition de spectacle.
Au niveau de la cavalerie, les chevaux n’étaient pas préparés pour officier dans ces conditions particulières. Le cheval n’a pas été à la hauteur du fait de l’endroit où il se trouvait : on peut en effet profiter d’un tentadero privé, pour « faire » un cheval. Il est toutefois fortement déconseillé de le faire dans une configuration de spectacle, comme ça a été le cas à Palavas-les-Flots. Malgré ce, Pierre-Marie Meynadier a été ravi de retrouver le picador « Fritero », toujours animé d’une passion inimitable.
Les conditions ont été très difficiles pour les vaches car celles-ci sortent de la quiétude du campo pour être embarquées dans un camion où tout bouge. Elles sortent de là ; il y a de la lumière artificielle, les gens bougent dans tous les sens… Cette configuration est bien différente d’une véritable course en nocturne, en plein air, car le toro ne voit pas le public.
Le public a d’ailleurs pu s’en rendre compte avec la dernière vache, qui, à un moment donné, alors qu’elle était avec le torero, a détourné son attention et n’a vu que le cheval. La principale qualité de cette vache a été d’être toujours restée sur le combat. Un signe qui a plu à l’éleveur.
La première vache, qui était d’origine Núñez, a manifesté une très bonne reata. Elle a fait preuve de franchise rematando mais le problème de la configuration de cette placita a fait qu’il manquait de burladeros tout comme de personnes d’expérience pour lui permettre d’effectuer une course complète. Au mas, dans un tentadero classique, il aurait été possible de dire aux professionnels « llamarla ! », toujours dans une relation d’agressivité parce qu’elle est dans un combat. Dans ce cas, la vache se demandait plus ce qui passait autour d’elle et ce qu’elle faisait là.
La vache Núñez est une vache que l’on doit « façonner ». Cette première vache est allée au cheval de bon cœur en dépit des conditions extérieures défavorables. Son unique défaut était le manque de fixité, car elle semblait inquiète et pas « dans son assiette ». Par la suite, elle s’est avérée très noble sur chaque corne tout en manquant toutefois de race. A la muleta, il était également nécessaire de plus « lui baisser la main », de la toréer plus bas.
En termes de bravoure « méchante », la deuxième vache a été égale à elle-même, car derrière la bravoure, s’il n’y a pas de race, il n’y a que de la mansedumbre qui peut venir.
La troisième vache a été la plus intéressante : Seria, brava al caballo y de largo, muleta : entregada y fiereza, ha ido de largo con nobleza y tranco, mejor izquierda, ha repitado mucho con transmision, fija aunque pelin tarda, pero a mas y con raza.
Au final, les gens retiennent une ambiance générale : le tentadero est allé a más ; il était intéressant car intelligible et compréhensible. Au micro, le ganadero l’a dirigé, non par sur des bases de vulgarisation mais sur un commentaire très technique, qui est celui d’un éleveur.
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Ce qu’ils en ont pensé…
Antonio João FERREIRA (novillero) : « la vache la plus intéressante de ce tentadero a incontestablement été la dernière. C’est celle qui a exprimé le plus de qualités en piste.
La première vache a également eu des qualités mais n’a pas fait preuve d’autant de promptitude et de bravoure que la dernière. La deuxième s’est avérée un peu plus compliquée. A vrai dire, je me suis vraiment senti « a gusto » face à la troisième vache et je suis très satisfait de ce qui s’est passé dans cette placita.
Du point de vue des encastes, la dernière vache d’origine Domecq a été la meilleure pour le toreo. Celle d’origine Núñez a posé plus de problèmes, mais je suis tout de même très content des produits qui ont été présentés et je tiens à féliciter l’éleveur ».
Richard MILIAN (matador de toros retiré & apoderado d’Antonio João Ferreira) : « tout d’abord, je tiens à préciser que l’arène était un peu petite pour ce genre d’exercice, mais le sol était parfait. Le tentadero en public était une nouveauté pour moi, car il est vrai que le public ne peut pas toujours profiter de ce côté un peu « caché » de la corrida. Mais s’il y a un jour un toro en piste, c’est parce qu’auparavant il y a eu tienta, et cette épreuve de la sélection des vaches…
Avec une vache, tout est différent par rapport à un toro : le risque, le rythme, le volume, le caractère, l’approche, le relief…